23.09.2009

Quand la loi n'est plus qu'une affaire privée

 

765247.jpgVoilà quelques temps que le dossier Clearstream fascine. Cette affaire aux allures de thriller financier mettant en scène les services secrets, les grandes dynasties industrielles et les plus hautes instances du pouvoir se révèle être la remise en cause fondamentale d'un système juridique en fin de vie. Le domaine du Droit écrit s'étant largement étendue, nous assistons aujourd'hui à sa transformation et à son rejet pur et simple par les différentes couches de la société civile. Dans le domaine du web, et plus particulièrement suite aux projets HADOPI qui réalisèrent un coup de pub fabuleux au Creative Commons, la notion juridique n'apparait plus comme étant une donnée inébranlable et absolue mais comme une option.

L'affaire Clearstream, tout comme la résistance des internautes, va mettre à mal un secteur ayant sérieusement besoin de s'adapter aux réalités car on aimait dire que le propre de la Loi, jusqu'à présent, était de s'appliquer à tous dans l'intérêt de tous. D'une certaine manière, cette définition précisait le caractère contraignant de la Loi. Afin de la faire passer en douceur, on complètait généralement cette définition par l'idée que la Loi est produite par des hommes et femmes choisis démocratiquement. Ceci étant dit, nous sommes contraint de considérer au dessus de cette définition aisée les organisations politiques, et plus exactement le système des partis. Ils furent les acteurs principaux de la déformation de cette définition.

Tout est affaire de partis et de privé, non de démocratie. L'affaire Clearstream tout autant que HADOPI sont deux manifestations de ce détournement qui condamnent le Droit écrit au profit d'un Droit semi-écrit et semi-coutumier paradoxalement individuel. Dominique de Villepin, après sa formidable ascension, pourrait bien devenir un des hommes les plus puissants de France grâce à son ennemi mortel Nicolas Sarkozy. En effet, le président de la République, souhaitait certainement la politisation de ce procès estimant sans doute que celui-ci serait une nouvelle fois l'expression de sa toute puissance sur le pays. Mais en faisant cela, Nicolas Sarkozy a donné à son opposition réelle (et non pas à cet ersatz politique que l'on nomme « gauche ») une tête de fil, une icône.

La politisation qui se joue en ce moment même aura des répercussions profondes sur le paysage juridique et politique, à court, moyen et long terme. Une faute stratégique de la part d'un homme qui jusqu'ici semblait briller par son aptitude à savoir semer autour de lui le chaos et le désordre pour se maintenir en place. Une carte à jouer pour toute personne souhaitant faire bouger les choses. Le droit se révélera progressivement comme outil des affaires privées des clans, et sa transformation devra nécessairement en suivre. L'usage fait de la Loi par l'Élysée est un usage condamnable. On ne peut considérer la Loi, le fruit de la société issue des citoyens, comme étant un instrument que l'on vend aux personnalités du monde économique. Pourtant, la France souffre encore de l'illusion qu'elle maitrise son Droit. Et le réveil sera, lui, difficile.

En bon avocat, le président de la République a traiter le pouvoir législatif avec mépris. Mais à son grand tort il a osé s'attaquer à trois types d'individus qu'il aurait mieux fait de laisser rêver : les journalistes, les informaticiens et les républicains. Il semble toutefois juste que le micro-président ai su se positionner de la sorte, puisqu'il est né des déviances de la Loi et qu'il a appris à user de la Loi comme celle ci lui avait appris : Le créateur (Le Droit) qui engendre la créature (Nicolas Sarkozy) qui détruira le créateur (Le Droit-La Démocratie). Un cycle curieux qui se reproduit une fois encore, mais cette fois pour le compte de M. Sarkozy : le créateur (Nicolas Sarkozy) qui génère la créature (Dominique de Villepin) qui détruira le créateur (Nicolas Sarkozy). On dirait presque une Loi universelle... Ironie de la vie qui nous réserve en tous les cas, un superbe affrontement dans l'arène judiciaire.

