23.09.2009

Quand la loi n'est plus qu'une affaire privée

 

765247.jpgVoilà quelques temps que le dossier Clearstream fascine. Cette affaire aux allures de thriller financier mettant en scène les services secrets, les grandes dynasties industrielles et les plus hautes instances du pouvoir se révèle être la remise en cause fondamentale d'un système juridique en fin de vie. Le domaine du Droit écrit s'étant largement étendue, nous assistons aujourd'hui à sa transformation et à son rejet pur et simple par les différentes couches de la société civile. Dans le domaine du web, et plus particulièrement suite aux projets HADOPI qui réalisèrent un coup de pub fabuleux au Creative Commons, la notion juridique n'apparait plus comme étant une donnée inébranlable et absolue mais comme une option.

L'affaire Clearstream, tout comme la résistance des internautes, va mettre à mal un secteur ayant sérieusement besoin de s'adapter aux réalités car on aimait dire que le propre de la Loi, jusqu'à présent, était de s'appliquer à tous dans l'intérêt de tous. D'une certaine manière, cette définition précisait le caractère contraignant de la Loi. Afin de la faire passer en douceur, on complètait généralement cette définition par l'idée que la Loi est produite par des hommes et femmes choisis démocratiquement. Ceci étant dit, nous sommes contraint de considérer au dessus de cette définition aisée les organisations politiques, et plus exactement le système des partis. Ils furent les acteurs principaux de la déformation de cette définition.

Tout est affaire de partis et de privé, non de démocratie. L'affaire Clearstream tout autant que HADOPI sont deux manifestations de ce détournement qui condamnent le Droit écrit au profit d'un Droit semi-écrit et semi-coutumier paradoxalement individuel. Dominique de Villepin, après sa formidable ascension, pourrait bien devenir un des hommes les plus puissants de France grâce à son ennemi mortel Nicolas Sarkozy. En effet, le président de la République, souhaitait certainement la politisation de ce procès estimant sans doute que celui-ci serait une nouvelle fois l'expression de sa toute puissance sur le pays. Mais en faisant cela, Nicolas Sarkozy a donné à son opposition réelle (et non pas à cet ersatz politique que l'on nomme « gauche ») une tête de fil, une icône.

La politisation qui se joue en ce moment même aura des répercussions profondes sur le paysage juridique et politique, à court, moyen et long terme. Une faute stratégique de la part d'un homme qui jusqu'ici semblait briller par son aptitude à savoir semer autour de lui le chaos et le désordre pour se maintenir en place. Une carte à jouer pour toute personne souhaitant faire bouger les choses. Le droit se révélera progressivement comme outil des affaires privées des clans, et sa transformation devra nécessairement en suivre. L'usage fait de la Loi par l'Élysée est un usage condamnable. On ne peut considérer la Loi, le fruit de la société issue des citoyens, comme étant un instrument que l'on vend aux personnalités du monde économique. Pourtant, la France souffre encore de l'illusion qu'elle maitrise son Droit. Et le réveil sera, lui, difficile.

En bon avocat, le président de la République a traiter le pouvoir législatif avec mépris. Mais à son grand tort il a osé s'attaquer à trois types d'individus qu'il aurait mieux fait de laisser rêver : les journalistes, les informaticiens et les républicains. Il semble toutefois juste que le micro-président ai su se positionner de la sorte, puisqu'il est né des déviances de la Loi et qu'il a appris à user de la Loi comme celle ci lui avait appris : Le créateur (Le Droit) qui engendre la créature (Nicolas Sarkozy) qui détruira le créateur (Le Droit-La Démocratie). Un cycle curieux qui se reproduit une fois encore, mais cette fois pour le compte de M. Sarkozy : le créateur (Nicolas Sarkozy) qui génère la créature (Dominique de Villepin) qui détruira le créateur (Nicolas Sarkozy). On dirait presque une Loi universelle... Ironie de la vie qui nous réserve en tous les cas, un superbe affrontement dans l'arène judiciaire.

 

12.08.2009

Propriété intellectuelle & nom de domaine ?

dossier-msn.pngIl me semblait, mais peut être me trompais je, que la propriété intellectuelle était un droit compliqué qui avait pour but de protéger les créations des citoyens comme si c'était un bien physique. Pourtant, dans la seule dimension que l'homme ai pu créer et qui le rapproche le plus de l'éternité, à savoir Internet, l'on ne dispose pas d'un droit de reconnaissance universelle des biens intellectuelles. Le nom de domaine, par exemple, est un bien acheté pour la durée d'un an. Si nous voulons le conserver, il est nécessaire de le racheter l'année d'après, sinon il pourrait bien être vendu à un autre. Bien sur, il existe et persiste une garantie mais celle ci coûte plus de 200,00 € et n'est garantie que 10 ans : le dépôt de la marque ! (un nom de domaine coûte environs 10,00 €)

Il me semble qu'il y a une curieuse différence entre ce que nous nommons propriété et ce que nous possédons réellement. Mais il en est de même pour pratiquement tout en société. Prenons par exemple une maison, ou bien les revenus que nous gagnons par le fruit de notre travail, tout cela est naturellement taxé (sur taxé ?) par l'Etat qui s'arroge le droit de déterminer qui est propriétaire de qui ne l'est pas. Bon, je l'avoue. Il est possible que mon propos soit quelque peu extrême. Mais pourtant, cela n'est il pas du même acabit ?

