20.12.2009

Science des réseaux : le travail et les hiérarchisations, un état de nature

La stérilité des débats politiques ne surprend plus personne. A chaque évolution sociale, une offre commerciale innovante se met en place. L'une d'entre elle fut la communication politique. Mais n'oublions pas aussi qu'à chaque évolution technologique se met en place une réaction sociale. On débat déjà suffisamment de la recherche de contrôle que nombreux politiques et gouvernements cherchent à mettre en place sur l'internet, aussi il serait bon de quitter les débats de forme pour entrer dans un sujet de fond particulièrement déplaisant pour la culture française tant elle est amoureuse de l'illusoire égalité que confère la Loi.

00010212.jpgVous allez me dire que la question des réseaux et de la politique est une affaire évidente. Les rumeurs liées à l'exercice d'un pouvoir grâce à de « puissants réseaux » hantent déjà sous toutes les formes possibles et imaginables les fantasmes populaires. Aussi, comme il est ici question de science, non pas d'imaginaire mais d'observations pratiques, froides et contestables sur les bases uniques d'argumentaires fondés, prenons le temps d'étudier la structure sociale dans son organisation naturelle, c'est à dire pyramidale. Prenons aussi le temps de mettre de coté le caractère revendicatif des différents théoriciens de la Gauche : le caractère animal de l'homme n'est pas à prouver et son fonctionnement essentiellement primaire et bestial dans l'organisation de ses civilisations est une affaire d'anthropologie qui, elle même, est maintes fois saluées par les cercles intellectuels. Les différentes structures sociales des autres espèces animales se caractérisent par des individus dominants capables de gérer et administrer la meute. L'intelligence est variable dans ces communautés, et les écosystèmes semblent parvenir à s'auto-réguler logiquement. Au fond, l'Homme a, depuis environs deux cents ans, transformé son écosystème en instituant la Loi et en faisant pénétrer la Loi dans tous les aspects de la vie courante. Qu'est ce que la Loi sinon le rêve désespéré de prendre contrôle sur un environnement et de le transformer pour satisfaire quelques visions : un raccourci intellectuel approuvé de tous par voie démocratique ? Bien sûr, son mode d'organisation a permis l'émergence du progrès technologique et intellectuel en affranchissant une part de la population d'une forme de despotisme éclairé qui se voulait modérateur : souvenons nous bien que la mitrailleuse fut inventée sous le règne de Louis XIV, présenté à celui ci et interdite sur sa décision solitaire de commercialisation et de développement à grande échelle sur le motif que cette arme avait un potentiel destructeur bien trop important et malsain pour les hommes. Toutefois, pourquoi regretter une époque alors que la transformation de la société telle que l'Histoire la raconte est en fait le simple fait d'une évolution logique, technologique, intellectuelle et sociale ? Il est préférable d'être confiant en l'aventure humaine, même si celle-ci est souvent entachée de sang.

L'équation à plusieurs inconnues décrites dans la présentation du temps de la Science des réseaux est toujours en marche. Nous apprenons juste à la ressentir, peut être à la conceptualiser, même si nous sommes encore incapable de l'écrire. Pourtant, tout travail entrepris au fil du temps, semble aller dans cette direction. Et s'il était primordiale de commencer cette nouvelle pierre portée aux articles sur la Science des réseaux par un rappel historique, une approche politique dépourvue de passion et traitée dans la froideur scientifique et anthropologique, c'est parce qu'il n'est d'aucun doute qu'une sélection naturelle accompagne dors et déjà les transformations et la levée des variables inconnues de l'équation continue. C'est en ce sens que l'idée est maintenant d'aborder la hiérarchisation des systèmes naissant et de comprendre les nouvelles organisations sociales s'instituant d'elles mêmes. Notons que ces pensées furent déjà transcrites et complétées de nombreuses fois par le passé, preuve qu'elles sont en court de développement et de matérialisation : l'évolution n'est pas encore équipée de la fibre optique ! Une hiérarchisation fondée sur une forme de despotisme qui n'est pas le fait d'une gouvernance de la machine sur l'individu comme le considère une certaine bourgeoisie devant se penser touchée par l'illumination et affirmant avoir détecté en des géants comme Google ou Facebook un univers de surveillance de la vie privée, la perspective terrifiante d'un Big Brother façon 1984. Le conspirationnisme est peut être la pire maladie qui fut héritée du Moyen-Âge et qui vient pourrir l'équation globale en justifiant la hiérarchisation la plus franche et la plus violente qui soit : Adieu l'égalité rêvée des hommes. L'homo faber décrit par Hannah Arendt est une créature bien utopique en ce sens où il n'est en vérité que le cas de quelques unes des créatures humaines, les chefs de meutes d'une certaine façon. Il est le prototype même d'une classe dominante qui ne se veut pas sortie de la pensée marxiste, ni même des prestigieuses écoles instituée par la Loi, qui, rappelons le dans cette partie de l'article, reste l'outil par lequel l'Homme a essayé de se faire citoyen et donc de s'affranchir de son animalité. L'homo faber est le fait d'un autre degré de compréhension. D'autres critères de sélection et de rayonnement. Voici une idée forte et nouvelle : le rayonnement. En information nous sommes en mesure de distinguer quelles sont les idées fortes qui peuvent rayonner, tout autant que certaines réactions physiques provoquent des rayonnements magnétiques plus ou moins intenses. L'information est un corps immatériel, une entité disposant d'un pouvoir magnétique capable d'amorcer des mouvements à grande échelle. Là encore, je vais me permettre d'évoquer certains outils que Google mets à disposition des Webmasters : le générateur de mot clé, ainsi que Google Analytics et Google Adwords sont des outils permettant de représenter la puissance de certaines idées par des composants combinés de différentes façons : les mots clés, le nombre de fois où ils furent saisis et la valeur financière que l'on peut associer à ces mots clés, par exemple.

