23.09.2009

Quand la loi n'est plus qu'une affaire privée

 

765247.jpgVoilà quelques temps que le dossier Clearstream fascine. Cette affaire aux allures de thriller financier mettant en scène les services secrets, les grandes dynasties industrielles et les plus hautes instances du pouvoir se révèle être la remise en cause fondamentale d'un système juridique en fin de vie. Le domaine du Droit écrit s'étant largement étendue, nous assistons aujourd'hui à sa transformation et à son rejet pur et simple par les différentes couches de la société civile. Dans le domaine du web, et plus particulièrement suite aux projets HADOPI qui réalisèrent un coup de pub fabuleux au Creative Commons, la notion juridique n'apparait plus comme étant une donnée inébranlable et absolue mais comme une option.

L'affaire Clearstream, tout comme la résistance des internautes, va mettre à mal un secteur ayant sérieusement besoin de s'adapter aux réalités car on aimait dire que le propre de la Loi, jusqu'à présent, était de s'appliquer à tous dans l'intérêt de tous. D'une certaine manière, cette définition précisait le caractère contraignant de la Loi. Afin de la faire passer en douceur, on complètait généralement cette définition par l'idée que la Loi est produite par des hommes et femmes choisis démocratiquement. Ceci étant dit, nous sommes contraint de considérer au dessus de cette définition aisée les organisations politiques, et plus exactement le système des partis. Ils furent les acteurs principaux de la déformation de cette définition.

Tout est affaire de partis et de privé, non de démocratie. L'affaire Clearstream tout autant que HADOPI sont deux manifestations de ce détournement qui condamnent le Droit écrit au profit d'un Droit semi-écrit et semi-coutumier paradoxalement individuel. Dominique de Villepin, après sa formidable ascension, pourrait bien devenir un des hommes les plus puissants de France grâce à son ennemi mortel Nicolas Sarkozy. En effet, le président de la République, souhaitait certainement la politisation de ce procès estimant sans doute que celui-ci serait une nouvelle fois l'expression de sa toute puissance sur le pays. Mais en faisant cela, Nicolas Sarkozy a donné à son opposition réelle (et non pas à cet ersatz politique que l'on nomme « gauche ») une tête de fil, une icône.

La politisation qui se joue en ce moment même aura des répercussions profondes sur le paysage juridique et politique, à court, moyen et long terme. Une faute stratégique de la part d'un homme qui jusqu'ici semblait briller par son aptitude à savoir semer autour de lui le chaos et le désordre pour se maintenir en place. Une carte à jouer pour toute personne souhaitant faire bouger les choses. Le droit se révélera progressivement comme outil des affaires privées des clans, et sa transformation devra nécessairement en suivre. L'usage fait de la Loi par l'Élysée est un usage condamnable. On ne peut considérer la Loi, le fruit de la société issue des citoyens, comme étant un instrument que l'on vend aux personnalités du monde économique. Pourtant, la France souffre encore de l'illusion qu'elle maitrise son Droit. Et le réveil sera, lui, difficile.

En bon avocat, le président de la République a traiter le pouvoir législatif avec mépris. Mais à son grand tort il a osé s'attaquer à trois types d'individus qu'il aurait mieux fait de laisser rêver : les journalistes, les informaticiens et les républicains. Il semble toutefois juste que le micro-président ai su se positionner de la sorte, puisqu'il est né des déviances de la Loi et qu'il a appris à user de la Loi comme celle ci lui avait appris : Le créateur (Le Droit) qui engendre la créature (Nicolas Sarkozy) qui détruira le créateur (Le Droit-La Démocratie). Un cycle curieux qui se reproduit une fois encore, mais cette fois pour le compte de M. Sarkozy : le créateur (Nicolas Sarkozy) qui génère la créature (Dominique de Villepin) qui détruira le créateur (Nicolas Sarkozy). On dirait presque une Loi universelle... Ironie de la vie qui nous réserve en tous les cas, un superbe affrontement dans l'arène judiciaire.