Il se trouve que j'aime le droit, en plus d'aimer les évolutions du web. Lors de mon année d'étude, à l'Université de Rouen, un de mes professeurs dont je ne donnerais pas le nom ici, expliquait que la République des Lumières est une république de petits propriétaires. Cela signifie que tout citoyen doit devenir propriétaire de son outil de travail, de son bien, et que l'Etat doit l'aider à cela. C'est peut être une vision quelque peu marxiste de l'Etat, et encore, car le travail est au coeur même de ce raisonnement et les Lumières étaient des libéraux, pour la plus part (Marx aurait il été un libéral ?). Alors la question reste en suspend, qu'est ce qui a bien pu se passer pour que l'Etat produise certains (ironie) viols de la liberté et de la propriété des individus ? Bien sur, nous ne vivons pas éternellement, mais nous devrions jouir de notre bien acquis en le léguant à qui nous désirons, par exemple, sans que là encore l'Etat ne viennent picorer le fruit de toute une vie, méprisant d'une certaine manière, et je suis diplomate de le dire ainsi, les efforts d'une vie entière !

Le nom de domaine, le fruit de l'esprit d'un individu, c'est la même chose selon moi. Nous construisons autour d'un nom, une identité (en tant que Chargé de référencement je pourrais vous en dire long sur le nom de domaine). Lorsque nous acquérons ce nom, nous en devrions en être l'unique propriétaire. Nous devrions pouvoir décider si nous souhaitons le vendre ou non, non pas payer chaque année un droit d'usage supplémentaire. Bien entendu, cela soulève des questions fondamentales comme le fait de rémunérer les agents de l'Etat, les fonctionnaires qui ont choisi (ironie ?) de donner leur vie pour le peuple (ironie ???). Ils sont quelques uns quand même à pouvoir vivre grâce aux impôts que l'on verse à l'Etat. Mais tout de même ! Ces gens là font, lorsqu'ils deviennent fonctionnaire, le choix volontaire de sacrifier leur liberté et leur existence toute entière au service de l'Etat. C'est d'ailleurs ce qui encadre très clairement leur contrat, et c'est ce qui justifie les avantages et le pouvoir dont ils peuvent disposer.

Je ne souhaite pas ici que l'on accuse les fonctionnaires d'être les causes indirectes de la destruction du droit de la propriété. Mais j'aimerais vous faire réfléchir, vous qui me lisez, sur cette question fondamentale : est ce que cela vaut vraiment la peine de travailler si la conséquence finale est que ce travail en nourrisse un autre ? En l'occurrence, si je ne souhaite pas m'attaquer aux fonctionnaires, les pauvres subissent déjà suffisamment de critiques (quelques unes étant plus ou moins fondées), je souhaiterais mettre en lumière la classe politique ! Celle ci dispose de la "confiance" (ironie ou moquerie de l'auteur ?) du peuple, alors pourquoi agit il pour autre chose que pour... lui même ? C'est une sorte de fonctionnaire pour 5 ans, après tout. Sa mission n'est elle pas de servir et uniquement servir ? Et en cas de trahison de cet engagement, en cas de la trahison de la confiance accordée par le peuple, qu'est il juste de faire ? Faut il exiger la destitution ?

Lorsque l'on prive un homme ou une femme de sa liberté d'entreprendre, de sa liberté d'être propriétaire, lorsque l'on prive un enfant de perspective sérieuse d'un avenir dans un monde de valeurs et de respect, lorsque l'on abuse de la confiance et que l'on viol dans la chair et l'esprit la confiance et l'obéissance volontaire d'un citoyen, que mérite-t-on réellement ? Bien sur ces gens là ont une force de frappe considérable pour faire taire toute opposition. Bien sur. Mais les fonctionnaires, eux mêmes, qui servent l'Etat, la classe politique et les bureaucrates, pourraient recouvrer leur identité s'il le souhaitait réellement. En 1789, la révolution fut possible parce que même les soldats de la couronne ont refusé de se plier aux ordres violents des agents de la couronne. Un jour, quelqu'un m'a dit que les hommes et femmes de pouvoir vivaient dans la peur en continue... qu'il n'avait que peu de pouvoir en vérité, car le peuple et la foule dispose elle d'une réelle puissance : l'insurrection ! Peut être que cette personne avait raison, au fond...

C'est étrange toutes les questions que soulève un simple nom de domaine... vous ne trouvez pas ?

24.05.2009

Analyse "linuxienne"

linux.jpgIl est difficile de se pencher un instant sur le présent. Surtout dans notre société où nous vivons en perpétuel décalage avec les réalités du monde. Les différents plans qui composent notre monde, notre système, sont secoués par un dur rappel aux réalités : le monde était là avant nous, il pourrait fort bien se passer de nous.

C'est une réalité scientifique que l'on essaie désespérément d'oublier, de chasser de notre conscient au travers de notre travail, de notre vie avec autrui. L'inconscience, et le décalage inhérent en poids décisionnel, est telle ici bas qu'il est difficile d'envisager sereinement un avenir. Bien entendu, nous cherchons tous à nous adapter. A trouver une solution, un chemin dans lequel nous pouvons nous épanouir et chercher à construire un semblant de vie. Et pourtant, rien, aucune des démarches entreprises ne semblent pourtant peser, ou étudier. Les choses ne sont pas immuables, mais elles prennent trop de temps à changer.

Il est vrai qu'on ne peut en attendre trop de la part de concitoyens qui vivent dans la difficulté et le doute. Le système social permettra un temps d'empêcher la trop grande montée en puissance de la misère en ce bas monde, mais pour combien de temps exactement ? Combien de temps avons nous pour nous remettre en cause ? Est ce dans notre nature de le faire ?

De nombreuses cartes sont pourtant à notre portée, comme le savoir qu'offre internet, où bien la vertigineuse ascension des différents logiciels linux qui permettent à la pensée de se manifester pour un coût réduit. Bien entendu, cela va à l'encontre des objectifs économiques et des projets fascisant s'incrustent dans une république démocratique déjà malmenée par les aléas de l'Histoire et les vices individuels : la loi HADOPI en est un bel exemple. Psychologiquement, lorsqu'un difficulté apparaît, il est connu que la plus part des individus cherchent à éviter l'adaptation qui remettrait en cause jusqu'au fondement même de leur vie (éducation, culture, valeurs, croyance, et même le passé historique individuel). Et pourtant.