Sans réellement le vouloir, ou peut être en étant que partiellement conscient de ce que l'entreprise Google Inc apportait au monde en fournissant de tels outils, voilà que nous sommes maintenant capable de quantifier la puissance de l'information, non plus seulement sur une base théorique de diffusion de l'information par une approche frontale (télévision, radio, presse écrite) mais en mettant en confrontation les intelligences et en poussant ainsi les sources de ces émanations d'idées à se qualifier et à s'affirmer dans une lumière nouvelle : l'être humain qui s'ignorait peut maintenant être conscient de sa présence dans le réseau et être en mesure d'influencer le développement de celui ci en devenant lui même source d'une plus ou moins forte énergie. Le travail qui se cherchait, qui avait atteint des degrés de répétition et d'abrutissement qui eurent pour consécration notre tristement célèbre bureaucratie, c'est à dire l'art de ne rien produire tout en mobilisant des ressources et des compétences travaillant sur elles à des fins qu'elles ignorent elles mêmes, se retrouve confronté à une forme de concret et de décisionnel accéléré. La prise de décision détermine la position pyramidale et soumet les individus du système dans une logique nouvelle. S'agit il du développement de l'intelligence ? La question est encore posée, et j'essaie d'y répondre depuis longtemps. En tous les cas, il s'agit d'une organisation transversale qui se veut dépourvue de l'influence d'un mandarin et oblige la collaboration sous peine de mort. Comme je le disais, l'évolution et l'histoire est écrite en lettre de sang. Nul doute que ce que les évolutions technologiques, intellectuelles et sociales qui se produisent en ce moment se verront racontées par des historiens trempant leur plume dans l'encre rouge. Les forces en mouvement se trouvent qualifiée par des points d'énergies de plus en plus nombreux qui concentrent autour d'eux et en eux des flux d'informations, d'émotions et de décisions non justifiés par l'écrit de l'homme moderne. L'homo faber, prototype mutant, est sans doute en train de naître au grand jour. La hiérarchisation du système en des strates non déterminée par la Loi mais par la nature m'inspire un quelque chose de dangereux et de dérangeant pour les classes sociales actuelles : une organisation despotique et totalitaire éclairée par une certaine sagesse et intelligence viendra-t-elle remplacer le désordre actuel ? Le terme désordre est ici considéré par la relation du système avec les traits naturels de l'Homme en tant que créature animale. Le système est un désordre dangereux, et la mise en réseaux des consciences, avec la nouvelle remise en avant de la conscience unique de l'homme, somme des consciences et représentation symbolisée par les outils informatiques mettant en évidence les points de convergences d'énergies et d'émanations d'informations, d'émotions et de décisions, est peut être signe d'espérance même si elle va poser de nombreuses questions et risque de se heurter, une fois encore, à des écueils destructeurs pour l'esprit des animaux laborans restés endormis et sans doute transformés en esclaves.

 

19.12.2009

Science des réseaux : la temporalité, distinction entre macro-système et micro-système

jpg_solar-system-69d8c.jpgCe commencement d'article est une petite dédicace à un de mes lecteurs, et ami, avec lequel j'ai polémiqué durant presque une heure sur la « non-existence ». Sans toutefois révéler, pour le moment, ce que signifie la « non-existence » de la science des réseaux et des concepts que je vous propose, il serait dommage de ne pas en remettre une couche en jouant le processus entamé par Descartes lorsque celui ci tentait de « penser » chaque chose du monde : remettre en cause le monde, la vie, le temps et le moi. L'échelle est d'importance, elle met en évidence la systématisation et les flux dimensionnels, souvent antagonistes, qui composent le monde. Très souvent, l'erreur en vient à penser que tout ce qui se produit à grand échelle dans une certaine temporalité est la même chose qui peut se produire à petite échelle dans une autre temporalité. Or la logique et la démonstration révèlent souvent la fausseté de cette approche, bien plus encore lorsqu'il est question de chiffrer les événements étudiés.

La temporalité est la première variable déterminante qui souhaiterait se prévaloir du titre de critère de démonstration d'une symétrie conceptuelle, et donc valider une démonstration « scientifique » tentant de regrouper un événement passé avec un événement présent ou futur. Il s'agit évidemment de l'erreur traditionnelle, pourtant pleine d'humilité, dont se rendent coupable les chercheurs en sectionnant le monde pour mieux l'analyser. Mais sans toutefois vouloir entrer dans une considération systémique globale, j'aimerais traiter du phénomène qui se révèle en matière de temporalité dans la science des réseaux. Le temps est associé, non pas à un delta T fixe, mais à un ensemble de considérations qui font que le delta T peut se reproduire à plusieurs reprises dans le temps, ce qui peut donner l'illusion d'un caractère cyclique à l'Histoire. L'illusion est démontrée par les changements d'écosystèmes dans lesquels les événements se produisent. Ainsi, ce qui peut apparaître comme étant une reproduction d'un événement passé en micro-système est en fait la prolongation d'un ensemble continue en macro-système. On remarque, d'une certaine manière, que tout tend vers l'accélération. N'est ce pas plutôt le fantasme de cette accélération ou le déclin d'une perception ? Le monde change. Oui, mais son changement est il plus rapide ou plus lent ? N'est ce pas plutôt parce que nous sommes maintenant suffisamment évolué pour pouvoir quantifier ces changements que nous sommes en mesure de dire, en partant d'un delta T, que les choses s'accélèrent ou non ? Cette démonstration pousse à l'affirmative logique. Et c'est bien son objectif : conduire à s'interroger et à jouer le rôle de Descartes en son temps, sur ce qu'est réellement le delta T, ce temps que nous pensons perdre ou que nous essayons de garder, d'économiser comme une denrée rare !

Les interactions entre système, c'est à dire ce que l'on peut définir comme étant un « réseau », n'est pas une question de cycle et d'éternel recommencement comme on l'a longtemps cru du fait de l'influence écrasante de la pensée « mécaniste » (jugé logique, paraît il...) sur l'ensemble des composantes d'un système humain : micro-système essentiellement, cela afin d'expliquer le macro-système. L'évolution est une question bien sensible qui peut souvent attiser le désir de prédire son explication absolue, comme l'écrivaient Etienne Klein et Marc Lachièze-Rey dans « La Quête de l'Unité ». Bien entendu, l'approche de ces auteurs est tournée vers la Physique, mais pour ceux qui l'ignore, l'Histoire des sciences humaines, et des sciences en règle générale, est une histoire marquée par la pensée « mécaniste » qui consistait à traduire toute chose en variables mathématiques, en lui donnant une définition précise, voulue rigoureuse et essentiellement micro-systématique, conception tirée de la richesse du savoir Physique et de sa Noblesse gagnée par les âges et les démonstrations pragmatiques. On a essayé de faire de l'économie et de la finance deux sciences en leur offrant des formules mathématiques (mais la science économique est plus jeune que la science physique dont les fondations remontes à l'Antiquité, alors la finance n'en parlons pas). On a tout autant essayé de faire de la politique une science par le même procédé. Rappelons qu'il peut en être jugé philosophiquement ainsi, puisque K. Popper insistait sur la règle pouvant être contesté comme étant la justification de l'usage du terme « science » concernant une discipline, et aussi que la science avait pour fondement la philosophie. Il peut en être ainsi, disais-je, mais uniquement dans le cadre de la politique, dont la philosophie première est évidemment le droit. La philosophie économique reste à inventé, car malgré l'apparition des doctrines de « croissance », « décroissante », « croissance durable », « croissance soutenable », aucune n'est réellement confrontée au concret, à son jugement froid et déterminant : trop de passionnel en économie. Et au moins tout autant en politique.