 

12.08.2009

Propriété intellectuelle & nom de domaine ?

dossier-msn.pngIl me semblait, mais peut être me trompais je, que la propriété intellectuelle était un droit compliqué qui avait pour but de protéger les créations des citoyens comme si c'était un bien physique. Pourtant, dans la seule dimension que l'homme ai pu créer et qui le rapproche le plus de l'éternité, à savoir Internet, l'on ne dispose pas d'un droit de reconnaissance universelle des biens intellectuelles. Le nom de domaine, par exemple, est un bien acheté pour la durée d'un an. Si nous voulons le conserver, il est nécessaire de le racheter l'année d'après, sinon il pourrait bien être vendu à un autre. Bien sur, il existe et persiste une garantie mais celle ci coûte plus de 200,00 € et n'est garantie que 10 ans : le dépôt de la marque ! (un nom de domaine coûte environs 10,00 €)

Il me semble qu'il y a une curieuse différence entre ce que nous nommons propriété et ce que nous possédons réellement. Mais il en est de même pour pratiquement tout en société. Prenons par exemple une maison, ou bien les revenus que nous gagnons par le fruit de notre travail, tout cela est naturellement taxé (sur taxé ?) par l'Etat qui s'arroge le droit de déterminer qui est propriétaire de qui ne l'est pas. Bon, je l'avoue. Il est possible que mon propos soit quelque peu extrême. Mais pourtant, cela n'est il pas du même acabit ?

Il se trouve que j'aime le droit, en plus d'aimer les évolutions du web. Lors de mon année d'étude, à l'Université de Rouen, un de mes professeurs dont je ne donnerais pas le nom ici, expliquait que la République des Lumières est une république de petits propriétaires. Cela signifie que tout citoyen doit devenir propriétaire de son outil de travail, de son bien, et que l'Etat doit l'aider à cela. C'est peut être une vision quelque peu marxiste de l'Etat, et encore, car le travail est au coeur même de ce raisonnement et les Lumières étaient des libéraux, pour la plus part (Marx aurait il été un libéral ?). Alors la question reste en suspend, qu'est ce qui a bien pu se passer pour que l'Etat produise certains (ironie) viols de la liberté et de la propriété des individus ? Bien sur, nous ne vivons pas éternellement, mais nous devrions jouir de notre bien acquis en le léguant à qui nous désirons, par exemple, sans que là encore l'Etat ne viennent picorer le fruit de toute une vie, méprisant d'une certaine manière, et je suis diplomate de le dire ainsi, les efforts d'une vie entière !

Le nom de domaine, le fruit de l'esprit d'un individu, c'est la même chose selon moi. Nous construisons autour d'un nom, une identité (en tant que Chargé de référencement je pourrais vous en dire long sur le nom de domaine). Lorsque nous acquérons ce nom, nous en devrions en être l'unique propriétaire. Nous devrions pouvoir décider si nous souhaitons le vendre ou non, non pas payer chaque année un droit d'usage supplémentaire. Bien entendu, cela soulève des questions fondamentales comme le fait de rémunérer les agents de l'Etat, les fonctionnaires qui ont choisi (ironie ?) de donner leur vie pour le peuple (ironie ???). Ils sont quelques uns quand même à pouvoir vivre grâce aux impôts que l'on verse à l'Etat. Mais tout de même ! Ces gens là font, lorsqu'ils deviennent fonctionnaire, le choix volontaire de sacrifier leur liberté et leur existence toute entière au service de l'Etat. C'est d'ailleurs ce qui encadre très clairement leur contrat, et c'est ce qui justifie les avantages et le pouvoir dont ils peuvent disposer.

Je ne souhaite pas ici que l'on accuse les fonctionnaires d'être les causes indirectes de la destruction du droit de la propriété. Mais j'aimerais vous faire réfléchir, vous qui me lisez, sur cette question fondamentale : est ce que cela vaut vraiment la peine de travailler si la conséquence finale est que ce travail en nourrisse un autre ? En l'occurrence, si je ne souhaite pas m'attaquer aux fonctionnaires, les pauvres subissent déjà suffisamment de critiques (quelques unes étant plus ou moins fondées), je souhaiterais mettre en lumière la classe politique ! Celle ci dispose de la "confiance" (ironie ou moquerie de l'auteur ?) du peuple, alors pourquoi agit il pour autre chose que pour... lui même ? C'est une sorte de fonctionnaire pour 5 ans, après tout. Sa mission n'est elle pas de servir et uniquement servir ? Et en cas de trahison de cet engagement, en cas de la trahison de la confiance accordée par le peuple, qu'est il juste de faire ? Faut il exiger la destitution ?