 

02.07.2009

La recherche identitaire

Internet soulève de nombreuses questions sur le plan identitaire. En effet, passant pratiquement inaperçu, l'explosion lente et progressive des valeurs unificatrices de notre système politique a favorisé l'apparition de nouvelles structures communautaires. Ces structures communautaires ont  servis de référentiel sur internet, ainsi les principes communautaires sont de plus en plus importants et déterminants dans les attitudes des internautes. Il s'agit bien d'une attitude qui aura des répercussions sur la question politique, inévitablement. A ce propos, nous pouvons constater simplement que les internautes ne se privent pas de dire ce qu'ils pensent des attitudes des personnages publiques. Aussi, l'internet devient essentiellement un outil politique. Malgré les doutes persistants quand à l'influence de la CIA dans les affaires récentes en Iran, on peut être en mesure de penser que les internautes savent exploiter l'internet comme un outil de communication et d'alerte qui transcende largement les frontières juridiques et politiques pour mobiliser des ressources extérieur.

Ce phénomène identitaire nouveau appuyé sur la technologie renforce une pluralité des sensibilités et l'affirmation de cette pluralité existante dans les choix et les actes des individus du globe. La quête identitaire et la globalisation amorcée voici quelques années par les puissances financières est certainement en train de perdre du terrain pour être remplacée par un mouvement social d'un nouveau genre. Le rapprochement entre le mouvement social et la recherche identitaire est important car il est significatif de l'émergence de nouvelles normes dans la société. Bien sur, il y aura toujours des contestataires qui préféreront la privation d'identité au profit d'un pouvoir centralisé surpuissant (je pense entre autre à certains journalistes avec lesquels j'ai eu quelques mots). Mais le comportement conservateur n'est pas des plus constructif et il est bien souvent l'amorce d'un déclin. Observons ainsi l'Eglise Catholique qui, après avoir dominé l'Europe, est largement supplanté par l'Islam. La différence entre les deux religions ? Leur organisation : l'Islam repose sur un modèle de cellules autonomes, le pouvoir est diffus et de ce fait il favorise les développement. D'une certaine manière, si on extrapole quelque peu, le phénomène est similaire dans les mouvements sociaux.

Les syndicats sont désavoués, les mouvements sociaux deviennent multiples. Du fait de leur transversalité, ils sont qualifiés de « sauvages » par les puristes de l'organisation « verticale ». Pourtant nous sommes contraint de relever que la pluralité des mouvements sociaux et de leur mode d'expression est le témoignage même de la toute puissance identitaire que l'organisation verticale et centralisatrice chercha à étouffer durant de si longues années. Politiquement, les puissances ont toujours eu peur des individus capables de se grouper et de s'organiser. Le pouvoir s'est d'ailleurs empressé de recourir à la répression pour contrer certains comportements. Toutefois, la force identitaire est également un puissant moteur de guerre. Et les tensions commencent à apparaître lorsque les communautés sont en mesures de se structurer pour affronter certains adversaires. Les cellules autonomes sont d'ailleurs plus difficiles à repérer et à démanteler. La preuve étant faite avec Al Qaïda que Nicolas Sarkozy a bêtement provoqué avec son dernier coup d'éclat sur la burqa. Mais internet n'est pas un outil terroriste pour autant. A moins que l'on considère que l'existence d'un individu est une potentielle menace terroriste. Je vous laisse juger de cela.