Les réseaux qui sont les interactions de ces différents systèmes ne peuvent être clairement analysés dans le delta T par une réflexion spontanée, provoquée par l'expérience ou le savoir-faire politique, économique, social, ou que sais-je encore. La faute principale de ceux qui analysent les réseaux est en fait leur aptitude malsaine à avoir une approche subjective des événements en s'extrayant du système. Un beau paradoxe, n'est ce pas ? L'objectivité dans l'étude du réseau, dans sa temporalité, c'est à dire la considération multidimensionnelle du temps, de l'espace et des forces, ne peut s'obtenir qu'en s'intégrant en tant qu'individu dans ce réseau, et non pas en appliquant cette doctrine saugrenue qu'est la pensée mécaniste : le monde est une machine, l'homme peut la contrôler ! A cette vérité inhérente à la pensée « mécaniste » je réponds par un grand rire nerveux considérant la bêtise d'une telle idée. Chaque être humain est une force, il est source d'un développement, d'un enrichissement. Même lorsqu'il se contente de jouer à la belote avec ses compagnons de vie, il est source d'enrichissement humain. De ce fait, dans les réseaux, il impulse une force. Le micro-système, auquel il appartient, se positionne dans le macro-système, les interactions de forces vont déterminer un résultat logique dont l'équation initiale est intensément complexe. Mais surtout, cette équation ne se compose pas d'un ensemble de variable fixe, mais d'un corps de variables inconnues. La science des réseaux nécessitent de ce fait une puissance de calcul et de systématisation des éléments par virtualisation de ceux ci que seul l'outil informatique, à ma connaissance, soit en mesure de réaliser. Il faut toutefois rester prudent sur la confiance totale en l'informatique, car celle ci n'est qu'un moyen, et le delta humain est l'élément déterminant de son organisation.

En conclusion, je vous invite à repenser, et surtout « toi » (qui te reconnaitra), l'approche purement mécaniste qui consiste à faire preuve d'autant de subjectivité dans la considération du monde et dans son anticipation. N'avez vous jamais remarqué que les événements ne se produisent jamais comme vous l'attendiez ? La solution à ce dilemme vient peut être des profondeurs de la compréhension du macro-système et de la négligence de la conscience du micro-système. Chacun trouvera sa définition, et j'espère avoir l'occasion d'en débattre avec vous.

 

01.12.2009

Le mystère de l'intelligence

blade-runner-eye1.jpgLes semaines passent, les questions restent et s'enrichissent. L'équation globale de progression et de reconfiguration de la société humain se poursuit, et les inconnues du calcul se dévoilent en souffrance : si vous allumez la télévision, écoutez la radio ou lisez les actualités sur internet, vous découvrirez sans grande surprise que le monde se déchire et que la souffrance reste la seule constante quotidienne. En période de crise cela est bien dommage. Mais c'est ainsi. Une forme de normalisation dans les attitudes segmente en deux la réalité : on savait déjà que la France était un pays devenu ”schizophrène ” avec l'âge, on ignorait encore ce que cela signifiait. Maintenant, certaines pistes peuvent être explorée.

Ce que j'identifie comme le mystère de l'intelligence est en fait le passage d'une identité à une autre. Il est de bon ton de considérer que toute chose à une fin, une forme d'unité physique et mathématique dans laquelle la pensée se veut immobiliste et mécaniste. Ne prenez pas peur, pour vous donnez quelques exemples simples : un employé n'est plus attaché à la Maison qui le nourris et lui permet d'exister et de s'affirmer comme personnalité, le rapport à l'entreprise a depuis longtemps changé et même les dirigeants semblent avoir adopté cette distance malheureuse et destructrice qui veut que l'employé soit simplement un élément mécanique dans un projet (le règne du fonctionnaire). Pourtant le paternalisme catholique avait su réviser cette position... Quoi qu'il en soit, en contradiction avec cette pensée purement utilitariste émerge des océans de l'inconscient adaptatif, la psyché humaine si on peut dire, une attitude au fond plus humaine, sensible et spontanée dans laquelle le mérite et l'intelligence déterminent le rang social. Une forme de renaissance de l'idéal républicain originel au cœur d'une république française corrompue par quelques taches d'autoritarisme utilitariste.

Le mystère de l'intelligence est ici plein et entier car au fond personne ne sait vraiment pourquoi ce phénomène se produit. On a parlé à tort de l'internet, dans sa globalité parlons tout simplement du réseau, comme d'une révolution. A mon sens, il est ici plutôt question d'évolution. D'une évolution en pleine accélération (on passe à la Fibre optique !!). La mise en réseau des consciences est un sujet qui me tiens à coeur et que je traite régulièrement sur ce blog, mais aujourd'hui nous pouvons commencer à voir se matérialiser les premières personnalités affirmées et établies typées « web ». Le « digital native » tel qu'ils furent étudiés en sociologie et psychologie, cette fameuse génération Y, ne serait elle que la première étape d'une évolution en marche ? Une évolution qui vient remplacer l'ordre établi ? Certainement. Un excellent ami étudiant les modes de communication liés au pouvoir, nous livre récemment une de ces études sur le sujet et constate que « la Voix de son Maitre » n'est plus tout à fait une règle absolue et dominante dans les rapports sociaux... Petit aparté, je ne partage pas l'ensemble de la vision idyllique qui est véhiculé dans cette étude, à mon sens toute évolution passe par une phase de remplacement (approche diplomate pour dire « destruction »).

