09.08.2009
Traire la vache à lait
Il faut bien le reconnaître : en France, les citoyens ne sont plus du tout considéré par l'État. Alors que je lis Hannah Arendt (La condition de l'homme moderne), ce qui me choque personnellement c'est que tout le monde se rend plus ou moins compte que les gouvernements successifs ont perdu toute identité et tout pouvoir, que les puissantes oligarchies qui ont essayé de s'extraire du contrôle de l'État on finalement appris à collaborer avec ses rouages... la bureaucratie.
L'objectif qui n'est même plus dissimulé, puisque l'on parle maintenant de chose comme la grippe H1N1 dans le cadre de la concurrence des laboratoires pour fournir le plus vite un vaccin, est évidement de traire la vache à lait : le citoyen français !
Le plus choquant, le plus perturbant à mon sens c'est l'inactivité. Bien sur, on en parle. Il paraît même que de l'étranger, on est au bord de l'explosion. De la révolution ! Mais entre ce que voient les voisins d'à coté et ce que nous ferons réellement n'y a-t-il pas une marge considérable ? La question ne mérite sans doute pas d'avoir une place dans ces lignes, puisqu'au fond l'Histoire a déjà révélé d'elle même que les actions spontanées étaient particulièrement imprévisibles : 1789, Mai 68, Février 2009. Des actions qui se préparaient depuis longtemps.
La différence étant qu'à ces différentes époques, une utopie persistait. Aujourd'hui, la condition du citoyen est de subir sa place dans la hiérarchie sociale. Sans demander son reste ! Les restes de son existence doivent être vendu, aussi surement qu'un jour sa chair le sera. La partie politique de l'existence humaine n'a plus de sens : la politique a de l'importance lorsque les individus cherchent à vivre entre eux, dans le respect d'un certain nombre d'accord (convenances) permettant ainsi à chacun de progresser selon ses souhaits, ses ambitions.
De nos jours, le règne bureaucratique a imposé pour norme que les citoyens ne soient plus des citoyens mais des fonctionnaires. La mission première de tout individu, quel qu'il soit, est de fonctionné. L'annihilation de toute trace d'intelligence, de personnalité, pour que l'on se positionne dans cet étrange schéma où communisme et capitalisme ont fini par fusionner. Si on peut être capitaliste, il ne faut en aucun cas être méritocrate (ce qui est pourtant le corollaire du capitalisme). Politiquement, le citoyen est mort, la seule chose qu'on attend de lui est qu'il fonctionne : qu'il aille voter, qu'il paie ses impôts et qu'ils consomment les produits mis sur le marché par les oligarques.
Une vache à lait ! Voilà tout ce qu'est le citoyen français ! Une vache à lait. Il n'y a pas de vision sur le long terme, on ignore comment tout cela va finir, mais certainement pas dans l'intérêt des gens. A moins que... un espoir persiste. Dans ce livre qu'il m'est donné de lire, Hannah Arendt évoque le fait que la propriété est en elle même une notion importante dans le déclin de la civilisation occidentale. Non pas qu'il faille la supprimer, mais qu'il soit nécessaire de changer l'appréciation que l'on a de la propriété. Cette notion de propriété, est elle même au cœur des préoccupations du mythe de la Cathédrale et du Bazar. C'est peut être une opportunité...
18:47 Publié dans Analyses sociales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, internet, open source, propriété, tromperie, sarkozy
24.05.2009
Analyse "linuxienne"
Il est difficile de se pencher un instant sur le présent. Surtout dans notre société où nous vivons en perpétuel décalage avec les réalités du monde. Les différents plans qui composent notre monde, notre système, sont secoués par un dur rappel aux réalités : le monde était là avant nous, il pourrait fort bien se passer de nous.
C'est une réalité scientifique que l'on essaie désespérément d'oublier, de chasser de notre conscient au travers de notre travail, de notre vie avec autrui. L'inconscience, et le décalage inhérent en poids décisionnel, est telle ici bas qu'il est difficile d'envisager sereinement un avenir. Bien entendu, nous cherchons tous à nous adapter. A trouver une solution, un chemin dans lequel nous pouvons nous épanouir et chercher à construire un semblant de vie. Et pourtant, rien, aucune des démarches entreprises ne semblent pourtant peser, ou étudier. Les choses ne sont pas immuables, mais elles prennent trop de temps à changer.