Si l'on cherche réellement à s'en sortir, ne faut il pas se poser les bonnes questions ? Je sais, nous vivons dans une culture de l'écrit. Une culture positiviste. Héritage inavoué de 1500 ans de catholicisme constitué sur les cendres encore chaudes d'un droit romain en sommeil. Pourtant, la vie ce n'est pas ça. La vie c'est l'adaptation, l'évolution même, pour reprendre un bon mot de Darwin. Le problème qui est, et restera entier, toutefois, est que l'adaptation que nous pourrions attendre de la part des dirigeants, de la part de tout citoyen, ne peut se mettre en place. Peut être est ce que nous approchons de la fin de l'humanité.

On est en droit de se le demander ! Si vous feuilleté Le Point de cette semaine, vous pourrez constater que la Russie, névrosée d'une gloire soviétique qui n'a jamais existé, et les États-Unis, entrainés dans une mécanique malsaine de stabilisation, s'intéressent de très près à la question Arctique pour ses réserves naturelles. Le droit international devrait connaître quelques adaptations afin de satisfaire les derniers caprices des grands groupes à l'image de Total qui poursuivent leur démarche expansionniste s'imaginant à chaque seconde que la croissance est une notion éternelle. On se croirait revenu en plein Moyen-Age. A l'époque aussi, les gens pensaient que leurs âmes étaient éternelles.

On aurait tellement à apprendre en se penchant sur nous même, créature naturelle issue de l'évolution génétique et ayant développé un niveau de conscience inédit (si on peut dire). Et pourtant, on continue d'ouvrir un livre. Non pas pour apprendre et enrichir notre réflexion personnelle et ouvertement individualiste, mais pour en extraire les idées et les appliquées. C'est un beau système médiéval. Un soviétisme à la française. La nomenclature n'existe que parce que trop peu de gens sont en mesure de se dire : je suis un individu à part entière, je peux faire ces choses. Et bien entendu, être responsable de ses choix. Quels doux réconforts que de n'être qu'un pion dans un processus bureaucratique. Alors que Linux commence à croitre dans différents cadres influents, le comportement moyen, lui, n'est pas encore très linuxien.

Mais comment critiquer ces choix ? Après, toute personne ne peut elle attendre de la vie que le bonheur lui soit accordé ? La réussite du parti de M. Besancenot n'est elle pas le témoignage émouvant que brûle encore la flamme du désir utopiste d'un monde meilleur et paradisiaque ? Pas si sur, il ne reste que le NPA. Dernier bastion d'un système sur le point de basculer. Nous parlons de concret, bien entendu. Car dans l'idéologie, la déprime s'est installée et parfois la déprime engendre la mort. Mais sur le plan structurel, lorsque le NPA aura fini par chuter, il y aura bien du souci à ce faire. Sauf s'il perdure, auquel cas la structure restera intact... jusqu'à ce que la nature finisse son déséquilibre, et sa purge de l'espèce humaine. Voilà donc où nous en sommes.

Ce blog est peut être quelque peu pessimiste, mais je pense que cela est bon de rappeler quelques réalités pour avoir les pieds sur terre et envisager ensuite de discuter. Sérieusement discuter ! Il le faut ! Il faut réfléchir à la manière de s'en sortir et accepter que celui qui peut apporter des solutions soit entendu, que ces solutions soient étudiées et qu'elles ne soient pas limitées par quelques conceptions archaïques issues de la culture de l'écrit, et pire encore de cette tendance pernicieuse à tout organisée autour du spectacle et du show business (dédicace au clan Sarkozy).

Concrètement, l'heure est venue de transformer, en partant des profondeurs abyssales, les piliers qui soutiennent notre système. Ne vous inquiétez pas pour autant, vous ne serez pas chargé de cette pleine tache. Vous n'y êtes même pas contraint. Sauf si survivre aux bouleversements actuels vous intéresse un peu plus que d'aller payer 400,00 € votre dernier sac Louis Vuitton (à moins que vous ne l'achetiez sur eBay, en contrefaçon). Par définition, un simple stimuli envoyé dans un système est en mesure de changer en profondeur une habitude de vie. C'est une des règles de l'internet. En repliant le temps et l'espace grâce à l'informatique, il est possible de tout transformer : Facebook est devenu le lieu incontournable de notre civilisation occidentale, il y a quelques temps cela aurait sans doute été une boite de nuit célèbre.

Pourquoi ne pas se servir de l'internet, pour une fois faire quelque chose d'intelligent (depuis Google, il n'y a pas eu grand chose de très humaniste). Obama l'a bien fait, et cela à permis à ce jeune homme parti de rien de devenir quelque chose, avant même d'être quelqu'un. Le fonctionnement philosophique de Linux est donc une réalité, quelque chose de concret qui fonctionne. La cathédrale de béton sera remplacé par la cathédrale de cristal, de grès ou de force. Toute la question est de savoir quand.

23.05.2009

NetJets – un business model très web ?

citationx.jpgLisant un des nombreux magazines de société, une publicité pour la compagnie d'aviation NetJets m'a interpelé. Certes, ce nom, probable diminutif de Network Jets peut faire sourire dans le cadre d'une remarque sur le business et le web. Et pourtant ! Le concept est simple et adapté, tourné résolument vers les différents acteurs du monde des affaires dans un esprit cohérent d'excellence, de qualité et de rationalisation des coûts.