Il ne faut pas se leurrer, il existe des moyens de fédérer. Même si la fédération n'implique pas nécessairement la domination d'un seul. L'une des techniques les plus intéressantes à réaliser repose sur l'unification volontaire des individus autour d'une idée et d'une bannière. Si on aborde la question sous l'oeil des affaires, on parle alors de marque. Une marque est un moyen extraordinaire d'établir une relation et de servir un objectif politique. Qui parle d'objectif politique entend par là une organisation des actions individuelles en une action atomisée allant dans un sens stratégique déterminé démocratiquement. Le problème et la fracture qui existe entre les sphères politiques et les communautés en ligne vient essentiellement du fait que le droit de parole de ces communautés n'est absolument pas respecté. L'ambition individuelle prime encore dans l'attitude des français. C'est une maladie psychique dont souffre notre pays. Elle a pour pathologie le désir profond d'être un petit chef qui confond écoute et contrainte. A titre d'exemple, j'aimerais citer une lointaine période où j'administrais un blog ayant vocation à étudier, présenter et diffuser la pensée libérale dans toute sa richesse. L'UMP m'avait un temps mis en lien, mais rapidement, lorsqu'il fut question d'établir un contact avec le parti, il s'est révélé que cette organisation totalitaire se fichait éperdument de l'opinion individuelle. Le même phénomène est caractéristique des autres partis français qui disposent d'un réseau de blogs où, curieusement (?!), l'aspect participatif fort appréciable en démocratie et sur internet était tout bonnement supprimé : impossible d'écrire un commentaire et de débattre. La démocratie pose problème dans le pays des Droit de l'homme et du citoyen.

La recherche identitaire qui est amorcée et qui passe inévitablement par la manifestation parfois extrême d'opinions aura pourtant raison à plus ou moins long terme de la structure en place. Alors un peu de neutralité et de pluralité seraient les bienvenues dès lors où nous disposons tous du pouvoir extraordinaire que permet la libre circulation des idées via le canal internet. Ces propos sont évidement utopique, car concrètement, l'équilibre n'est humainement atteint qu'après que les conflits aient éclatés et que la violence ai eu raison des conservateurs.

24.05.2009

Analyse "linuxienne"

linux.jpgIl est difficile de se pencher un instant sur le présent. Surtout dans notre société où nous vivons en perpétuel décalage avec les réalités du monde. Les différents plans qui composent notre monde, notre système, sont secoués par un dur rappel aux réalités : le monde était là avant nous, il pourrait fort bien se passer de nous.

C'est une réalité scientifique que l'on essaie désespérément d'oublier, de chasser de notre conscient au travers de notre travail, de notre vie avec autrui. L'inconscience, et le décalage inhérent en poids décisionnel, est telle ici bas qu'il est difficile d'envisager sereinement un avenir. Bien entendu, nous cherchons tous à nous adapter. A trouver une solution, un chemin dans lequel nous pouvons nous épanouir et chercher à construire un semblant de vie. Et pourtant, rien, aucune des démarches entreprises ne semblent pourtant peser, ou étudier. Les choses ne sont pas immuables, mais elles prennent trop de temps à changer.

Il est vrai qu'on ne peut en attendre trop de la part de concitoyens qui vivent dans la difficulté et le doute. Le système social permettra un temps d'empêcher la trop grande montée en puissance de la misère en ce bas monde, mais pour combien de temps exactement ? Combien de temps avons nous pour nous remettre en cause ? Est ce dans notre nature de le faire ?

De nombreuses cartes sont pourtant à notre portée, comme le savoir qu'offre internet, où bien la vertigineuse ascension des différents logiciels linux qui permettent à la pensée de se manifester pour un coût réduit. Bien entendu, cela va à l'encontre des objectifs économiques et des projets fascisant s'incrustent dans une république démocratique déjà malmenée par les aléas de l'Histoire et les vices individuels : la loi HADOPI en est un bel exemple. Psychologiquement, lorsqu'un difficulté apparaît, il est connu que la plus part des individus cherchent à éviter l'adaptation qui remettrait en cause jusqu'au fondement même de leur vie (éducation, culture, valeurs, croyance, et même le passé historique individuel). Et pourtant.

Si l'on cherche réellement à s'en sortir, ne faut il pas se poser les bonnes questions ? Je sais, nous vivons dans une culture de l'écrit. Une culture positiviste. Héritage inavoué de 1500 ans de catholicisme constitué sur les cendres encore chaudes d'un droit romain en sommeil. Pourtant, la vie ce n'est pas ça. La vie c'est l'adaptation, l'évolution même, pour reprendre un bon mot de Darwin. Le problème qui est, et restera entier, toutefois, est que l'adaptation que nous pourrions attendre de la part des dirigeants, de la part de tout citoyen, ne peut se mettre en place. Peut être est ce que nous approchons de la fin de l'humanité.