Il est vrai qu'on ne peut en attendre trop de la part de concitoyens qui vivent dans la difficulté et le doute. Le système social permettra un temps d'empêcher la trop grande montée en puissance de la misère en ce bas monde, mais pour combien de temps exactement ? Combien de temps avons nous pour nous remettre en cause ? Est ce dans notre nature de le faire ?
De nombreuses cartes sont pourtant à notre portée, comme le savoir qu'offre internet, où bien la vertigineuse ascension des différents logiciels linux qui permettent à la pensée de se manifester pour un coût réduit. Bien entendu, cela va à l'encontre des objectifs économiques et des projets fascisant s'incrustent dans une république démocratique déjà malmenée par les aléas de l'Histoire et les vices individuels : la loi HADOPI en est un bel exemple. Psychologiquement, lorsqu'un difficulté apparaît, il est connu que la plus part des individus cherchent à éviter l'adaptation qui remettrait en cause jusqu'au fondement même de leur vie (éducation, culture, valeurs, croyance, et même le passé historique individuel). Et pourtant.
Si l'on cherche réellement à s'en sortir, ne faut il pas se poser les bonnes questions ? Je sais, nous vivons dans une culture de l'écrit. Une culture positiviste. Héritage inavoué de 1500 ans de catholicisme constitué sur les cendres encore chaudes d'un droit romain en sommeil. Pourtant, la vie ce n'est pas ça. La vie c'est l'adaptation, l'évolution même, pour reprendre un bon mot de Darwin. Le problème qui est, et restera entier, toutefois, est que l'adaptation que nous pourrions attendre de la part des dirigeants, de la part de tout citoyen, ne peut se mettre en place. Peut être est ce que nous approchons de la fin de l'humanité.
On est en droit de se le demander ! Si vous feuilleté Le Point de cette semaine, vous pourrez constater que la Russie, névrosée d'une gloire soviétique qui n'a jamais existé, et les États-Unis, entrainés dans une mécanique malsaine de stabilisation, s'intéressent de très près à la question Arctique pour ses réserves naturelles. Le droit international devrait connaître quelques adaptations afin de satisfaire les derniers caprices des grands groupes à l'image de Total qui poursuivent leur démarche expansionniste s'imaginant à chaque seconde que la croissance est une notion éternelle. On se croirait revenu en plein Moyen-Age. A l'époque aussi, les gens pensaient que leurs âmes étaient éternelles.
On aurait tellement à apprendre en se penchant sur nous même, créature naturelle issue de l'évolution génétique et ayant développé un niveau de conscience inédit (si on peut dire). Et pourtant, on continue d'ouvrir un livre. Non pas pour apprendre et enrichir notre réflexion personnelle et ouvertement individualiste, mais pour en extraire les idées et les appliquées. C'est un beau système médiéval. Un soviétisme à la française. La nomenclature n'existe que parce que trop peu de gens sont en mesure de se dire : je suis un individu à part entière, je peux faire ces choses. Et bien entendu, être responsable de ses choix. Quels doux réconforts que de n'être qu'un pion dans un processus bureaucratique. Alors que Linux commence à croitre dans différents cadres influents, le comportement moyen, lui, n'est pas encore très linuxien.
Mais comment critiquer ces choix ? Après, toute personne ne peut elle attendre de la vie que le bonheur lui soit accordé ? La réussite du parti de M. Besancenot n'est elle pas le témoignage émouvant que brûle encore la flamme du désir utopiste d'un monde meilleur et paradisiaque ? Pas si sur, il ne reste que le NPA. Dernier bastion d'un système sur le point de basculer. Nous parlons de concret, bien entendu. Car dans l'idéologie, la déprime s'est installée et parfois la déprime engendre la mort. Mais sur le plan structurel, lorsque le NPA aura fini par chuter, il y aura bien du souci à ce faire. Sauf s'il perdure, auquel cas la structure restera intact... jusqu'à ce que la nature finisse son déséquilibre, et sa purge de l'espèce humaine. Voilà donc où nous en sommes.