Lorsque l'on prive un homme ou une femme de sa liberté d'entreprendre, de sa liberté d'être propriétaire, lorsque l'on prive un enfant de perspective sérieuse d'un avenir dans un monde de valeurs et de respect, lorsque l'on abuse de la confiance et que l'on viol dans la chair et l'esprit la confiance et l'obéissance volontaire d'un citoyen, que mérite-t-on réellement ? Bien sur ces gens là ont une force de frappe considérable pour faire taire toute opposition. Bien sur. Mais les fonctionnaires, eux mêmes, qui servent l'Etat, la classe politique et les bureaucrates, pourraient recouvrer leur identité s'il le souhaitait réellement. En 1789, la révolution fut possible parce que même les soldats de la couronne ont refusé de se plier aux ordres violents des agents de la couronne. Un jour, quelqu'un m'a dit que les hommes et femmes de pouvoir vivaient dans la peur en continue... qu'il n'avait que peu de pouvoir en vérité, car le peuple et la foule dispose elle d'une réelle puissance : l'insurrection ! Peut être que cette personne avait raison, au fond...

C'est étrange toutes les questions que soulève un simple nom de domaine... vous ne trouvez pas ?

02.07.2009

La recherche identitaire

Internet soulève de nombreuses questions sur le plan identitaire. En effet, passant pratiquement inaperçu, l'explosion lente et progressive des valeurs unificatrices de notre système politique a favorisé l'apparition de nouvelles structures communautaires. Ces structures communautaires ont  servis de référentiel sur internet, ainsi les principes communautaires sont de plus en plus importants et déterminants dans les attitudes des internautes. Il s'agit bien d'une attitude qui aura des répercussions sur la question politique, inévitablement. A ce propos, nous pouvons constater simplement que les internautes ne se privent pas de dire ce qu'ils pensent des attitudes des personnages publiques. Aussi, l'internet devient essentiellement un outil politique. Malgré les doutes persistants quand à l'influence de la CIA dans les affaires récentes en Iran, on peut être en mesure de penser que les internautes savent exploiter l'internet comme un outil de communication et d'alerte qui transcende largement les frontières juridiques et politiques pour mobiliser des ressources extérieur.

Ce phénomène identitaire nouveau appuyé sur la technologie renforce une pluralité des sensibilités et l'affirmation de cette pluralité existante dans les choix et les actes des individus du globe. La quête identitaire et la globalisation amorcée voici quelques années par les puissances financières est certainement en train de perdre du terrain pour être remplacée par un mouvement social d'un nouveau genre. Le rapprochement entre le mouvement social et la recherche identitaire est important car il est significatif de l'émergence de nouvelles normes dans la société. Bien sur, il y aura toujours des contestataires qui préféreront la privation d'identité au profit d'un pouvoir centralisé surpuissant (je pense entre autre à certains journalistes avec lesquels j'ai eu quelques mots). Mais le comportement conservateur n'est pas des plus constructif et il est bien souvent l'amorce d'un déclin. Observons ainsi l'Eglise Catholique qui, après avoir dominé l'Europe, est largement supplanté par l'Islam. La différence entre les deux religions ? Leur organisation : l'Islam repose sur un modèle de cellules autonomes, le pouvoir est diffus et de ce fait il favorise les développement. D'une certaine manière, si on extrapole quelque peu, le phénomène est similaire dans les mouvements sociaux.

Les syndicats sont désavoués, les mouvements sociaux deviennent multiples. Du fait de leur transversalité, ils sont qualifiés de « sauvages » par les puristes de l'organisation « verticale ». Pourtant nous sommes contraint de relever que la pluralité des mouvements sociaux et de leur mode d'expression est le témoignage même de la toute puissance identitaire que l'organisation verticale et centralisatrice chercha à étouffer durant de si longues années. Politiquement, les puissances ont toujours eu peur des individus capables de se grouper et de s'organiser. Le pouvoir s'est d'ailleurs empressé de recourir à la répression pour contrer certains comportements. Toutefois, la force identitaire est également un puissant moteur de guerre. Et les tensions commencent à apparaître lorsque les communautés sont en mesures de se structurer pour affronter certains adversaires. Les cellules autonomes sont d'ailleurs plus difficiles à repérer et à démanteler. La preuve étant faite avec Al Qaïda que Nicolas Sarkozy a bêtement provoqué avec son dernier coup d'éclat sur la burqa. Mais internet n'est pas un outil terroriste pour autant. A moins que l'on considère que l'existence d'un individu est une potentielle menace terroriste. Je vous laisse juger de cela.