On est en droit de se le demander ! Si vous feuilleté Le Point de cette semaine, vous pourrez constater que la Russie, névrosée d'une gloire soviétique qui n'a jamais existé, et les États-Unis, entrainés dans une mécanique malsaine de stabilisation, s'intéressent de très près à la question Arctique pour ses réserves naturelles. Le droit international devrait connaître quelques adaptations afin de satisfaire les derniers caprices des grands groupes à l'image de Total qui poursuivent leur démarche expansionniste s'imaginant à chaque seconde que la croissance est une notion éternelle. On se croirait revenu en plein Moyen-Age. A l'époque aussi, les gens pensaient que leurs âmes étaient éternelles.

On aurait tellement à apprendre en se penchant sur nous même, créature naturelle issue de l'évolution génétique et ayant développé un niveau de conscience inédit (si on peut dire). Et pourtant, on continue d'ouvrir un livre. Non pas pour apprendre et enrichir notre réflexion personnelle et ouvertement individualiste, mais pour en extraire les idées et les appliquées. C'est un beau système médiéval. Un soviétisme à la française. La nomenclature n'existe que parce que trop peu de gens sont en mesure de se dire : je suis un individu à part entière, je peux faire ces choses. Et bien entendu, être responsable de ses choix. Quels doux réconforts que de n'être qu'un pion dans un processus bureaucratique. Alors que Linux commence à croitre dans différents cadres influents, le comportement moyen, lui, n'est pas encore très linuxien.

Mais comment critiquer ces choix ? Après, toute personne ne peut elle attendre de la vie que le bonheur lui soit accordé ? La réussite du parti de M. Besancenot n'est elle pas le témoignage émouvant que brûle encore la flamme du désir utopiste d'un monde meilleur et paradisiaque ? Pas si sur, il ne reste que le NPA. Dernier bastion d'un système sur le point de basculer. Nous parlons de concret, bien entendu. Car dans l'idéologie, la déprime s'est installée et parfois la déprime engendre la mort. Mais sur le plan structurel, lorsque le NPA aura fini par chuter, il y aura bien du souci à ce faire. Sauf s'il perdure, auquel cas la structure restera intact... jusqu'à ce que la nature finisse son déséquilibre, et sa purge de l'espèce humaine. Voilà donc où nous en sommes.

Ce blog est peut être quelque peu pessimiste, mais je pense que cela est bon de rappeler quelques réalités pour avoir les pieds sur terre et envisager ensuite de discuter. Sérieusement discuter ! Il le faut ! Il faut réfléchir à la manière de s'en sortir et accepter que celui qui peut apporter des solutions soit entendu, que ces solutions soient étudiées et qu'elles ne soient pas limitées par quelques conceptions archaïques issues de la culture de l'écrit, et pire encore de cette tendance pernicieuse à tout organisée autour du spectacle et du show business (dédicace au clan Sarkozy).

Concrètement, l'heure est venue de transformer, en partant des profondeurs abyssales, les piliers qui soutiennent notre système. Ne vous inquiétez pas pour autant, vous ne serez pas chargé de cette pleine tache. Vous n'y êtes même pas contraint. Sauf si survivre aux bouleversements actuels vous intéresse un peu plus que d'aller payer 400,00 € votre dernier sac Louis Vuitton (à moins que vous ne l'achetiez sur eBay, en contrefaçon). Par définition, un simple stimuli envoyé dans un système est en mesure de changer en profondeur une habitude de vie. C'est une des règles de l'internet. En repliant le temps et l'espace grâce à l'informatique, il est possible de tout transformer : Facebook est devenu le lieu incontournable de notre civilisation occidentale, il y a quelques temps cela aurait sans doute été une boite de nuit célèbre.