Ce blog est peut être quelque peu pessimiste, mais je pense que cela est bon de rappeler quelques réalités pour avoir les pieds sur terre et envisager ensuite de discuter. Sérieusement discuter ! Il le faut ! Il faut réfléchir à la manière de s'en sortir et accepter que celui qui peut apporter des solutions soit entendu, que ces solutions soient étudiées et qu'elles ne soient pas limitées par quelques conceptions archaïques issues de la culture de l'écrit, et pire encore de cette tendance pernicieuse à tout organisée autour du spectacle et du show business (dédicace au clan Sarkozy).
Concrètement, l'heure est venue de transformer, en partant des profondeurs abyssales, les piliers qui soutiennent notre système. Ne vous inquiétez pas pour autant, vous ne serez pas chargé de cette pleine tache. Vous n'y êtes même pas contraint. Sauf si survivre aux bouleversements actuels vous intéresse un peu plus que d'aller payer 400,00 € votre dernier sac Louis Vuitton (à moins que vous ne l'achetiez sur eBay, en contrefaçon). Par définition, un simple stimuli envoyé dans un système est en mesure de changer en profondeur une habitude de vie. C'est une des règles de l'internet. En repliant le temps et l'espace grâce à l'informatique, il est possible de tout transformer : Facebook est devenu le lieu incontournable de notre civilisation occidentale, il y a quelques temps cela aurait sans doute été une boite de nuit célèbre.
Pourquoi ne pas se servir de l'internet, pour une fois faire quelque chose d'intelligent (depuis Google, il n'y a pas eu grand chose de très humaniste). Obama l'a bien fait, et cela à permis à ce jeune homme parti de rien de devenir quelque chose, avant même d'être quelqu'un. Le fonctionnement philosophique de Linux est donc une réalité, quelque chose de concret qui fonctionne. La cathédrale de béton sera remplacé par la cathédrale de cristal, de grès ou de force. Toute la question est de savoir quand.
00:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : linux, open source, internet, politique, ump, sarkozy, socialiste
22.03.2009
L'impact de la logistique
C'est un mot un peu passe partout, il faut le reconnaître. La logistique s'adapte à toute pratique privée et professionnelle, quelle qu'elle soit, dès lors où l'on a conscience de ses avantages. Mais il faut aussi reconnaître que ce mot reste encore associé à l'idée de moyens importants et couteux. Pourtant, je choisis aujourd'hui d'aborder la question de la logistique parce qu'elle est trop souvent associée à des corps complexes d'idées, réservés à quelques initiés diront même certains, et qu'il me semble indispensable que chacun soit parfaitement conscient que la logistique n'est absolument pas quelque chose d'exclusif à une quelconque élite.
D'ailleurs, cette approche de l'élite dans la réflexion est là encore une grossière erreur que j'ai un peu de mal à comprendre. Peut être que vous, qui me lisez, pourriez un jour me l'expliquer. La logistique repose sur le moyen développé et mobilisé dans un but précis. Il s'agit en fait de l'assemblage de corps conceptuels et d'outils concrets dans l'optique unique d'atteindre un résultat voulu. C'est à dire, dans le fond, d'employer son intelligence dans le but d'arriver à son objectif en mobilisant les justes ressources nécessaires.
Lorsque l'on choisi de traiter de la logistique on ne peut que traiter de la société humaine, de l'impact technologique et surtout de la conscience des usages qui peuvent être fait de ces outils. C'est une triste règle de cette drôle de créature qu'est l'humain de ne pas savoir à quoi pourrait lui servir un objet. Imaginez un peu un homme de préhistorique prenant conscience du cailloux et s'amusant à le jeter contre un autre découvre le feu. L'ensemble du genre humain reproduit continuellement cet usage comme s'il était inscrit dans sa génétique. On invente sans trop savoir à quoi cela pourrait être utile. Enfin, on inventait surtout et les inventeurs imposaient jusqu'ici leur loi au marché. Maintenant, les choses tendent à se transformer.
