01.12.2009

Le mystère de l'intelligence

blade-runner-eye1.jpgLes semaines passent, les questions restent et s'enrichissent. L'équation globale de progression et de reconfiguration de la société humain se poursuit, et les inconnues du calcul se dévoilent en souffrance : si vous allumez la télévision, écoutez la radio ou lisez les actualités sur internet, vous découvrirez sans grande surprise que le monde se déchire et que la souffrance reste la seule constante quotidienne. En période de crise cela est bien dommage. Mais c'est ainsi. Une forme de normalisation dans les attitudes segmente en deux la réalité : on savait déjà que la France était un pays devenu ”schizophrène ” avec l'âge, on ignorait encore ce que cela signifiait. Maintenant, certaines pistes peuvent être explorée.

Ce que j'identifie comme le mystère de l'intelligence est en fait le passage d'une identité à une autre. Il est de bon ton de considérer que toute chose à une fin, une forme d'unité physique et mathématique dans laquelle la pensée se veut immobiliste et mécaniste. Ne prenez pas peur, pour vous donnez quelques exemples simples : un employé n'est plus attaché à la Maison qui le nourris et lui permet d'exister et de s'affirmer comme personnalité, le rapport à l'entreprise a depuis longtemps changé et même les dirigeants semblent avoir adopté cette distance malheureuse et destructrice qui veut que l'employé soit simplement un élément mécanique dans un projet (le règne du fonctionnaire). Pourtant le paternalisme catholique avait su réviser cette position... Quoi qu'il en soit, en contradiction avec cette pensée purement utilitariste émerge des océans de l'inconscient adaptatif, la psyché humaine si on peut dire, une attitude au fond plus humaine, sensible et spontanée dans laquelle le mérite et l'intelligence déterminent le rang social. Une forme de renaissance de l'idéal républicain originel au cœur d'une république française corrompue par quelques taches d'autoritarisme utilitariste.

Le mystère de l'intelligence est ici plein et entier car au fond personne ne sait vraiment pourquoi ce phénomène se produit. On a parlé à tort de l'internet, dans sa globalité parlons tout simplement du réseau, comme d'une révolution. A mon sens, il est ici plutôt question d'évolution. D'une évolution en pleine accélération (on passe à la Fibre optique !!). La mise en réseau des consciences est un sujet qui me tiens à coeur et que je traite régulièrement sur ce blog, mais aujourd'hui nous pouvons commencer à voir se matérialiser les premières personnalités affirmées et établies typées « web ». Le « digital native » tel qu'ils furent étudiés en sociologie et psychologie, cette fameuse génération Y, ne serait elle que la première étape d'une évolution en marche ? Une évolution qui vient remplacer l'ordre établi ? Certainement. Un excellent ami étudiant les modes de communication liés au pouvoir, nous livre récemment une de ces études sur le sujet et constate que « la Voix de son Maitre » n'est plus tout à fait une règle absolue et dominante dans les rapports sociaux... Petit aparté, je ne partage pas l'ensemble de la vision idyllique qui est véhiculé dans cette étude, à mon sens toute évolution passe par une phase de remplacement (approche diplomate pour dire « destruction »).

L'internet pousse à révéler une part de l'humain, une double nature : mi animal (donc instinctive et primaire) et une part que je nommerais, au risque d'être taxé de tous les noms, de karmique. Une sorte de conscience unique atomisée qui tend vers un même mouvement unique (le principe de l'unité physique revisité, non pas au travers du prisme de la pensée mécaniste et utilitariste, mais par une approche chaotique, structurée et variable des événements). Internet est un signe de l'évolution. Il vient tout autant changer la société du fait qu'il est fait d'Homme mais régis par des lois autres que les lois positives... une forme de jusnaturalisme numérique sur lequel il est préférable de se greffer plutôt que de chercher à le contrer (qui rime avec « contrôler »). Ecologiquement, car il faut toujours écrire un petit mot sur l'écologie à l'heure qu'il est, le mystère que nous voyons se poursuivre sous nos yeux est l'affirmation de la puissance de la nature sur la volonté orgueilleuse de l'Homme. Au fond, le mystère de l'intelligence est peut être de prendre conscience de cette double approche : être évolutif, soumis aux lois de la nature, travaillant avec elles pour l'explorer, s'explorer et s'enrichir intellectuellement et économiquement.

12.08.2009

Propriété intellectuelle & nom de domaine ?

dossier-msn.pngIl me semblait, mais peut être me trompais je, que la propriété intellectuelle était un droit compliqué qui avait pour but de protéger les créations des citoyens comme si c'était un bien physique. Pourtant, dans la seule dimension que l'homme ai pu créer et qui le rapproche le plus de l'éternité, à savoir Internet, l'on ne dispose pas d'un droit de reconnaissance universelle des biens intellectuelles. Le nom de domaine, par exemple, est un bien acheté pour la durée d'un an. Si nous voulons le conserver, il est nécessaire de le racheter l'année d'après, sinon il pourrait bien être vendu à un autre. Bien sur, il existe et persiste une garantie mais celle ci coûte plus de 200,00 € et n'est garantie que 10 ans : le dépôt de la marque ! (un nom de domaine coûte environs 10,00 €)

Il me semble qu'il y a une curieuse différence entre ce que nous nommons propriété et ce que nous possédons réellement. Mais il en est de même pour pratiquement tout en société. Prenons par exemple une maison, ou bien les revenus que nous gagnons par le fruit de notre travail, tout cela est naturellement taxé (sur taxé ?) par l'Etat qui s'arroge le droit de déterminer qui est propriétaire de qui ne l'est pas. Bon, je l'avoue. Il est possible que mon propos soit quelque peu extrême. Mais pourtant, cela n'est il pas du même acabit ?