Pourquoi ne pas se servir de l'internet, pour une fois faire quelque chose d'intelligent (depuis Google, il n'y a pas eu grand chose de très humaniste). Obama l'a bien fait, et cela à permis à ce jeune homme parti de rien de devenir quelque chose, avant même d'être quelqu'un. Le fonctionnement philosophique de Linux est donc une réalité, quelque chose de concret qui fonctionne. La cathédrale de béton sera remplacé par la cathédrale de cristal, de grès ou de force. Toute la question est de savoir quand.

21.03.2009

Perturbation dans les usages et le commerce

Un problème intellectuel

Peut être que vous aussi vous vous intéressez au journalisme, aux écrits de ces gens qui ont choisi de consacrer leur vie à l'observation attentive de la société et à la transmission de leurs analyses dans le « modeste » souhait de vous apporter un regard critique sur le système. Si vous êtes de ces lecteurs, alors vous savez naturellement que la profession est en Crise (comme le reste du pays d'ailleurs). Une crise morale, une crise économique, une crise de pertinence et de légitimité surtout. Les modèles évolues, et malheureusement l'internet qui est étudié sur ce blog est le principal souci de ces professions d'intellectuels sortis, pour la plus part, d'Institut Études Politiques ou des Universités dans lesquelles ont distilles le Savoir comme une denrée rare et précieuse. A l'image des professeurs, ces individus sont donc inquiet puisque l'ensemble des particuliers n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'échanger leurs propres connaissances sur des sites, au sein des forums ou des wiki les plus célèbres.

Une angoisse donc qui ne veut pas se révéler ainsi, puisque la plus part des journalistes considèrent pourtant faire parti de l'élite. En effet, le journal Le Monde, par exemple, rempli de son arrogance légitime due aux nombreuses années de bons et loyaux services d'informations auprès de ses lecteurs continue son dédain naturel à l'égard du blogueur quel qu'il soit. Sauf si ce blogueur tient une chronique, évidement, sur le site « Le Monde.fr ». L'intérêt de la profession journalistique est qu'elle révèle en vérité un problème dans la sphère intellectuelle que seule Le Monde diplomatique tente d'expliquer intelligemment. La dernière publication de « Manière de voir » aborde en effet les débats d'idées et plus particulièrement la mort de l'intellectualisme dans une sorte de configuration industrielle. Sans la nommer toutefois.

L'axe principal du magazine repose sur la soumission des intellectuels aux grandes puissances financières, déplorant par la même cette disparition de l'étrange race que l'on nommait en son temps « l'intellectuel de gauche ». Les professions d'idées, c'est à dire les professions où la technique intellectuelle n'est que le ciment d'un développement beaucoup plus profond et beaucoup plus stratégique pour la société humaine (commerce, politique, social, culture, religieux, etc), sont aujourd'hui mise bien à mal par les évolutions et les transformations des usages liées à l'information. La véritable difficulté dans l'affaire repose, malheureusement, sur la liberté d'accès à l'information et surtout l'implication de l'échange communautaire autour d'une information. Non seulement les intellectuels ne paraissent plus être une denrée rare mais ils sont également en perte de vitesse et de valeurs.

Alors l'intellectuel de gauche se transforme progressivement en un intellectuel de « droite ». Ce qui est entendu dans la bouche des quelques esprits éclairés mais également « révolutionnaire » du Monde diplomatique comme des vendus aux dérives du pouvoir en place. Personnellement, je ne soutiens pas que la droite et le libéralisme soient des composantes d'une philosophie de mercenaire, mais qu'il en est plutôt ainsi à gauche : rappelons nous les dérives des systèmes marxistes ayant été institués, ainsi que les nombreuses affaires où quelques politiques de la gauche française ont vendu de nombreux droits et arrangés de nombreuses affaires au nom du pouvoir ou sous la pression d'un gros chèque à X zéros. Pourtant, si l'on prend aussi un peu de recul, il est vrai que la solution de facilité revient à vendre son talent en terme de conceptualisation pour servir les intérêts de quelques ambitieux sur le terrain des idées. L'internet semble transformer la rareté de l'intellectuel en une banalité, tant et si bien que ceux ci se vende maintenant et perdent ainsi leurs usages et leurs raisons d'être première.