L'internet pousse à révéler une part de l'humain, une double nature : mi animal (donc instinctive et primaire) et une part que je nommerais, au risque d'être taxé de tous les noms, de karmique. Une sorte de conscience unique atomisée qui tend vers un même mouvement unique (le principe de l'unité physique revisité, non pas au travers du prisme de la pensée mécaniste et utilitariste, mais par une approche chaotique, structurée et variable des événements). Internet est un signe de l'évolution. Il vient tout autant changer la société du fait qu'il est fait d'Homme mais régis par des lois autres que les lois positives... une forme de jusnaturalisme numérique sur lequel il est préférable de se greffer plutôt que de chercher à le contrer (qui rime avec « contrôler »). Ecologiquement, car il faut toujours écrire un petit mot sur l'écologie à l'heure qu'il est, le mystère que nous voyons se poursuivre sous nos yeux est l'affirmation de la puissance de la nature sur la volonté orgueilleuse de l'Homme. Au fond, le mystère de l'intelligence est peut être de prendre conscience de cette double approche : être évolutif, soumis aux lois de la nature, travaillant avec elles pour l'explorer, s'explorer et s'enrichir intellectuellement et économiquement.

12.08.2009

Propriété intellectuelle & nom de domaine ?

dossier-msn.pngIl me semblait, mais peut être me trompais je, que la propriété intellectuelle était un droit compliqué qui avait pour but de protéger les créations des citoyens comme si c'était un bien physique. Pourtant, dans la seule dimension que l'homme ai pu créer et qui le rapproche le plus de l'éternité, à savoir Internet, l'on ne dispose pas d'un droit de reconnaissance universelle des biens intellectuelles. Le nom de domaine, par exemple, est un bien acheté pour la durée d'un an. Si nous voulons le conserver, il est nécessaire de le racheter l'année d'après, sinon il pourrait bien être vendu à un autre. Bien sur, il existe et persiste une garantie mais celle ci coûte plus de 200,00 € et n'est garantie que 10 ans : le dépôt de la marque ! (un nom de domaine coûte environs 10,00 €)

Il me semble qu'il y a une curieuse différence entre ce que nous nommons propriété et ce que nous possédons réellement. Mais il en est de même pour pratiquement tout en société. Prenons par exemple une maison, ou bien les revenus que nous gagnons par le fruit de notre travail, tout cela est naturellement taxé (sur taxé ?) par l'Etat qui s'arroge le droit de déterminer qui est propriétaire de qui ne l'est pas. Bon, je l'avoue. Il est possible que mon propos soit quelque peu extrême. Mais pourtant, cela n'est il pas du même acabit ?

Il se trouve que j'aime le droit, en plus d'aimer les évolutions du web. Lors de mon année d'étude, à l'Université de Rouen, un de mes professeurs dont je ne donnerais pas le nom ici, expliquait que la République des Lumières est une république de petits propriétaires. Cela signifie que tout citoyen doit devenir propriétaire de son outil de travail, de son bien, et que l'Etat doit l'aider à cela. C'est peut être une vision quelque peu marxiste de l'Etat, et encore, car le travail est au coeur même de ce raisonnement et les Lumières étaient des libéraux, pour la plus part (Marx aurait il été un libéral ?). Alors la question reste en suspend, qu'est ce qui a bien pu se passer pour que l'Etat produise certains (ironie) viols de la liberté et de la propriété des individus ? Bien sur, nous ne vivons pas éternellement, mais nous devrions jouir de notre bien acquis en le léguant à qui nous désirons, par exemple, sans que là encore l'Etat ne viennent picorer le fruit de toute une vie, méprisant d'une certaine manière, et je suis diplomate de le dire ainsi, les efforts d'une vie entière !

Le nom de domaine, le fruit de l'esprit d'un individu, c'est la même chose selon moi. Nous construisons autour d'un nom, une identité (en tant que Chargé de référencement je pourrais vous en dire long sur le nom de domaine). Lorsque nous acquérons ce nom, nous en devrions en être l'unique propriétaire. Nous devrions pouvoir décider si nous souhaitons le vendre ou non, non pas payer chaque année un droit d'usage supplémentaire. Bien entendu, cela soulève des questions fondamentales comme le fait de rémunérer les agents de l'Etat, les fonctionnaires qui ont choisi (ironie ?) de donner leur vie pour le peuple (ironie ???). Ils sont quelques uns quand même à pouvoir vivre grâce aux impôts que l'on verse à l'Etat. Mais tout de même ! Ces gens là font, lorsqu'ils deviennent fonctionnaire, le choix volontaire de sacrifier leur liberté et leur existence toute entière au service de l'Etat. C'est d'ailleurs ce qui encadre très clairement leur contrat, et c'est ce qui justifie les avantages et le pouvoir dont ils peuvent disposer.

Je ne souhaite pas ici que l'on accuse les fonctionnaires d'être les causes indirectes de la destruction du droit de la propriété. Mais j'aimerais vous faire réfléchir, vous qui me lisez, sur cette question fondamentale : est ce que cela vaut vraiment la peine de travailler si la conséquence finale est que ce travail en nourrisse un autre ? En l'occurrence, si je ne souhaite pas m'attaquer aux fonctionnaires, les pauvres subissent déjà suffisamment de critiques (quelques unes étant plus ou moins fondées), je souhaiterais mettre en lumière la classe politique ! Celle ci dispose de la "confiance" (ironie ou moquerie de l'auteur ?) du peuple, alors pourquoi agit il pour autre chose que pour... lui même ? C'est une sorte de fonctionnaire pour 5 ans, après tout. Sa mission n'est elle pas de servir et uniquement servir ? Et en cas de trahison de cet engagement, en cas de la trahison de la confiance accordée par le peuple, qu'est il juste de faire ? Faut il exiger la destitution ?

Lorsque l'on prive un homme ou une femme de sa liberté d'entreprendre, de sa liberté d'être propriétaire, lorsque l'on prive un enfant de perspective sérieuse d'un avenir dans un monde de valeurs et de respect, lorsque l'on abuse de la confiance et que l'on viol dans la chair et l'esprit la confiance et l'obéissance volontaire d'un citoyen, que mérite-t-on réellement ? Bien sur ces gens là ont une force de frappe considérable pour faire taire toute opposition. Bien sur. Mais les fonctionnaires, eux mêmes, qui servent l'Etat, la classe politique et les bureaucrates, pourraient recouvrer leur identité s'il le souhaitait réellement. En 1789, la révolution fut possible parce que même les soldats de la couronne ont refusé de se plier aux ordres violents des agents de la couronne. Un jour, quelqu'un m'a dit que les hommes et femmes de pouvoir vivaient dans la peur en continue... qu'il n'avait que peu de pouvoir en vérité, car le peuple et la foule dispose elle d'une réelle puissance : l'insurrection ! Peut être que cette personne avait raison, au fond...