La rationalisation est une idée curieuse qui a enflammé les discours des différents professeurs en école de commerce, les grands débats autour du management et même une certaine approche du rendement voulu par les actionnaires d'une entreprise. Mais cette idée, comme bon nombre, peut être prise et constituée autour d'une philosophie systémique toute particulière. On peut la considérer dans une approche frontale (je mets sur le marché une offre et je croise les doigts pour que ça marche), ou dans une approche collaborative (je discute avec les individus-prospects et construit avec eux une offre adapté à leurs attentes). En e-business, on appelle cela la gestion de la relation client, elle passe essentiellement par un soutien important de la technologie de communication et d'information. Pourtant, elle dépasse également les différentes conceptions marketing en s'orientant volontairement vers des modèles économiques adaptés.

NetJets en est un bel exemple. Le forfait repose, suivant les informations que j'ai pu obtenir, sur la facturation des heures d'utilisations de l'appareil. On ne part pas sur une organisation théorique et spéculative mais avec l'idée simple que le client qui utilise un appareil en est un temps le propriétaire. N'est ce pas très Open Source d'une certaine manière ? La rationalisation des coûts qui en ressort permet un suivi et une gestion comptable accrue, et certainement sereine. Ce type de modèle est, selon moi, l'avenir de toute l'économie capitaliste à l'heure actuelle. Mais ce modèle prendra (et à déjà commencé à le faire) également les routes étroites et dangereuses de la politique et de l'idéologie. Nous en revenons une fois encore, en vérité, au principe de propriété qui, s'il ne doit pas être mis à bat, doit pourtant évoluer.

A l'heure qu'il est, une certaine de classe de lettré (si, si, il en reste encore quelques uns dans notre pays) s'intéresse avec une passion renouvelée à la pensée marxiste. Vous me direz, cela n'est pas réellement une surprise puisque l'on considère que la Crise financière, économique et politique que nous traversons est le signe des temps ! Alors comme tout individu se souciant à la fois de son affaire et de sa société, je me suis moi même penché sur cette question. Si je ne crois pas à ce retour de l'idéologie, je reste pourtant convaincu qu'elle trouvera un écho et inspirera une transformation. Peut être est ce une erreur de ma part de m'avancer autant, mais quelque chose me prête à penser que les fonctionnements Open Source deviendront progressivement des modèles de référence pour la société humaine.

Certes, il reste encore bien du travail, mais les choses se font progressivement au rythme de la conscience (et inconstance) générale. Le collaboratif reste cependant la clé de la stabilisation, selon moi, et le terrain ne fait que se consolider sur cette pensée. Attention toutefois, cela n'impliquera jamais l'émergence d'un monde utopiste et parfait, mais plutôt une idée d'équilibre savamment distillé.

21.03.2009

Perturbation dans les usages et le commerce

Un problème intellectuel

Peut être que vous aussi vous vous intéressez au journalisme, aux écrits de ces gens qui ont choisi de consacrer leur vie à l'observation attentive de la société et à la transmission de leurs analyses dans le « modeste » souhait de vous apporter un regard critique sur le système. Si vous êtes de ces lecteurs, alors vous savez naturellement que la profession est en Crise (comme le reste du pays d'ailleurs). Une crise morale, une crise économique, une crise de pertinence et de légitimité surtout. Les modèles évolues, et malheureusement l'internet qui est étudié sur ce blog est le principal souci de ces professions d'intellectuels sortis, pour la plus part, d'Institut Études Politiques ou des Universités dans lesquelles ont distilles le Savoir comme une denrée rare et précieuse. A l'image des professeurs, ces individus sont donc inquiet puisque l'ensemble des particuliers n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'échanger leurs propres connaissances sur des sites, au sein des forums ou des wiki les plus célèbres.

Une angoisse donc qui ne veut pas se révéler ainsi, puisque la plus part des journalistes considèrent pourtant faire parti de l'élite. En effet, le journal Le Monde, par exemple, rempli de son arrogance légitime due aux nombreuses années de bons et loyaux services d'informations auprès de ses lecteurs continue son dédain naturel à l'égard du blogueur quel qu'il soit. Sauf si ce blogueur tient une chronique, évidement, sur le site « Le Monde.fr ». L'intérêt de la profession journalistique est qu'elle révèle en vérité un problème dans la sphère intellectuelle que seule Le Monde diplomatique tente d'expliquer intelligemment. La dernière publication de « Manière de voir » aborde en effet les débats d'idées et plus particulièrement la mort de l'intellectualisme dans une sorte de configuration industrielle. Sans la nommer toutefois.

L'axe principal du magazine repose sur la soumission des intellectuels aux grandes puissances financières, déplorant par la même cette disparition de l'étrange race que l'on nommait en son temps « l'intellectuel de gauche ». Les professions d'idées, c'est à dire les professions où la technique intellectuelle n'est que le ciment d'un développement beaucoup plus profond et beaucoup plus stratégique pour la société humaine (commerce, politique, social, culture, religieux, etc), sont aujourd'hui mise bien à mal par les évolutions et les transformations des usages liées à l'information. La véritable difficulté dans l'affaire repose, malheureusement, sur la liberté d'accès à l'information et surtout l'implication de l'échange communautaire autour d'une information. Non seulement les intellectuels ne paraissent plus être une denrée rare mais ils sont également en perte de vitesse et de valeurs.

Alors l'intellectuel de gauche se transforme progressivement en un intellectuel de « droite ». Ce qui est entendu dans la bouche des quelques esprits éclairés mais également « révolutionnaire » du Monde diplomatique comme des vendus aux dérives du pouvoir en place. Personnellement, je ne soutiens pas que la droite et le libéralisme soient des composantes d'une philosophie de mercenaire, mais qu'il en est plutôt ainsi à gauche : rappelons nous les dérives des systèmes marxistes ayant été institués, ainsi que les nombreuses affaires où quelques politiques de la gauche française ont vendu de nombreux droits et arrangés de nombreuses affaires au nom du pouvoir ou sous la pression d'un gros chèque à X zéros. Pourtant, si l'on prend aussi un peu de recul, il est vrai que la solution de facilité revient à vendre son talent en terme de conceptualisation pour servir les intérêts de quelques ambitieux sur le terrain des idées. L'internet semble transformer la rareté de l'intellectuel en une banalité, tant et si bien que ceux ci se vende maintenant et perdent ainsi leurs usages et leurs raisons d'être première.