C'est également le cas de la professions journalistiques, d'ailleurs qui est en panique et qui refuse globalement de se remettre en question se tournant vers les pouvoirs publiques dans l'espoir d'obtenir une protection et un semblant de reconnaissance. Mais que se passe-t-il réellement ? Quel est encore cette règle de la complexité qui prend progressivement place dans notre monde ? Est ce que l'internet est un outil aussi négatif et diabolique ? Pourtant, comme tout outil, c'est essentiellement l'utilisation que l'on en fait que détermine de la justesse ou de la négativité de sa raison d'être. Dans cet article, un peu long je le reconnais, je vous invite à vous interroger sur ce que vous offre l'internet en terme « d'alimentation intellectuelle » et sur les usages que vous pouvez faire de cette alimentation. Cette article, en effet, a pour objectif de vous sensibilisez à une autre idée que j'ai évoqué ce mois ci : l'émergence d'une nouvelle race d'individu ayant pour habitude de jongler avec les concepts, les idées et l'information. Je reviendrais plus tard sur ce sujet d'ailleurs, mais dors et déjà, essayons ensemble de comprendre les perturbations que l'internet entraine dans les usages quotidiens et de quelle manière ces usages perturbées se retrouvent projeter sur le marché dans la quête unique de la protection ou du mécénat.

 

Les vices explosent sur internet

Ce matin, alors que je dégustais mon thé, je vis justement un blog sur « Le Monde.fr » où une petite patate découvrait comment on pouvait faire exploser les petits délits sans jamais sortir de son bureau. C'est une vérité, internet permet autant de satisfaire les besoins les plus primaires en donnant l'illusion de l'absence de règle, tant et si bien que les Énarques et autres personnages stupides de notre gouvernement se sont amusés à réglementer l'internet avec une énième Haute Autorité (Cf. Loi HADOPI). Mais les vices n'explosent pas essentiellement à cause de l'internet, mais plutôt à cause d'une configuration de la société qui étouffe toute personne et cherche à réglementer l'ensemble des comportements. En effet, comme ces intellectuels qui se vendent maintenant pour servir la propagande gouvernementale, l'ensemble des gens s'amusent à vendre tout ce qui leur passe par la main (même les souvenirs de famille) dans la recherche d'un meilleur confort dans une société de consommation en phase de saturation.

Les vices explosent sur internet, mais c'est surtout le vice essentiel qui explose. Et pas que sur internet. Lorsque l'on se rend au Tabac-Presse pour acheter son journal, un jeu à gratter, son paquet de cigarette ou encore une boite de bonbon combien de vices sont ainsi satisfait ? Lorsque vous vous rendez au Casino, ou que vous décidez de vous livrez à une partie de Poker entre bon copain, ne satisfaites vous pas également d'autres vices ? L'internet ne fait qu'accélérer au fond une tendance déjà bien en marche dans la société civile, c'est à dire une explosion éthique et surtout une perte d'identité profonde qui pousse tout à chacun à se tourner vers l'État tout en le critiquant amèrement. C'est une des conséquences logiques des idéologies de gauches et syndicales qui, de par leur configurations, ont toujours servit de porte-à-faux du gouvernement et surtout des entités les plus extrêmes quelles qu'elles soient. A partir de ce principe là, les usages sont naturellement perturbés.

Un usage, qu'est ce que c'est ? C'est une habitude que l'on prend dans l'idée de répéter une pratique qui fonctionne. Ce qui fonctionne, par nature, c'est ce qui sert à chaque personne, et la première servi reste l'acteur de l'usage. Or, malheureusement, le dérèglement systémique et idéologiques en cours, c'est à dire le doute perpétuel à l'égard de l'avenir, mais plus encore à l'égard de la vie elle même, a poussé le genre humain à vendre son corps, son âme, ses talents sans réflexion et surtout sans conscience ni respect à son égard. Internet ne fait qu'accélérer ce processus, puisque le temps et l'espace sont repliés sur le réseau. Et que l'essentiel du rapport marchant repose sur l'échange et la communication. Mais en aucun cas il est possible d'estimer comme négatif l'impact de l'internet sur la société. C'est cela même qui peut inquiéter les puissants de ce monde : qu'ils soient intellectuels, politiques ou financiers. Riches ou pauvres. Une telle résistance au changement est terrifiante d'ailleurs, et pour éviter que quoi que ce soit change, le plus terrifiant, combien de personne sont prêtes à payer, à vendre ou à tuer ? Je vous le demande. Alors que tout peut pourtant être si simple et positif et que les solutions résident directement dans l'outil, lui même.