C'est étrange toutes les questions que soulève un simple nom de domaine... vous ne trouvez pas ?

09.08.2009

Traire la vache à lait

Il faut bien le reconnaître : en France, les citoyens ne sont plus du tout considéré par l'État. Alors que je lis Hannah Arendt (La condition de l'homme moderne), ce qui me choque personnellement c'est que tout le monde se rend plus ou moins compte que les gouvernements successifs ont perdu toute identité et tout pouvoir, que les puissantes oligarchies qui ont essayé de s'extraire du contrôle de l'État on finalement appris à collaborer avec ses rouages... la bureaucratie.

L'objectif qui n'est même plus dissimulé, puisque l'on parle maintenant de chose comme la grippe H1N1 dans le cadre de la concurrence des laboratoires pour fournir le plus vite un vaccin, est évidement de traire la vache à lait : le citoyen français !

Le plus choquant, le plus perturbant à mon sens c'est l'inactivité. Bien sur, on en parle. Il paraît même que de l'étranger, on est au bord de l'explosion. De la révolution ! Mais entre ce que voient les voisins d'à coté et ce que nous ferons réellement n'y a-t-il pas une marge considérable ? La question ne mérite sans doute pas d'avoir une place dans ces lignes, puisqu'au fond l'Histoire a déjà révélé d'elle même que les actions spontanées étaient particulièrement imprévisibles : 1789, Mai 68, Février 2009. Des actions qui se préparaient depuis longtemps.

La différence étant qu'à ces différentes époques, une utopie persistait. Aujourd'hui, la condition du citoyen est de subir sa place dans la hiérarchie sociale. Sans demander son reste ! Les restes de son existence doivent être vendu, aussi surement qu'un jour sa chair le sera. La partie politique de l'existence humaine n'a plus de sens : la politique a de l'importance lorsque les individus cherchent à vivre entre eux, dans le respect d'un certain nombre d'accord (convenances) permettant ainsi à chacun de progresser selon ses souhaits, ses ambitions.

De nos jours, le règne bureaucratique a imposé pour norme que les citoyens ne soient plus des citoyens mais des fonctionnaires. La mission première de tout individu, quel qu'il soit, est de fonctionné. L'annihilation de toute trace d'intelligence, de personnalité, pour que l'on se positionne dans cet étrange schéma où communisme et capitalisme ont fini par fusionner. Si on peut être capitaliste, il ne faut en aucun cas être méritocrate (ce qui est pourtant le corollaire du capitalisme). Politiquement, le citoyen est mort, la seule chose qu'on attend de lui est qu'il fonctionne : qu'il aille voter, qu'il paie ses impôts et qu'ils consomment les produits mis sur le marché par les oligarques.

Une vache à lait ! Voilà tout ce qu'est le citoyen français ! Une vache à lait. Il n'y a pas de vision sur le long terme, on ignore comment tout cela va finir, mais certainement pas dans l'intérêt des gens. A moins que... un espoir persiste. Dans ce livre qu'il m'est donné de lire, Hannah Arendt évoque le fait que la propriété est en elle même une notion importante dans le déclin de la civilisation occidentale. Non pas qu'il faille la supprimer, mais qu'il soit nécessaire de changer l'appréciation que l'on a de la propriété. Cette notion de propriété, est elle même au cœur des préoccupations du mythe de la Cathédrale et du Bazar. C'est peut être une opportunité...

14.06.2009

Ecologie vs Internet ? - Optimiser le développement numérique

arton10485_1.thumbnail.jpgL'écologie est à la mode. La grande surprise des élections européennes, et une grande fierté d'une certaine manière. On aurait pu assimiler une montée de l'extrême droite (parce que ce n'est pas le cas avec l'UMP ?) au témoignage silencieux d'une population anxieuse, mais en vérité nous confirmons que 16% des électeurs ont considéré que l'avenir avait encore son mot à dire. Et 16% de volonté, 16% de s'accrocher, de se remonter les manches pour essayer d'améliorer un temps la situation, c'est quelque chose de touchant. Quelque chose qu'il faut souligner. Evidemment, les médias en font leur choux gras, mais ce défaut journalistique n'a pas à toucher la blog-o-sphère (sauf sur les blogs des militants... pauvre d'eux mêmes). A se propos, j'aimerais attirer votre attention un instant, et faire une parenthèse, sur un blog possédé par un ami journaliste et diffusant une vidéo de "Danny" : L'écologie en Europe (interview de Cohen Bendit) ! Je vous laisse également savourer le commentaire sous la vidéo...

La parenthèse s'étant refermée, continuons le propos. Cette élection et ce signal optimiste pousse à de nouvelles réflexions fondamentales sur le rapport entre l'écologie et l'internet. Il y a peu, on évoquait le fait que Google générait 7 grammes de CO2, ou 14, ou... bref, vous l'aurez compris, l'article en lui même ne savait plus tellement ce qu'il disait, mais l'objectif certainement recherché par le rédacteur était essentiellement d'user d'un ton provocateur pour attirer néanmoins l'attention sur une question de fond. Oui, quels impacts écologiques l'internet et l'high tech ont ils ? C'est une question profonde, puisqu'elle pourrait justifier de grandes transformations à apporter à notre système, et par la même encourager l'Europe à développer certains de ses grands projets (pour en savoir plus, je vous invite à lire le meilleur magazine sur l'europe que j'ai pu consulter).

Il y a de cela quelques temps, nous vivions encore sous le contrôle absolue et plutôt totalitaire de l'Ere industrielle, maintenant que nous entrons dans l'Ere de l'information, ne pourrait on pas revoir un peu nos système de pensées ? Les transformations sociales récentes témoignent que ceux qui dirigeaient, fut une époque, ne sont plus à présent que semblable à autrui : la hiérarchie se transforme. Les cadres par exemple, n'ont plus de prestigieux que le titre. Certes, les écarts de richesse se creusent, ils reposent non pas sur un échec social mais sur une considération de la propriété et du salariat. Originellement, la république devait rendre les citoyens propriétaires. L'ère industrielle a favorisé l'émergence du salariat. Maintenant, avec l'ère de l'information qui remet en cause le système précédent, lui ayant paradoxalement donné naissance, la propriété est "certainement" une donnée à aborder différement.