C'est également le cas de la professions journalistiques, d'ailleurs qui est en panique et qui refuse globalement de se remettre en question se tournant vers les pouvoirs publiques dans l'espoir d'obtenir une protection et un semblant de reconnaissance. Mais que se passe-t-il réellement ? Quel est encore cette règle de la complexité qui prend progressivement place dans notre monde ? Est ce que l'internet est un outil aussi négatif et diabolique ? Pourtant, comme tout outil, c'est essentiellement l'utilisation que l'on en fait que détermine de la justesse ou de la négativité de sa raison d'être. Dans cet article, un peu long je le reconnais, je vous invite à vous interroger sur ce que vous offre l'internet en terme « d'alimentation intellectuelle » et sur les usages que vous pouvez faire de cette alimentation. Cette article, en effet, a pour objectif de vous sensibilisez à une autre idée que j'ai évoqué ce mois ci : l'émergence d'une nouvelle race d'individu ayant pour habitude de jongler avec les concepts, les idées et l'information. Je reviendrais plus tard sur ce sujet d'ailleurs, mais dors et déjà, essayons ensemble de comprendre les perturbations que l'internet entraine dans les usages quotidiens et de quelle manière ces usages perturbées se retrouvent projeter sur le marché dans la quête unique de la protection ou du mécénat.

 

Les vices explosent sur internet

Ce matin, alors que je dégustais mon thé, je vis justement un blog sur « Le Monde.fr » où une petite patate découvrait comment on pouvait faire exploser les petits délits sans jamais sortir de son bureau. C'est une vérité, internet permet autant de satisfaire les besoins les plus primaires en donnant l'illusion de l'absence de règle, tant et si bien que les Énarques et autres personnages stupides de notre gouvernement se sont amusés à réglementer l'internet avec une énième Haute Autorité (Cf. Loi HADOPI). Mais les vices n'explosent pas essentiellement à cause de l'internet, mais plutôt à cause d'une configuration de la société qui étouffe toute personne et cherche à réglementer l'ensemble des comportements. En effet, comme ces intellectuels qui se vendent maintenant pour servir la propagande gouvernementale, l'ensemble des gens s'amusent à vendre tout ce qui leur passe par la main (même les souvenirs de famille) dans la recherche d'un meilleur confort dans une société de consommation en phase de saturation.

Les vices explosent sur internet, mais c'est surtout le vice essentiel qui explose. Et pas que sur internet. Lorsque l'on se rend au Tabac-Presse pour acheter son journal, un jeu à gratter, son paquet de cigarette ou encore une boite de bonbon combien de vices sont ainsi satisfait ? Lorsque vous vous rendez au Casino, ou que vous décidez de vous livrez à une partie de Poker entre bon copain, ne satisfaites vous pas également d'autres vices ? L'internet ne fait qu'accélérer au fond une tendance déjà bien en marche dans la société civile, c'est à dire une explosion éthique et surtout une perte d'identité profonde qui pousse tout à chacun à se tourner vers l'État tout en le critiquant amèrement. C'est une des conséquences logiques des idéologies de gauches et syndicales qui, de par leur configurations, ont toujours servit de porte-à-faux du gouvernement et surtout des entités les plus extrêmes quelles qu'elles soient. A partir de ce principe là, les usages sont naturellement perturbés.

Un usage, qu'est ce que c'est ? C'est une habitude que l'on prend dans l'idée de répéter une pratique qui fonctionne. Ce qui fonctionne, par nature, c'est ce qui sert à chaque personne, et la première servi reste l'acteur de l'usage. Or, malheureusement, le dérèglement systémique et idéologiques en cours, c'est à dire le doute perpétuel à l'égard de l'avenir, mais plus encore à l'égard de la vie elle même, a poussé le genre humain à vendre son corps, son âme, ses talents sans réflexion et surtout sans conscience ni respect à son égard. Internet ne fait qu'accélérer ce processus, puisque le temps et l'espace sont repliés sur le réseau. Et que l'essentiel du rapport marchant repose sur l'échange et la communication. Mais en aucun cas il est possible d'estimer comme négatif l'impact de l'internet sur la société. C'est cela même qui peut inquiéter les puissants de ce monde : qu'ils soient intellectuels, politiques ou financiers. Riches ou pauvres. Une telle résistance au changement est terrifiante d'ailleurs, et pour éviter que quoi que ce soit change, le plus terrifiant, combien de personne sont prêtes à payer, à vendre ou à tuer ? Je vous le demande. Alors que tout peut pourtant être si simple et positif et que les solutions résident directement dans l'outil, lui même.

 

Sévérité de l'auto régulation

Nombreux penseurs libéraux l'affirmaient ! On a souvent critiqué ces propos ! On les évoquait comme une légende, même. Et pourtant, la Crise que nous traversons est bien né de quelque chose. Et ce n'est sans doute pas de l'impulsion malveillante de quelques élites. Le monde n'est pas manichéen, et la plus part des gens n'ont pas une vie BCBG, même s'ils veulent le faire croire. Non, il s'agit d'un processus naturel d'autorégulation du système. C'est à dire que les forces en cours, si elles atteignent un certain niveau critique, ne peuvent avoir d'autres conséquences que la destruction. Mais attention, pas une destruction ultime !