Il se trouve que j'aime le droit, en plus d'aimer les évolutions du web. Lors de mon année d'étude, à l'Université de Rouen, un de mes professeurs dont je ne donnerais pas le nom ici, expliquait que la République des Lumières est une république de petits propriétaires. Cela signifie que tout citoyen doit devenir propriétaire de son outil de travail, de son bien, et que l'Etat doit l'aider à cela. C'est peut être une vision quelque peu marxiste de l'Etat, et encore, car le travail est au coeur même de ce raisonnement et les Lumières étaient des libéraux, pour la plus part (Marx aurait il été un libéral ?). Alors la question reste en suspend, qu'est ce qui a bien pu se passer pour que l'Etat produise certains (ironie) viols de la liberté et de la propriété des individus ? Bien sur, nous ne vivons pas éternellement, mais nous devrions jouir de notre bien acquis en le léguant à qui nous désirons, par exemple, sans que là encore l'Etat ne viennent picorer le fruit de toute une vie, méprisant d'une certaine manière, et je suis diplomate de le dire ainsi, les efforts d'une vie entière !

Le nom de domaine, le fruit de l'esprit d'un individu, c'est la même chose selon moi. Nous construisons autour d'un nom, une identité (en tant que Chargé de référencement je pourrais vous en dire long sur le nom de domaine). Lorsque nous acquérons ce nom, nous en devrions en être l'unique propriétaire. Nous devrions pouvoir décider si nous souhaitons le vendre ou non, non pas payer chaque année un droit d'usage supplémentaire. Bien entendu, cela soulève des questions fondamentales comme le fait de rémunérer les agents de l'Etat, les fonctionnaires qui ont choisi (ironie ?) de donner leur vie pour le peuple (ironie ???). Ils sont quelques uns quand même à pouvoir vivre grâce aux impôts que l'on verse à l'Etat. Mais tout de même ! Ces gens là font, lorsqu'ils deviennent fonctionnaire, le choix volontaire de sacrifier leur liberté et leur existence toute entière au service de l'Etat. C'est d'ailleurs ce qui encadre très clairement leur contrat, et c'est ce qui justifie les avantages et le pouvoir dont ils peuvent disposer.

Je ne souhaite pas ici que l'on accuse les fonctionnaires d'être les causes indirectes de la destruction du droit de la propriété. Mais j'aimerais vous faire réfléchir, vous qui me lisez, sur cette question fondamentale : est ce que cela vaut vraiment la peine de travailler si la conséquence finale est que ce travail en nourrisse un autre ? En l'occurrence, si je ne souhaite pas m'attaquer aux fonctionnaires, les pauvres subissent déjà suffisamment de critiques (quelques unes étant plus ou moins fondées), je souhaiterais mettre en lumière la classe politique ! Celle ci dispose de la "confiance" (ironie ou moquerie de l'auteur ?) du peuple, alors pourquoi agit il pour autre chose que pour... lui même ? C'est une sorte de fonctionnaire pour 5 ans, après tout. Sa mission n'est elle pas de servir et uniquement servir ? Et en cas de trahison de cet engagement, en cas de la trahison de la confiance accordée par le peuple, qu'est il juste de faire ? Faut il exiger la destitution ?

Lorsque l'on prive un homme ou une femme de sa liberté d'entreprendre, de sa liberté d'être propriétaire, lorsque l'on prive un enfant de perspective sérieuse d'un avenir dans un monde de valeurs et de respect, lorsque l'on abuse de la confiance et que l'on viol dans la chair et l'esprit la confiance et l'obéissance volontaire d'un citoyen, que mérite-t-on réellement ? Bien sur ces gens là ont une force de frappe considérable pour faire taire toute opposition. Bien sur. Mais les fonctionnaires, eux mêmes, qui servent l'Etat, la classe politique et les bureaucrates, pourraient recouvrer leur identité s'il le souhaitait réellement. En 1789, la révolution fut possible parce que même les soldats de la couronne ont refusé de se plier aux ordres violents des agents de la couronne. Un jour, quelqu'un m'a dit que les hommes et femmes de pouvoir vivaient dans la peur en continue... qu'il n'avait que peu de pouvoir en vérité, car le peuple et la foule dispose elle d'une réelle puissance : l'insurrection ! Peut être que cette personne avait raison, au fond...

C'est étrange toutes les questions que soulève un simple nom de domaine... vous ne trouvez pas ?