 

Sévérité de l'auto régulation

Nombreux penseurs libéraux l'affirmaient ! On a souvent critiqué ces propos ! On les évoquait comme une légende, même. Et pourtant, la Crise que nous traversons est bien né de quelque chose. Et ce n'est sans doute pas de l'impulsion malveillante de quelques élites. Le monde n'est pas manichéen, et la plus part des gens n'ont pas une vie BCBG, même s'ils veulent le faire croire. Non, il s'agit d'un processus naturel d'autorégulation du système. C'est à dire que les forces en cours, si elles atteignent un certain niveau critique, ne peuvent avoir d'autres conséquences que la destruction. Mais attention, pas une destruction ultime !

Le processus d'autorégulation fait intervenir un principe de création, et plus précisément de transformation. Les difficultés rencontrées à l'heure actuelle sont essentiellement dues à cette résistance au changement et surtout à l'autorégulation qui est en cours. C'est quelque chose d'amusant, parce qu'au fond toute personne est actrice de cette autorégulation et de cette transformation que j'évoque. Voyez vous, lorsque je descendais m'acheter mon journal, il y a quelques jours, le marchand de journaux m'a parlé sensiblement de la Crise en me disant que la Crise n'existait pas. Qu'elle relevait des grands empires commerciaux, pas des petites structures. Fondamentalement, c'est vrai. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que pour que les grands puissent faire certaines choses, il faut qu'ils puissent être soutenu par les petits. A partir de là, descendre dans les rues avec une banderole de négation des difficultés en affirmant que la Crise relevait uniquement des élites est le témoignage d'une mauvaise fois dramatique.

L'autorégulation ne s'intéresse pas à quelques uns, elle se porte sur tous. Si tout à chacun à participer à ces déviances, alors tout à chacun est responsable. Il n'est pas facile de venir faire la leçon lorsque soit même on se livre sur internet, par exemple, à quelques comportements immoraux qui influent sur le monde économique d'une manière où d'une autre. La déviance n'est absolument pas isolée à une couche sociale, elle est générale. Non seulement l'éthique en elle même est une fable, mais de plus la négation de ce statut pousse dans des extrêmes abjectes et destructeurs. Et l'on vend tout !

Les journalistes et les intellectuels qui se vendent, qui se prostituent d'une certaine manière, perdront leur légitimité à faire ce qu'ils font. Et cela à déjà commencé. En effet, on se réfère à des fondations Open Source pour avoir de l'information, pour accéder à la connaissance. On écoute de la musique utilisant les licences GPL et Créatives Commons, on télécharge des logiciels gratuits pour travailler. Toute un état d'esprit nouveau remplacera l'ancien système mis en place. Et progressivement, d'ailleurs, le système en place perd en légitimité. Tout comme les gens qui entretiennent son existence : les élites politiques, mais aussi les révoltés qui descendent dans la rue, ceux qui vont pleurnicher aux portes de l'Élysée, ceux qui passent leur temps à critiquer sans se remonter les manches, etc. L'autorégulation ne fera pas de quartier !

 

Et si l'issue était positive

Mais tout n'est pas aussi terrible, les usages vont changer. Oui, et le commerce retrouvera une place plus humaniste. Car le problème c'est bien que tout ce qui servait les intérêts des communautés fut dévié de leurs origines positives pour n'avoir plus que des conséquences destructrices. Pour ma part, je suis convaincu que l'issue sera positive. Mais je pense aussi qu'elle ne se fera pas sans douleur... enfin, j'aborderais cette question plus en détails une prochaine fois. Je pense vous avoir déjà donné matière à débattre et à réfléchir.