Le processus d'autorégulation fait intervenir un principe de création, et plus précisément de transformation. Les difficultés rencontrées à l'heure actuelle sont essentiellement dues à cette résistance au changement et surtout à l'autorégulation qui est en cours. C'est quelque chose d'amusant, parce qu'au fond toute personne est actrice de cette autorégulation et de cette transformation que j'évoque. Voyez vous, lorsque je descendais m'acheter mon journal, il y a quelques jours, le marchand de journaux m'a parlé sensiblement de la Crise en me disant que la Crise n'existait pas. Qu'elle relevait des grands empires commerciaux, pas des petites structures. Fondamentalement, c'est vrai. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que pour que les grands puissent faire certaines choses, il faut qu'ils puissent être soutenu par les petits. A partir de là, descendre dans les rues avec une banderole de négation des difficultés en affirmant que la Crise relevait uniquement des élites est le témoignage d'une mauvaise fois dramatique.

L'autorégulation ne s'intéresse pas à quelques uns, elle se porte sur tous. Si tout à chacun à participer à ces déviances, alors tout à chacun est responsable. Il n'est pas facile de venir faire la leçon lorsque soit même on se livre sur internet, par exemple, à quelques comportements immoraux qui influent sur le monde économique d'une manière où d'une autre. La déviance n'est absolument pas isolée à une couche sociale, elle est générale. Non seulement l'éthique en elle même est une fable, mais de plus la négation de ce statut pousse dans des extrêmes abjectes et destructeurs. Et l'on vend tout !

Les journalistes et les intellectuels qui se vendent, qui se prostituent d'une certaine manière, perdront leur légitimité à faire ce qu'ils font. Et cela à déjà commencé. En effet, on se réfère à des fondations Open Source pour avoir de l'information, pour accéder à la connaissance. On écoute de la musique utilisant les licences GPL et Créatives Commons, on télécharge des logiciels gratuits pour travailler. Toute un état d'esprit nouveau remplacera l'ancien système mis en place. Et progressivement, d'ailleurs, le système en place perd en légitimité. Tout comme les gens qui entretiennent son existence : les élites politiques, mais aussi les révoltés qui descendent dans la rue, ceux qui vont pleurnicher aux portes de l'Élysée, ceux qui passent leur temps à critiquer sans se remonter les manches, etc. L'autorégulation ne fera pas de quartier !

 

Et si l'issue était positive

Mais tout n'est pas aussi terrible, les usages vont changer. Oui, et le commerce retrouvera une place plus humaniste. Car le problème c'est bien que tout ce qui servait les intérêts des communautés fut dévié de leurs origines positives pour n'avoir plus que des conséquences destructrices. Pour ma part, je suis convaincu que l'issue sera positive. Mais je pense aussi qu'elle ne se fera pas sans douleur... enfin, j'aborderais cette question plus en détails une prochaine fois. Je pense vous avoir déjà donné matière à débattre et à réfléchir.

12.02.2009

L’économie du Savoir, de la Connaissance et de l’Information

bastoo-mystere-1[1].jpgLe 28 décembre dernier je publiais sur ce blog un article relatif à l’économie de l’information. Une idée plutôt qu’un article. A l’époque ma réflexion n’était pas encore très avancée. Je cherchais surtout à l’étudier sous l’axe professionnel. Comme toujours, dans ce genre de réflexion, on prend un peu de distance avec la profession pour avoir une vision plus globale des réalités. Car être un professionnel c’est aussi être critique vis-à-vis de la profession. Un petit tour dans les hautes sphères de l’intellectualisme et une étude de l’impact psychique du symbole dans la communication, de la communication elle-même, et des comportements sociaux également, m’ont permis alors de clarifier ma pensée. C’est ainsi que je n’aime plus trop cette expression « économie de l’information ». Je la nommerais donc, maintenant, « économie du Savoir, de la Connaissance et de l’Information ». Représentation symbolique du « je » qui s’adresse au « tu » en évoquant un « il » qui donnera un « nous » et donc un système économique, mais aussi politique et culturel.

 

N’ayez crainte, je vais expliquer mon raisonnement de manière à bien me faire comprendre. Et comme il me parait inutile de réfléchir pour réfléchir, qu’il est indispensable qu’une réflexion ait un intérêt concret, je vous donnerais quelques « tuyaux » pour tirer votre épingle du jeu dans cette transition passionnante que nous vivons que je nomme poétiquement le Chaos.

 

 

Le Savoir, la Connaissance et l’Information

 

Est ce une question idiote que de demander ce que signifie ces trois mots ? Pensez vous donc ! Ces termes ont tous une très forte part de symbolisme dans le contexte où ils sont situés. Le Savoir est l’équivalent de la culture intégrée par un enseignement, par une lecture attentive. C’est le processus d’intégration d’un contenu, d’une donnée quelconque. Absorbée et traitée par l’esprit comme un outil. Cette donnée, en opposition avec l’Intellectualisme des XVIIIe, XIXe, XXe, et du début du XXIe siècle n’est pas une finalité qui façonne l’intelligence. C’est un aliment qui y contribue et qui est confronté à différents autres paramètres. Le cerveau agit un peu comme une puissante machine de détermination, avec plus ou moins d’efficacité.

 

Nous parlons maintenant de Connaissance. C’est un processus qui consiste à opposer différentes données entre elles et à intégrer des paramètres de référence (comme l’espace et le temps), à les expliquer pour accréditer le résultat de cette confrontation des données. La culture n’est pas considérée comme une finalité mais comme un instrument au service de l’intelligence, et la Connaissance en est le fruit. Bien entendu, l’économie dont je parle est variée et implique également un facteur émotionnel déterminant. La Connaissance ne peut que mettre en lumière les faiblesses psychiques dû à cette soumission organique, consciente ou non, à la partie émotionnelle qui compose tout individu et engendrer une curieuse frustration. Celle-ci sera nécessairement bloquée par un choix inconscient, certainement, afin que la souffrance ne puisse être transmise dans la conscience. La Connaissance est donc étroitement liée à l’intelligence, et cette organisation évolutive ne pourra conduire qu’à une hiérarchisation d’ensemble. Le curseur se déplace : les manuels ont dominé les faibles, puis les forts manuels ont dominés les faibles manuels, les intellectuels ont dominé les forts manuels, les forts intellectuels ont dominé les faibles intellectuels, et nous entrons maintenant dans une ère ou les Conscients domineront les forts intellectuels.