J'ignore sous combien de temps cela se mettra en place, mais la finalité de l'évolution en cours, et qui confirme l'émergence d'un nouveau type de comportement, est que l'usager dominera le développement. Qu'est ce qu'un usager ? C'est une personne qui a vécu depuis le début de son existence entouré d'outils techniques de plus en plus complexe (un ordinateur, l'électroménager, l'internet) et qui, avec le temps, s'interroge sur les usages qu'il pourrait en faire. Et surtout sur les usages qui pourraient être amélioré grâce à son esprit pratique et son coté inventif.
Si nous vivons dans le monde de la complexité, c'est uniquement parce que les corps de masses humaines sont en train d'exploser progressivement. Le marché n'est plus une masse, c'est du cas par cas. D'ailleurs les techniques marketing s'adaptent à ces nouveaux profils. Plus par intuition que par génie car, là encore, les outils sont développés sur le même schéma que notre homme préhistorique. La systématisation est une des clés de l'avenir, en vérité. Puisqu'un individu est, de plus en plus, un système à part entière lorsqu'il franchit les différents cap de réflexion autour de l'éducation, autour de l'enseignement, et lorsqu'il prend surtout conscience de ses propres capacités intellectuelles et physiques.
Lorsque je vous propose de parler de la logistique, vous le sentez bien, je vous propose en faite de parler de l'interconnexion entre les différents systèmes. Une nouvelle démonstration est faite de la clairvoyance et de la règle générale qu'impose sur le modèle de l'Open Source. Bon, si vous pouvez lire mon blog, je peux deviner sans trop me tromper que vous possédez un ordinateur. Comme tout individu vous cherchez à l'optimisez et surtout à vous en servir pour satisfaire certains besoins, mais vous n'êtes pas non plus fou au point de dépenser des milles et des cents dans une gamme de logiciels pour servir vos besoins naissants.
A partir de là, vous allez chercher une réponse qui pourrait se trouver dans l'Open Source systémique et pratique : consultation d'un forum, requête sur un moteur de recherche en entrant les termes « logiciel de traitement de texte gratuit », ou bien en échangeant avec un ami sur Facebook. Là on vous parlera, par exemple, de la suite OpenOffice.org qui est acceptée par un public de plus en plus volumineux. Votre recherche de cette information est une application logistique à part entière puisque vous mettez bout à bout un ensemble de processus visant à l'atteinte d'un but intermédiaire : le téléchargement du logiciel.
De ce but intermédiaire vous agissez dans l'optique de répondre à votre nouveau besoin, c'est à dire en l'occurrence rédiger un super commentaire pour mon blog ! Ce qui caractérise cette démarche c'est une combinaison d'intuitions, d'usages et de réflexions qui vous permettent de matérialiser votre volonté. Et c'est cela la logistique. La technique devient de plus en plus poussée et élaborée, pour s'incruster dans le monde de la complexité et obtenir la meilleure des précisions. A tel point que l'ordre de masse établi se renverse de plus en plus.
Ce type de procédé va tendre vers la généralisation et le citoyen lambda va tendre vers l'indépendance et le positionnement au sein d'un groupe suivant ses propres compétences. L'impact de la logistique se situe au niveau de l'émancipation vis à vis des autorités en place qui désiraient conserver leur domination. La soumission volontaire serait par conséquent amenée à prendre le relais, et les comportements pourraient évoluer dans cette voie. Lorsque les élites intellectuelles, politiques, militaires, économiques ou culturelles évoquent les bienfaits de la logistiques ces pauvres malheureux ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de se tirer une balle dans le pied !
Qu'il en soit ainsi pourtant, ce serait sans doute mieux pour l'ordre du monde que le consensus et la collaboration remplace les systèmes de hiérarchie fondée sur le diplôme au dépend du pratique et de la réflexion. J'insiste par ailleurs bien sur le terme « réflexion » car l'esprit pratique dispensé de logique et d'intelligence ne serait être que l'ouvrier du début du XX ème siècle : ceux vers quoi se dirigent déjà les cadres et professions intellectuelles, malheureusement pour eux.
16:40 Publié dans Web et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : logistique, open source, openoffice, logiciel, internet