Il ne faut pas se leurrer, il existe des moyens de fédérer. Même si la fédération n'implique pas nécessairement la domination d'un seul. L'une des techniques les plus intéressantes à réaliser repose sur l'unification volontaire des individus autour d'une idée et d'une bannière. Si on aborde la question sous l'oeil des affaires, on parle alors de marque. Une marque est un moyen extraordinaire d'établir une relation et de servir un objectif politique. Qui parle d'objectif politique entend par là une organisation des actions individuelles en une action atomisée allant dans un sens stratégique déterminé démocratiquement. Le problème et la fracture qui existe entre les sphères politiques et les communautés en ligne vient essentiellement du fait que le droit de parole de ces communautés n'est absolument pas respecté. L'ambition individuelle prime encore dans l'attitude des français. C'est une maladie psychique dont souffre notre pays. Elle a pour pathologie le désir profond d'être un petit chef qui confond écoute et contrainte. A titre d'exemple, j'aimerais citer une lointaine période où j'administrais un blog ayant vocation à étudier, présenter et diffuser la pensée libérale dans toute sa richesse. L'UMP m'avait un temps mis en lien, mais rapidement, lorsqu'il fut question d'établir un contact avec le parti, il s'est révélé que cette organisation totalitaire se fichait éperdument de l'opinion individuelle. Le même phénomène est caractéristique des autres partis français qui disposent d'un réseau de blogs où, curieusement (?!), l'aspect participatif fort appréciable en démocratie et sur internet était tout bonnement supprimé : impossible d'écrire un commentaire et de débattre. La démocratie pose problème dans le pays des Droit de l'homme et du citoyen.

La recherche identitaire qui est amorcée et qui passe inévitablement par la manifestation parfois extrême d'opinions aura pourtant raison à plus ou moins long terme de la structure en place. Alors un peu de neutralité et de pluralité seraient les bienvenues dès lors où nous disposons tous du pouvoir extraordinaire que permet la libre circulation des idées via le canal internet. Ces propos sont évidement utopique, car concrètement, l'équilibre n'est humainement atteint qu'après que les conflits aient éclatés et que la violence ai eu raison des conservateurs.

14.06.2009

Ecologie vs Internet ? - Optimiser le développement numérique

arton10485_1.thumbnail.jpgL'écologie est à la mode. La grande surprise des élections européennes, et une grande fierté d'une certaine manière. On aurait pu assimiler une montée de l'extrême droite (parce que ce n'est pas le cas avec l'UMP ?) au témoignage silencieux d'une population anxieuse, mais en vérité nous confirmons que 16% des électeurs ont considéré que l'avenir avait encore son mot à dire. Et 16% de volonté, 16% de s'accrocher, de se remonter les manches pour essayer d'améliorer un temps la situation, c'est quelque chose de touchant. Quelque chose qu'il faut souligner. Evidemment, les médias en font leur choux gras, mais ce défaut journalistique n'a pas à toucher la blog-o-sphère (sauf sur les blogs des militants... pauvre d'eux mêmes). A se propos, j'aimerais attirer votre attention un instant, et faire une parenthèse, sur un blog possédé par un ami journaliste et diffusant une vidéo de "Danny" : L'écologie en Europe (interview de Cohen Bendit) ! Je vous laisse également savourer le commentaire sous la vidéo...

La parenthèse s'étant refermée, continuons le propos. Cette élection et ce signal optimiste pousse à de nouvelles réflexions fondamentales sur le rapport entre l'écologie et l'internet. Il y a peu, on évoquait le fait que Google générait 7 grammes de CO2, ou 14, ou... bref, vous l'aurez compris, l'article en lui même ne savait plus tellement ce qu'il disait, mais l'objectif certainement recherché par le rédacteur était essentiellement d'user d'un ton provocateur pour attirer néanmoins l'attention sur une question de fond. Oui, quels impacts écologiques l'internet et l'high tech ont ils ? C'est une question profonde, puisqu'elle pourrait justifier de grandes transformations à apporter à notre système, et par la même encourager l'Europe à développer certains de ses grands projets (pour en savoir plus, je vous invite à lire le meilleur magazine sur l'europe que j'ai pu consulter).