 

C’est un cycle où la transmission est perpétuelle, elle ne peut s’arrêter. Il s’agit d’une évolution vers le haut avec ses risques et ses dangers. L’Information est étroitement liée à la transmission de la Connaissance suivant des paramètres intégrés par le Savoir. C’est en ce sens qu’une idée, une donnée, un esprit peut gagner sa vie grâce à l’information qu’il est en mesure de transmettre. L’Information c’est surtout le partage d’un résultat, d’une déduction construite et expliquée, organisée et présentée en intégrant un peu d’émotionnel, du sentiment et de l’intellect afin d’éveiller une réaction « mécanique ». L’Information connue et exploitée au début du XXIe siècle est une information en transition, elle était jusqu’à présent le seul fait des professeurs, des intellectuels, des journalistes ou des politiques qui répandaient leurs convictions personnelles en faisant une réalité. Toute cette petite masse allant dans un sens unique dépourvue de liberté et pratiquant, à volonté, une transmission dictatoriale de son Savoir, en réfrénant tout élan de Connaissance. La transformation s’opère car quelques personnes, par l’intermédiaire de blogs ou de forums, ou sur des sites, se permettent de diffuser une Information née d’une conception personnelle. Un exercice complexe. Un exercice qui engendrera évidement de grands changements à tous les niveaux.


La démocratisation de cette économie

 

Je ne souhaite pas réellement adhérer à la théorie de la sélection naturelle selon Darwin. L’évolution n’est pas une donnée en elle-même, bien qu’elle soit multiple et elle reste relative à deux données déterminantes : l’espace-temps. Les courbes d’évolutions culturelles sont déterminées par des cycles variés que l’on ne peut pas rattacher au climat, à la géographie, ou à tout autre paramètre tiers comme le faisait Darwin. Mais peu importe, l’idée n’est pas de comprendre comment mais pourquoi. Les pré-requis nécessaires à ce type d’évolution sont connus. Oui. Ce n’est pas la première fois qu’un bon en avant est réalisé.

 

Le bon en avant se produit souvent par l’arriver d’un cycle de destruction succédant une recréation. C’est un phénomène observé en économie, mais aussi en physique ou même en astrophysique. Toute matière n’est que pure énergie à l’origine, un élément étranger comme un trou noir absorbe les univers pour les transformer en pure énergie et une nouvelle création apparaît ensuite. Une émotion que l’on ressent un temps nous traverse et nous enseigne. Même le cycle présenté dans ma précédent partie est déterminant : Savoir > Connaissance > Information. Ce type de particularité permet une reconfiguration complète des éléments qui nous entourent. Ce qui commence en un point donné arrive toujours à une finalité. C’est un Alpha qui va vers un Omega. Mais parce que les caractéristiques de tout individu ne sont pas constituées sur une hypothétique normalité, les cycles évolutifs prennent alors de directions qui nous dépassent, d’une certaine manière.

 

Elles nous dépassent, mais en même temps elles nous impactent. L’évolution se produit à tous les niveaux, dans toutes les dimensions. La démocratisation de cette économie est identique. Suivant les paramètres d’évolution personnelle, la démocratisation se fera avec plus ou moins d’aisance. C’est une capacité à embrasser cette réalité qui est déterminante. Une capacité d’adaptation. Si il y a une théorie de l’évolution, dont la conséquence politique est la « démocratisation », alors on parle de capacité d’adaptation déterminante. Ce qui au fond est cohérent. La démocratisation dépendra de chacun, en vérité. Elle s’accélèrera lorsque de nouveaux « empires économiques » se constitueront autour de ces paramètres de « Savoir », « Connaissance », « Information ». Le seul pré-requis que l’on serait en droit d’estimer, en vérité, relève de la volonté individuelle. D’un libre arbitre très important qui fait basculer l’Homme dans l’avenir, ou le fait périr dans le Passé.

 

Cette démocratisation ne sera pas sans risques. D’ailleurs, la Crise économique, financière, politique, social, et bien d’autres choses, est la résultante de cette transformation qui s’opère. Le Chaos qui reprend ses droits d’une certaine manière. Les Empires s’effondrent : les banques, les grandes entreprises, surtout celles qui n’ont qu’une faible utilité humaine : comme le luxe, par exemple. Toutes ces entités « parasites » qui influencent de manière négative l’existence humaine, aussi sûrement que des émotions comme l’orgueil ou la cupidité sont nuisibles à l’âme humaine, seront absorbées dans le néant et transformées, là aussi en « pure énergie ». Absorbée et transformée. La démocratisation c’est en fait la transformation. Il faut accepter de se transformer, ou bien résister comme le font certains rêveurs s’estimant traditionalistes. Mais on ne peut pas résister à un tel changement qui n’est en rien provoqué par un seul homme, mais par une multitude tendant vers cette évolution. Le risque le plus profond, en vérité, consiste en l’anéantissement d’une civilisation.