L'écologie conduit à considérer chaque élément dans un écosystème défini et compris par son observateur. Il s'agit d'un outil décisionnel par excellence. Les notions de propriétés sont également au coeur de l'écologie, même si les politiques ne l'évoquent pas encore. Si la propriété doit être révisée c'est évidement parce que dans sa définition actuelle, elle est construite sur le modèle de la croissance ininterrompue et absolue (Vous pensez que la terre produit des ressources sans fin ?). La propriété que nous pourrions considérer comme écologiste s'apparente plus à une propriété open source : "je possède mon outil, je l'améliore selon mes besoins". En ce sens, pour optimiser l'écologie, il se pourrait en vérité que l'internet soit le meilleur allié. Vous me direz certainement que l'économie s'en trouvera mal menée, n'est ce pas d'ailleurs pour cela que HADOPI fut créé par le gouvernement Fillon ? Et bien je vous répondrais, qu'importe ! Les politiques pensent maîtriser le monde, mais ils n'en sont que les jouets. La vie du citoyen est le plus important.

30.05.2009

Digital Native

gyj_bor_rou_sha.jpgLa notion de digital native est source de nombreuses critiques. Elle fut, semble-t-il, élaborée par Marc Prensky qui considère ces individus comme étant né avec la technologie que nous connaissons (ordinateur, internet, réseau sociaux, messagerie instantanée, téléphone mobile, baladeur mp3). Cette existence en elle même serait conditionnée par un rapport étroit et affectif avec ces technologies et génèrerait une distinction entre ceux qui y sont venus et ceux qui les ont toujours eu. Les usages et la conception du monde s'en trouverait certainement transformé.

En prenant un peu de temps à discuter et échanger avec certains de mes contacts sur le réseau Facebook, certaines pensées exprimées m'ont surpris En effet, en France, les adultes ont peur de leurs enfants. Les réactions psychologiques sont conditionnées par la peur : retour aux méthodes d'éducations des années 50 et à la sévérité en tout et pour tout. Mais en France, la confusion entre obéissance (contrainte) et autorité (méritée par un comportement digne) est malheureusement victime d'un amalgame aussi, lorsque le sujet des nouvelles générations vient sur la table on ne peut qu'être sur un terrain polémique explosif.

Les raisons sont pourtant évidente. La dégénérescence qui s'opère dans le cadre social pousse les enfants à rompre avec leurs ainés (parents, professeurs, hiérarchie et administration en tout genre). Si on observe cette génération qui est au delà du désenchantement, qu'est ce qui en ressort réellement ? Un coté farouchement pragmatique, un doute sur l'existence et la place de l'homme dans le monde, une identité multiple reposant sur un ensemble de communauté toute aussi volatile et complexe que ses membres. Il est de bon ton de critiquer une jeunesse qui ne rentre pas dans les moules en la traitant en marginale. Mais rappelons ceci dit que la vie est un cycle et que celui qui nait doit, un jour ou l'autre, mourir et laisser sa place aux nouvelles générations.

Ces nouvelles générations justement furent trahi par ceux qui les ont précédé. Ils agissent dans un pur respect de l'équilibre entre part animal et part humaine, par la violence et la technique. Voilà qu'à présent les hautes sphères, les « sachants » se mettent en tête de rééduquer cette génération, et par conséquent de satisfaire ce trouble psychologique qui leur appartient : le besoin de contrôle absolu. Or, le temps est avec cette génération qui a intégré l'idée que les « anciens » ne les comprendrait pas et qu'ils devront construire leur propre système et leur propre monde pour exister et vivre.

Ainsi, le terrain est propice à l'émergence des clans, des cercles, des communautés. La violence est une solution immédiate à ceux qui ne veulent pas se plier à cette réalité, quand aux autres, ils sont en mesure de se souder pour exister et poursuivre ce chemin « absurde » qu'est la vie. Il m'a fallut un certain temps pour comprendre ce processus, car comme bien des individus de ma génération, j'ai avant tout cherché à intégrer le système avant d'en découvrir l'absurdité. C'est ainsi qu'il m'a été donné de trouver quelque chose d'original, de profond, au delà de toute métaphysique, dans les nouvelles technologies et les communautés. Alors l'évidence s'est faite.

Il est toutefois difficile de l'expliquer, et plus dur encore de la faire accepter. Mais comment voulez vous faire réfléchir une personne qui a passé sa vie à se conformer aux normes et à glorifier la république, la démocratie, le capitalisme et les combats sociaux ? Qu'est ce que cela peut bien signifier pour cette personne lorsque des principes aussi simple que le mérite et la survie positionne une personne quel qu'elle soit dans un système naissant ? Les différents affrontement que j'ai livré sur l'idée m'ont amené à penser que la seule et terrible issue à ces mouvements est l'affrontement. Et nous avançons tout droit dans cette voie. Les banlieues se sont organisées, et maintenant elles s'équipent d'arme de guerre se préparant aux conflits internes et aux conflits avec l'extérieur, cette société perdue et mourante. Sur internet, les communautés adoptent des structures nouvelles, et un rejet complet du système et de sa puissance est en cours de propagation dans le monde.

Dans mon activité professionnelle, je suis référenceur. Cette mission est double, elle me permet d'entretenir un rapport technique étroit avec l'informatique, mais aussi de constater les grandes modifications en cours dans les esprits et les usages. Il a fallut segmenter les profils d'internautes et vérifier cette distinction entre les digital natives et les « anciens ». Économiquement parlant, il me paraît indispensable de miser sur les digital natives. De nombreuses études marketing que j'ai pu aborder, ainsi que différentes discussions autour du juridique, ont également confirmé que les Digital natives ont une attitude typiquement matérialiste. Ils sont capables de philosopher, d'échanger des idées et des conceptions identitaires et métaphysiques sur la vie, mais agissent également dans l'immédiat en intégrant le plus de paramètre possible dans leur réflexion. Ils ne sont pas pressés, et savent prendre leur temps pour concrétiser leurs ambitions individuels qui, souvent, se résume en la simplicité dans la complexité. A la satisfaction de leurs besoins.

Un monde, une population toute entière, est issue du chaos. Faut il s'en réjouir ou non ? Peu importe, en vérité. Intégrer se paramètre est l'accepter serait en vérité le plus simple. Sinon, comme je le disais plus haut, la violence sera la seule solution... Il serait dommage d'entrer en guerre, non ?

24.05.2009

Analyse "linuxienne"

linux.jpgIl est difficile de se pencher un instant sur le présent. Surtout dans notre société où nous vivons en perpétuel décalage avec les réalités du monde. Les différents plans qui composent notre monde, notre système, sont secoués par un dur rappel aux réalités : le monde était là avant nous, il pourrait fort bien se passer de nous.