Il y a de cela quelques temps, nous vivions encore sous le contrôle absolue et plutôt totalitaire de l'Ere industrielle, maintenant que nous entrons dans l'Ere de l'information, ne pourrait on pas revoir un peu nos système de pensées ? Les transformations sociales récentes témoignent que ceux qui dirigeaient, fut une époque, ne sont plus à présent que semblable à autrui : la hiérarchie se transforme. Les cadres par exemple, n'ont plus de prestigieux que le titre. Certes, les écarts de richesse se creusent, ils reposent non pas sur un échec social mais sur une considération de la propriété et du salariat. Originellement, la république devait rendre les citoyens propriétaires. L'ère industrielle a favorisé l'émergence du salariat. Maintenant, avec l'ère de l'information qui remet en cause le système précédent, lui ayant paradoxalement donné naissance, la propriété est "certainement" une donnée à aborder différement.

L'écologie conduit à considérer chaque élément dans un écosystème défini et compris par son observateur. Il s'agit d'un outil décisionnel par excellence. Les notions de propriétés sont également au coeur de l'écologie, même si les politiques ne l'évoquent pas encore. Si la propriété doit être révisée c'est évidement parce que dans sa définition actuelle, elle est construite sur le modèle de la croissance ininterrompue et absolue (Vous pensez que la terre produit des ressources sans fin ?). La propriété que nous pourrions considérer comme écologiste s'apparente plus à une propriété open source : "je possède mon outil, je l'améliore selon mes besoins". En ce sens, pour optimiser l'écologie, il se pourrait en vérité que l'internet soit le meilleur allié. Vous me direz certainement que l'économie s'en trouvera mal menée, n'est ce pas d'ailleurs pour cela que HADOPI fut créé par le gouvernement Fillon ? Et bien je vous répondrais, qu'importe ! Les politiques pensent maîtriser le monde, mais ils n'en sont que les jouets. La vie du citoyen est le plus important.

08.06.2009

Quand internet menace le mandarin

universite_paris_i_pantheon-sorbonne.1222674051.jpgLorsqu'un étudiant venant de l'étranger arrive en France il bascule en plein Moyen-Age. Les universités françaises sont contrôlées par le "grand mandarin" qui estime avoir le droit de vie ou de mort sur chaque étudiant de sa sphère. En effet, dans notre bon vieux pays, parait il que la culture est source de prestige. Les universitaires, diplômées de BAC +5 à BAC +15 parcourent de ce fait les séminaires en exibant leur titre de gloire qui consistait à recracher bêtement ce que "l'ancien" leur dictait. N'est ce pas une belle organisation ? Soulignons de ce fait que le mandarin qui défend le prestige ne cherche en rien l'excellence, au contraire même il prône la médiocrité en interdisant aux étudiants d'être plus réfléchis que leurs maîtres. Bref, nous vivons en plein Moyen-Age, et l'on est même en droit de s'interroger sur la nécessaire séparation de l'Eglise et de l'Etat en matière d'éducation. Franchement, à quoi pouvait bien servir de remplacer le contrôle monopolistique des serviteurs du Saint Siège par le contrôle oligarchique des serviteurs du nombril ?

Bon, ces temps de trouble et de déclin intellectuel français seront-ils sans doute chamboulés par les expériences réalisées par un de nos voisins du Nord : le Danemark. En effet, ce pays n'a pas froid aux yeux et choisi d'autoriser pour les lycéens passant leur BAC l'exploitation de la richesse informationnelle du Web. Il est vrai que la question est posée depuis bien longtemps : quel intérêt peut bien avoir un étudiant ou un lycéen à apprendre par coeur un cours s'il pourra, par la suite, accéder aisément aux connaissances de ce cours sur la Toile ? Evidement, la question n'attire pas les réponses, et encore moins l'intérêt de l'éducation nationale à la française ! Dans un pays où l'on confond "autorité" et "soumission", il n'est guère surprenant que des notions aussi essentielle à une société que l'excellence intellectuelle soit refoulée au rang d'hérésie. A ce propos, qu'est ce que l'excellence intellectuelle ? Certainement pas un ersatz du prestige intellectuelle, il s'agirait plutôt du contraire d'ailleurs. L'excellence est une notion méritocrate, elle implique une attention toute particulière attachée à la réalisation d'une tâche. Si la tâche d'un étudiant est d'étudier, cela signifie-t-il qu'il doit tout savoir ou bien être en mesure de comprendre les choses ?