 

Ce n’est pas une théorie à écarter. Surtout à notre époque. Beaucoup de chose en ce monde a été réalisé par des volontés essentiellement hédonistes ou malsaines. Hédoniste, parce que l’appât du gain et la forte consommation consistant à satisfaire un intérêt immédiat est problématique : l’argent n’est plus considéré comme un outil mais comme un besoin compulsif et maladif, et vous conviendrez que c’est problématique pour l’existence humaine. Malsaine, parce que beaucoup de causes et d’idéologies qui en ont découlé répondaient bien plus à des frustrations, des névroses (comme dirait certains), plutôt que par une volonté réelle de faire quelque chose qui servent autant à l’acteur qu’au bénéficiaire. Ces deux réalités ont dominé notre Histoire, et c’est terriblement amplifié avec les évolutions de notre civilisation occidentale. Mais le cycle est maintenant terminé. Et un nouveau cycle commence. Malheureusement, cela n’est pas très bien compris : on confond trop souvent la transformation du monde actuelle avec le retour à l’Etat providence et la remise en cause d’un certain capitalisme libéral qui n’a jamais existé. Phénomène largement répandu, révélateur d’une très large résistance à la transformation. Comprenne qui pourra en vérité.

08.01.2009

Internet et le commerce

img3.jpgNous nous interrogeons tous sur notre avenir, sur notre vie professionnelle et sur notre patrimoine. A plus forte raison maintenant que l’ensemble est probablement menacé par le climat économique et financier. Nous hésitons souvent avec l’optimisme idéaliste, ou peut être refuse-t-on simplement de voir la vérité en face : qu’il y a un réel danger. Ce ne serait pas la première fois, après tout, puisqu’il est bien dans la nature des français de fuir la réalité pour se concentrer sur un monde d’idéaux et de projet, de rêves de grandeur, d’apparence et de confort matériel. Votre hôte, autrement dit, reste pourtant assez positif dans ces temps troublés. Est-ce par négation ? Je ne pense pas, plutôt par réflexion et logique.

Un système est une organisation dans laquelle la causalité est inhérente à tout ce qui est décidé. On l’avait oublié, apparemment. Peut être que cela vient du fait que l’argent, qui est tant aimé à notre époque même si on prétend le contraire, est devenu absolument virtuel, à tel point que rien d’autre n’a jamais été aussi inexistant et aussi fluide. Il y a quelques heures, je lisais sur un site que l’heure était à une profonde réflexion sur le capitalisme, que celui-ci ne pourrait jamais ressortir de cette situation sans avoir été transformé en profondeur. Chacun y va de sa petite graine, c’est normal puisque internet est le média qui permet la parole de tout à chacun.

Alors, du fait de ma profession, je me suis interrogé sur le fond du capitalisme et sur son rapport avec l’internet. A l’opposé de certains craintifs qui répondent parfaitement au profil que je décrivais dans mes précédentes ligne, je suis du genre à penser qu’internet va apporter une stabilisation dans le quotidien et dans l’existence de l’humanité. Enfin, si on adapte la sanction à l’égard du piratage informatique qui réponde à l’atteinte d’un outil en mesure d’apporter bien plus à l’homme que quoi que ce soit d’autre en ce bas monde (du genre peine de mort… cela en calmerait certains, vous ne pensez pas ? Comment ça excessif… pensez vous !). Bref, ne nous perdons pas dans quelques propos maladroitement agressif, quand bien même il serait pensé, pour revenir à notre préoccupation du jour : l’internet et le commerce.

C’est un fait, lorsque l’on parle de commerce on parle aussi d’argent. Le capitalisme repose sur l’organisation structurelle de l’argent et de ses mouvements, donc si le capitalisme est une maladie, le commerce l’est également. Enfin, dans le genre raccourci je crois qu’il est difficile de faire mieux, pas vous ? Le commerce est un outil plus qu’une profession, c’est un outil qui permet aux hommes de vivre, d’échanger des savoirs et des productions, de se sentir un peu utile, aussi. Bref, le commerce doublé de l’intelligence structurelle revient à prendre le temps de réfléchir sur ce que l’on fait tout en se questionnant sur l’objectif véritable. Avec internet comme élément de plus en plus dominant dans les mœurs, les décisions, l’enseignement ou même l’économie, que peut on penser ?

Avez-vous déjà entendu parlé du libéralisme ? Bien entendu, je ne parle pas de cette bouillie idéologique que les socialistes et autres politiciens, amateur de politique politicienne, s’amusent à faire du terme et de l’idée. Je parle de la base, c'est-à-dire qu’un individu est en mesure de faire ses choix, et qu’à partir de là, toute chose qui se produit en ce bas monde relève un peu de se responsabilité. C’est ainsi que l’homme est en mesure, par son interaction avec les autres, de réguler certains de ses comportements, de se corriger de divers défauts. La doctrine libérale touche à beaucoup de domaine, et bien entendu au commerce. L’idée du commerce est qu’il est nécessaire qu’une transparence existe, que le marché est capable de s’autoréguler et que l’information est la base d’une économie libérale. Figurez vous que le fondement de l’internet c’est la communication de l’information !!

En partant de cette base, de ce constat, puisqu’il ne s’agit même pas d’un postulat, il est évident de penser que commerce et internet peuvent coexister et même s’épanouir. Dans une approche humaniste est plus respectueuse que celle que nous avons connu jusqu’ici. Pourquoi ? Parce qu’il y a transparence, et que la loi ne peut pas protéger les déviances sur internet comme les a protégé dans la réalité matérielle. Il m’arrive de participer à certaines discussions avec des entrepreneurs, sur des forums. Et par moment, quelqu’un vient et essai de vendre son truc par la tromperie (fausse identité, remarque du genre : c’est super génial). Technique marketing, oui, irrespectueuse, également ! En général il ne faut pas longtemps pour que ce type de démarche soit la cible de quelques fortes personnalités refusant qu’on les prenne pour des imbéciles.

Leçon de l’histoire ou réalité technique ? Un peu des deux, sans doute. Ce type d’exemple appuie l’idée que si le commerce, le capitalisme, doit se renouveler, changer ou s’adapter à son époque, il y a de très forte chance que cela ne puisse être qu’en comptant sur le web pour soutenir un développement plus sain.