30.01.2009

Manifestation du chaos

img35.jpgBon, la France vient d’être secouée par une manifestation populaire particulièrement impressionnante, par son absence de ligne directrice, d’une part, et par son absence de bons sentiments d’autres part. Oui, il faut bien le dire, le spectacle auquel sont invités tous les français est un manifestation du chaos. Phénomène cohérent, résultant de la Crise économique, financière et politique. Mais plus encore d’une crise de conscience. Passer d’un siècle de rationalisme à un monde dépourvu de valeurs chiffrables et mathématiques à quelque chose d’angoissant. Pourtant, de nombreux économistes, philosophes, politiques et autres têtes de files se réjouissent de l’ascension d’une société nouvelle et d’une économie de l’information. Mais au fond, de quoi parlons nous ici ? Parlons nous vraiment où manifeste t on toujours des ersatz philosophique pour paraître quelque peu plus instruit que l’autre ?

 

Si Internet permet quelque chose, c’est bien cette transformation. Beaucoup s’arrête à l’idée que le web est un outil pratique de communication, de travail ou je ne sais quoi encore. Mais le web c’est bien plus que ça. C’est un monde où les ordres, les pensées sont en évolution permanente et où les comportements et les décisions se retrouvent confrontés aux chocs qu’ils peuvent eux-mêmes générer. Toute la manifestation d’un chaos apparent, qui consiste à penser que le monde qui était construit sur des fondations industrielles, sous forme de cathédrale, sombre dans ce drôle de bazar très Open Source et individualiste. Les systèmes de valeurs s’écroulent, tout comme les pratiques professionnelles et encore plus personnelles. On se cherche, on a peur. Une simple réaction par la peur qui pousse le genre humain dans les limites du rationalisme, c'est-à-dire, par une accélération spectaculaire, vers un temps où l’absurde domine la raison. Car oui, quelqu’un de rationnel est absurde et fou. Ceux qui descendent dans la rue, ceux qui s’interrogent sur leur place dans ce monde qui se crée n’ont peut être rien compris en vérité. Enfin, je dis peut être… si seulement je n’en avais pas la certitude.

 

La Crise financière est née de l’absurde : faire de l’argent avec l’antithèse de l’argent. Vous réalisez un peu ? Comment voulez vous faire du commerce de cette manière là ? La destruction du système qui est en marche n’est pas le fait de politique, qui eux-mêmes ne sont que pauvres petites victimes d’idéologies ayant conduit à cette réalité. Il n’y a absolument rien à faire. Le capitalisme ne se changera jamais par le haut, mais par la base. Les actes doivent être mis au placard pendant un temps, il faut maintenant s’installer aussi confortablement que possible pour réfléchir et s’interroger sur soi, sur son existence, sur son rapport avec la nature et avec les autres. Le web est pour beaucoup dans cette obligation qui, si elle n’est pas réalisée, fera perdre tout espoir à l’homme ou la femme que vous êtes. Il n’y a pas de choix, il n’y a pas de révolution, il n’y a pas de décision. Il n’y a qu’une transformation de l’existent : le monde est libéral, il s’autorégule, la nature, l’économie, l’esprit, toute chose fonctionne sur ces bases. Il faut le comprendre. Il faut surtout l’accepter. Et le réseau Internet permet de le mettre en valeur par l’interconnexion entre toutes les consciences qui, une fois réalisée, conduit vers la synchronisation des décisions et à la naissance, de cette manière, d’une conscience unique.

 

La manifestation du chaos n’est que le commencement d’une nouvelle ère. Une ère où la conscience, les sentiments, les capacités intellectuelles et l’attention que l’on s’apporte et que l’on apporte aux autres sont déterminants. La technologie est un cadeau extraordinaire, et elle offre ici un cadeau extraordinaire à tout à chacun. Pourvu que ces réalités soient au moins comprises par quelques uns.