Quelle explication se rapprocherait le plus de l'excellence ? Selon mon humble avis, disposer d'une montagne de connaissance n'est d'aucune utilité à un être humain. Savoir certaines choses utiles au quotidien, c'est à dire dans la vie professionnelle mais aussi dans la vie citoyenne, est indispensable au bon fonctionnement d'un système. Toutefois, l'apprentissage par la répétition et le fait de "recracher" les connaissances apprises n'entrainent certainement pas une présence d'intelligence et d'excellence. Au mieux, un étudiant diplômé d'une grande université ne pourra-t-il revendiquer que le titre de "médiocrité prestigieuse". Pourquoi ? Tout bonnement parce que la seule motivation d'un trop grand nombre d'étudiant est l'argent et le statut social. En effet, le gaspillage commence dès l'ouverture des universités à une part d'individu trop nombreux. Mais pire encore, cette masse grandissante qui s'agglutine sur les bancs des facultés ne peut être conduite vers la réflexion et l'excellence du fait justement de sa trop grande importance. On lui enseigne une mécanique, une répétition, une sorte d'habitude pour qu'en finalité, de ces quelques cerveaux pouvant être éclairés, ne ressorte que le fonctionnement primaire d'un ouvrier réalisant un douloureux travail à la chaine. Mais qu'importe : le statut social est sauf !

Le statut social sans doute, mais pour l'économie rien n'est moins sûr. En effet, après que les entreprises se soient investies dans les grandes écoles, universités et IAE de France, elles cherchent à présent à transformer leurs capitaux en profits. Quoi de plus naturel ? Si seulement les universités avaient pourtant continué de produire des générations d'individus doués de conscience, capable de réfléchir un tant soit peut et ainsi d'apporter l'innovation et la créativité utile à tout développement stratégique... Savez vous que le salaire moyen des cadres est en baisse ? Savez vous seulement pourquoi ? La Crise ?! Non, la diminution de ce salaire ne date pas de 2008, elle a commencé bien avant cela. Sa légitimité vient du fait que la valeur intellectuelle qu'apportait les universités aux étudiants est maintenant en train de réduire. Comme je l'expliquais plus haut, l'étudiant qui sortira d'HEC sera tout aussi apte à prendre les appels téléphoniques à l'accueil d'une entreprise qu'un autre élève diplômé en secrétariat. Et les entreprises, instruments raisonnés et raisonnables, innovantes et stratèges, ne s'y trompent pas. Voilà pourquoi les conditions deviennent de plus en plus difficile en matière d'enseignement. Le Moyen-Age est en train de parasiter toute évolution à cette situation catastrophique pour une jeunesse qui va déchanter avec les années à venir. Il serait grand temps de renverser le mandarin.

Si le mandarin se trouvait mis à terre, comme il aurait dû l'être il y a de cela bien longtemps, alors les centres du savoir français se seraient adaptés aux nouvelles donnes technologiques et auraient cherché à construire une génération d'étudiants habitués à traiter une masse d'informations multipolaires. Les actuels cours en gestion ne sont qu'une ébauche de ce qui devrait être fait. Dans le foisonnement d'informations qu'engendre internet, et dans la personnalisation qu'il suscite chez les individus de toute classe sociale, le système éducatif français fait office de vieillerie. Des temples du savoir ? Ca ?! 30 ans de retard sur les réalités du monde ! Enfin, heureusement, il est maintenant possible de suivre des formations continues ou des séminaires de toute sorte. Mais pauvre, pauvre génération qui arrive sur le marché... J'ai de la peine pour elle, vous savez.

C'est triste à dire, mais en France, on tue nos enfants !

26.04.2009

Configuration en réseau

echec-2.jpgL'auto-entrepreneur, ce statut juridique exploité par le gouvernement dans le but de constituer une liste des personnes pouvant travailler au noir (ne payant pas d'impôts) est en train de séduire un certain nombre de citoyens en France. Et c'est une bonne nouvelle, d'une certaine manière. Seulement, ceux là est aussi un sujet qui pose bien des questions. En effet, nombre de petits artisans et professions libérales se trouvent préoccupés par la venu sur le marché de ces quelques « rigolos » qui savent habillement bien s'organiser.