C'est une réalité scientifique que l'on essaie désespérément d'oublier, de chasser de notre conscient au travers de notre travail, de notre vie avec autrui. L'inconscience, et le décalage inhérent en poids décisionnel, est telle ici bas qu'il est difficile d'envisager sereinement un avenir. Bien entendu, nous cherchons tous à nous adapter. A trouver une solution, un chemin dans lequel nous pouvons nous épanouir et chercher à construire un semblant de vie. Et pourtant, rien, aucune des démarches entreprises ne semblent pourtant peser, ou étudier. Les choses ne sont pas immuables, mais elles prennent trop de temps à changer.

Il est vrai qu'on ne peut en attendre trop de la part de concitoyens qui vivent dans la difficulté et le doute. Le système social permettra un temps d'empêcher la trop grande montée en puissance de la misère en ce bas monde, mais pour combien de temps exactement ? Combien de temps avons nous pour nous remettre en cause ? Est ce dans notre nature de le faire ?

De nombreuses cartes sont pourtant à notre portée, comme le savoir qu'offre internet, où bien la vertigineuse ascension des différents logiciels linux qui permettent à la pensée de se manifester pour un coût réduit. Bien entendu, cela va à l'encontre des objectifs économiques et des projets fascisant s'incrustent dans une république démocratique déjà malmenée par les aléas de l'Histoire et les vices individuels : la loi HADOPI en est un bel exemple. Psychologiquement, lorsqu'un difficulté apparaît, il est connu que la plus part des individus cherchent à éviter l'adaptation qui remettrait en cause jusqu'au fondement même de leur vie (éducation, culture, valeurs, croyance, et même le passé historique individuel). Et pourtant.

Si l'on cherche réellement à s'en sortir, ne faut il pas se poser les bonnes questions ? Je sais, nous vivons dans une culture de l'écrit. Une culture positiviste. Héritage inavoué de 1500 ans de catholicisme constitué sur les cendres encore chaudes d'un droit romain en sommeil. Pourtant, la vie ce n'est pas ça. La vie c'est l'adaptation, l'évolution même, pour reprendre un bon mot de Darwin. Le problème qui est, et restera entier, toutefois, est que l'adaptation que nous pourrions attendre de la part des dirigeants, de la part de tout citoyen, ne peut se mettre en place. Peut être est ce que nous approchons de la fin de l'humanité.

On est en droit de se le demander ! Si vous feuilleté Le Point de cette semaine, vous pourrez constater que la Russie, névrosée d'une gloire soviétique qui n'a jamais existé, et les États-Unis, entrainés dans une mécanique malsaine de stabilisation, s'intéressent de très près à la question Arctique pour ses réserves naturelles. Le droit international devrait connaître quelques adaptations afin de satisfaire les derniers caprices des grands groupes à l'image de Total qui poursuivent leur démarche expansionniste s'imaginant à chaque seconde que la croissance est une notion éternelle. On se croirait revenu en plein Moyen-Age. A l'époque aussi, les gens pensaient que leurs âmes étaient éternelles.

On aurait tellement à apprendre en se penchant sur nous même, créature naturelle issue de l'évolution génétique et ayant développé un niveau de conscience inédit (si on peut dire). Et pourtant, on continue d'ouvrir un livre. Non pas pour apprendre et enrichir notre réflexion personnelle et ouvertement individualiste, mais pour en extraire les idées et les appliquées. C'est un beau système médiéval. Un soviétisme à la française. La nomenclature n'existe que parce que trop peu de gens sont en mesure de se dire : je suis un individu à part entière, je peux faire ces choses. Et bien entendu, être responsable de ses choix. Quels doux réconforts que de n'être qu'un pion dans un processus bureaucratique. Alors que Linux commence à croitre dans différents cadres influents, le comportement moyen, lui, n'est pas encore très linuxien.

Mais comment critiquer ces choix ? Après, toute personne ne peut elle attendre de la vie que le bonheur lui soit accordé ? La réussite du parti de M. Besancenot n'est elle pas le témoignage émouvant que brûle encore la flamme du désir utopiste d'un monde meilleur et paradisiaque ? Pas si sur, il ne reste que le NPA. Dernier bastion d'un système sur le point de basculer. Nous parlons de concret, bien entendu. Car dans l'idéologie, la déprime s'est installée et parfois la déprime engendre la mort. Mais sur le plan structurel, lorsque le NPA aura fini par chuter, il y aura bien du souci à ce faire. Sauf s'il perdure, auquel cas la structure restera intact... jusqu'à ce que la nature finisse son déséquilibre, et sa purge de l'espèce humaine. Voilà donc où nous en sommes.

Ce blog est peut être quelque peu pessimiste, mais je pense que cela est bon de rappeler quelques réalités pour avoir les pieds sur terre et envisager ensuite de discuter. Sérieusement discuter ! Il le faut ! Il faut réfléchir à la manière de s'en sortir et accepter que celui qui peut apporter des solutions soit entendu, que ces solutions soient étudiées et qu'elles ne soient pas limitées par quelques conceptions archaïques issues de la culture de l'écrit, et pire encore de cette tendance pernicieuse à tout organisée autour du spectacle et du show business (dédicace au clan Sarkozy).

Concrètement, l'heure est venue de transformer, en partant des profondeurs abyssales, les piliers qui soutiennent notre système. Ne vous inquiétez pas pour autant, vous ne serez pas chargé de cette pleine tache. Vous n'y êtes même pas contraint. Sauf si survivre aux bouleversements actuels vous intéresse un peu plus que d'aller payer 400,00 € votre dernier sac Louis Vuitton (à moins que vous ne l'achetiez sur eBay, en contrefaçon). Par définition, un simple stimuli envoyé dans un système est en mesure de changer en profondeur une habitude de vie. C'est une des règles de l'internet. En repliant le temps et l'espace grâce à l'informatique, il est possible de tout transformer : Facebook est devenu le lieu incontournable de notre civilisation occidentale, il y a quelques temps cela aurait sans doute été une boite de nuit célèbre.

Pourquoi ne pas se servir de l'internet, pour une fois faire quelque chose d'intelligent (depuis Google, il n'y a pas eu grand chose de très humaniste). Obama l'a bien fait, et cela à permis à ce jeune homme parti de rien de devenir quelque chose, avant même d'être quelqu'un. Le fonctionnement philosophique de Linux est donc une réalité, quelque chose de concret qui fonctionne. La cathédrale de béton sera remplacé par la cathédrale de cristal, de grès ou de force. Toute la question est de savoir quand.