Sur internet, les communautés ont rapidement fleurie. Bien entendu, certains essaient de se positionner sur ce marché B-to-B très attractif, mais là n'est pas l'axe le plus intéressant. Non, la question que pose l'existence même de l'auto-entrepreneur est lié à l'existence juridique de certaines sociétés. En effet, à quoi cela sert il de créer une entreprise aussi couteuse si on peut gagner raisonnablement sa vie en tant que professionnel grâce à un statut comme celui ci ? L'open source inspire décidément beaucoup de monde, puisque ces auto-entrepreneurs réalisent donc cette répartition des taches en faisant sauter les charges patronales. Bien sur, on pourrait parler, alors, d'un GIE (Groupement d'Intérêt Économique), mais est ce tout à fait cela ?

Une loi libéral qui avait en fait pour origine première de renforcer la présence de l'État dans la vie des concitoyens, pourrait bien devenir un outil de l'émancipation libérale des citoyens. Curieuses idées, n'est ce pas ? Et pourtant, pas tant que ça, cette configuration des choses est très web. Nombre de lycéens et d'étudiants travaillent dors et déjà de cette manière grâce au canal internet : travaillent ensemble, répartissent les taches, aident en ligne, etc. L'information circule rapidement, les ordres sont passés en instantané, et chacun y trouve son intérêt. D'une certaine manière, l'auto-entrepreneur va-t-il ranimer l'esprit d'entreprise ? Un esprit d'innovation dépourvue des ambitions carriéristes et pécuniaires de quelques uns, et soulagé du poids fiscal des gouvernements gaspilleurs.

Car le réseau est une source de revenu, pleinement. Regardons le dernier volet de la Saga Facebook, le jeune PDG a en fin de compte compris qu'il présidait un État de 200.000.000 de citoyens ayant clairement adhéré à sa vision ludique du partage et de l'existence. Les urnes numériques sont ouvertes pour traiter de quelques évolutions dans les conditions d'utilisation. C'est une sage décision de la part de la direction de Facebook de composer avec son réseau. Cela pousse aussi d'autres questions plus « angoissantes ». Si l'auto-entrepreneur pourrait sans doute révolutionner l'entreprise, est ce que Facebook ne pourrait pas révolutionner l'État ? Après tout, lorsque l'on pèse 200.000.000 de personnes venant de leur plein grès et participant au développement du réseau on est peut être un exemple à suivre, non ? Et si on pouvait choisir d'adhérer à un État, plutôt qu'à un autre... vous imaginez ?

21.03.2009

Perturbation dans les usages et le commerce

Un problème intellectuel

Peut être que vous aussi vous vous intéressez au journalisme, aux écrits de ces gens qui ont choisi de consacrer leur vie à l'observation attentive de la société et à la transmission de leurs analyses dans le « modeste » souhait de vous apporter un regard critique sur le système. Si vous êtes de ces lecteurs, alors vous savez naturellement que la profession est en Crise (comme le reste du pays d'ailleurs). Une crise morale, une crise économique, une crise de pertinence et de légitimité surtout. Les modèles évolues, et malheureusement l'internet qui est étudié sur ce blog est le principal souci de ces professions d'intellectuels sortis, pour la plus part, d'Institut Études Politiques ou des Universités dans lesquelles ont distilles le Savoir comme une denrée rare et précieuse. A l'image des professeurs, ces individus sont donc inquiet puisque l'ensemble des particuliers n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'échanger leurs propres connaissances sur des sites, au sein des forums ou des wiki les plus célèbres.

Une angoisse donc qui ne veut pas se révéler ainsi, puisque la plus part des journalistes considèrent pourtant faire parti de l'élite. En effet, le journal Le Monde, par exemple, rempli de son arrogance légitime due aux nombreuses années de bons et loyaux services d'informations auprès de ses lecteurs continue son dédain naturel à l'égard du blogueur quel qu'il soit. Sauf si ce blogueur tient une chronique, évidement, sur le site « Le Monde.fr ». L'intérêt de la profession journalistique est qu'elle révèle en vérité un problème dans la sphère intellectuelle que seule Le Monde diplomatique tente d'expliquer intelligemment. La dernière publication de « Manière de voir » aborde en effet les débats d'idées et plus particulièrement la mort de l'intellectualisme dans une sorte de configuration industrielle. Sans la nommer toutefois.