23.05.2009

NetJets – un business model très web ?

citationx.jpgLisant un des nombreux magazines de société, une publicité pour la compagnie d'aviation NetJets m'a interpelé. Certes, ce nom, probable diminutif de Network Jets peut faire sourire dans le cadre d'une remarque sur le business et le web. Et pourtant ! Le concept est simple et adapté, tourné résolument vers les différents acteurs du monde des affaires dans un esprit cohérent d'excellence, de qualité et de rationalisation des coûts.

La rationalisation est une idée curieuse qui a enflammé les discours des différents professeurs en école de commerce, les grands débats autour du management et même une certaine approche du rendement voulu par les actionnaires d'une entreprise. Mais cette idée, comme bon nombre, peut être prise et constituée autour d'une philosophie systémique toute particulière. On peut la considérer dans une approche frontale (je mets sur le marché une offre et je croise les doigts pour que ça marche), ou dans une approche collaborative (je discute avec les individus-prospects et construit avec eux une offre adapté à leurs attentes). En e-business, on appelle cela la gestion de la relation client, elle passe essentiellement par un soutien important de la technologie de communication et d'information. Pourtant, elle dépasse également les différentes conceptions marketing en s'orientant volontairement vers des modèles économiques adaptés.

NetJets en est un bel exemple. Le forfait repose, suivant les informations que j'ai pu obtenir, sur la facturation des heures d'utilisations de l'appareil. On ne part pas sur une organisation théorique et spéculative mais avec l'idée simple que le client qui utilise un appareil en est un temps le propriétaire. N'est ce pas très Open Source d'une certaine manière ? La rationalisation des coûts qui en ressort permet un suivi et une gestion comptable accrue, et certainement sereine. Ce type de modèle est, selon moi, l'avenir de toute l'économie capitaliste à l'heure actuelle. Mais ce modèle prendra (et à déjà commencé à le faire) également les routes étroites et dangereuses de la politique et de l'idéologie. Nous en revenons une fois encore, en vérité, au principe de propriété qui, s'il ne doit pas être mis à bat, doit pourtant évoluer.

A l'heure qu'il est, une certaine de classe de lettré (si, si, il en reste encore quelques uns dans notre pays) s'intéresse avec une passion renouvelée à la pensée marxiste. Vous me direz, cela n'est pas réellement une surprise puisque l'on considère que la Crise financière, économique et politique que nous traversons est le signe des temps ! Alors comme tout individu se souciant à la fois de son affaire et de sa société, je me suis moi même penché sur cette question. Si je ne crois pas à ce retour de l'idéologie, je reste pourtant convaincu qu'elle trouvera un écho et inspirera une transformation. Peut être est ce une erreur de ma part de m'avancer autant, mais quelque chose me prête à penser que les fonctionnements Open Source deviendront progressivement des modèles de référence pour la société humaine.

Certes, il reste encore bien du travail, mais les choses se font progressivement au rythme de la conscience (et inconstance) générale. Le collaboratif reste cependant la clé de la stabilisation, selon moi, et le terrain ne fait que se consolider sur cette pensée. Attention toutefois, cela n'impliquera jamais l'émergence d'un monde utopiste et parfait, mais plutôt une idée d'équilibre savamment distillé.

26.04.2009

Configuration en réseau

echec-2.jpgL'auto-entrepreneur, ce statut juridique exploité par le gouvernement dans le but de constituer une liste des personnes pouvant travailler au noir (ne payant pas d'impôts) est en train de séduire un certain nombre de citoyens en France. Et c'est une bonne nouvelle, d'une certaine manière. Seulement, ceux là est aussi un sujet qui pose bien des questions. En effet, nombre de petits artisans et professions libérales se trouvent préoccupés par la venu sur le marché de ces quelques « rigolos » qui savent habillement bien s'organiser.

Sur internet, les communautés ont rapidement fleurie. Bien entendu, certains essaient de se positionner sur ce marché B-to-B très attractif, mais là n'est pas l'axe le plus intéressant. Non, la question que pose l'existence même de l'auto-entrepreneur est lié à l'existence juridique de certaines sociétés. En effet, à quoi cela sert il de créer une entreprise aussi couteuse si on peut gagner raisonnablement sa vie en tant que professionnel grâce à un statut comme celui ci ? L'open source inspire décidément beaucoup de monde, puisque ces auto-entrepreneurs réalisent donc cette répartition des taches en faisant sauter les charges patronales. Bien sur, on pourrait parler, alors, d'un GIE (Groupement d'Intérêt Économique), mais est ce tout à fait cela ?

Une loi libéral qui avait en fait pour origine première de renforcer la présence de l'État dans la vie des concitoyens, pourrait bien devenir un outil de l'émancipation libérale des citoyens. Curieuses idées, n'est ce pas ? Et pourtant, pas tant que ça, cette configuration des choses est très web. Nombre de lycéens et d'étudiants travaillent dors et déjà de cette manière grâce au canal internet : travaillent ensemble, répartissent les taches, aident en ligne, etc. L'information circule rapidement, les ordres sont passés en instantané, et chacun y trouve son intérêt. D'une certaine manière, l'auto-entrepreneur va-t-il ranimer l'esprit d'entreprise ? Un esprit d'innovation dépourvue des ambitions carriéristes et pécuniaires de quelques uns, et soulagé du poids fiscal des gouvernements gaspilleurs.

Car le réseau est une source de revenu, pleinement. Regardons le dernier volet de la Saga Facebook, le jeune PDG a en fin de compte compris qu'il présidait un État de 200.000.000 de citoyens ayant clairement adhéré à sa vision ludique du partage et de l'existence. Les urnes numériques sont ouvertes pour traiter de quelques évolutions dans les conditions d'utilisation. C'est une sage décision de la part de la direction de Facebook de composer avec son réseau. Cela pousse aussi d'autres questions plus « angoissantes ». Si l'auto-entrepreneur pourrait sans doute révolutionner l'entreprise, est ce que Facebook ne pourrait pas révolutionner l'État ? Après tout, lorsque l'on pèse 200.000.000 de personnes venant de leur plein grès et participant au développement du réseau on est peut être un exemple à suivre, non ? Et si on pouvait choisir d'adhérer à un État, plutôt qu'à un autre... vous imaginez ?

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