L'axe principal du magazine repose sur la soumission des intellectuels aux grandes puissances financières, déplorant par la même cette disparition de l'étrange race que l'on nommait en son temps « l'intellectuel de gauche ». Les professions d'idées, c'est à dire les professions où la technique intellectuelle n'est que le ciment d'un développement beaucoup plus profond et beaucoup plus stratégique pour la société humaine (commerce, politique, social, culture, religieux, etc), sont aujourd'hui mise bien à mal par les évolutions et les transformations des usages liées à l'information. La véritable difficulté dans l'affaire repose, malheureusement, sur la liberté d'accès à l'information et surtout l'implication de l'échange communautaire autour d'une information. Non seulement les intellectuels ne paraissent plus être une denrée rare mais ils sont également en perte de vitesse et de valeurs.

Alors l'intellectuel de gauche se transforme progressivement en un intellectuel de « droite ». Ce qui est entendu dans la bouche des quelques esprits éclairés mais également « révolutionnaire » du Monde diplomatique comme des vendus aux dérives du pouvoir en place. Personnellement, je ne soutiens pas que la droite et le libéralisme soient des composantes d'une philosophie de mercenaire, mais qu'il en est plutôt ainsi à gauche : rappelons nous les dérives des systèmes marxistes ayant été institués, ainsi que les nombreuses affaires où quelques politiques de la gauche française ont vendu de nombreux droits et arrangés de nombreuses affaires au nom du pouvoir ou sous la pression d'un gros chèque à X zéros. Pourtant, si l'on prend aussi un peu de recul, il est vrai que la solution de facilité revient à vendre son talent en terme de conceptualisation pour servir les intérêts de quelques ambitieux sur le terrain des idées. L'internet semble transformer la rareté de l'intellectuel en une banalité, tant et si bien que ceux ci se vende maintenant et perdent ainsi leurs usages et leurs raisons d'être première.

C'est également le cas de la professions journalistiques, d'ailleurs qui est en panique et qui refuse globalement de se remettre en question se tournant vers les pouvoirs publiques dans l'espoir d'obtenir une protection et un semblant de reconnaissance. Mais que se passe-t-il réellement ? Quel est encore cette règle de la complexité qui prend progressivement place dans notre monde ? Est ce que l'internet est un outil aussi négatif et diabolique ? Pourtant, comme tout outil, c'est essentiellement l'utilisation que l'on en fait que détermine de la justesse ou de la négativité de sa raison d'être. Dans cet article, un peu long je le reconnais, je vous invite à vous interroger sur ce que vous offre l'internet en terme « d'alimentation intellectuelle » et sur les usages que vous pouvez faire de cette alimentation. Cette article, en effet, a pour objectif de vous sensibilisez à une autre idée que j'ai évoqué ce mois ci : l'émergence d'une nouvelle race d'individu ayant pour habitude de jongler avec les concepts, les idées et l'information. Je reviendrais plus tard sur ce sujet d'ailleurs, mais dors et déjà, essayons ensemble de comprendre les perturbations que l'internet entraine dans les usages quotidiens et de quelle manière ces usages perturbées se retrouvent projeter sur le marché dans la quête unique de la protection ou du mécénat.

 

Les vices explosent sur internet

Ce matin, alors que je dégustais mon thé, je vis justement un blog sur « Le Monde.fr » où une petite patate découvrait comment on pouvait faire exploser les petits délits sans jamais sortir de son bureau. C'est une vérité, internet permet autant de satisfaire les besoins les plus primaires en donnant l'illusion de l'absence de règle, tant et si bien que les Énarques et autres personnages stupides de notre gouvernement se sont amusés à réglementer l'internet avec une énième Haute Autorité (Cf. Loi HADOPI). Mais les vices n'explosent pas essentiellement à cause de l'internet, mais plutôt à cause d'une configuration de la société qui étouffe toute personne et cherche à réglementer l'ensemble des comportements. En effet, comme ces intellectuels qui se vendent maintenant pour servir la propagande gouvernementale, l'ensemble des gens s'amusent à vendre tout ce qui leur passe par la main (même les souvenirs de famille) dans la recherche d'un meilleur confort dans une société de consommation en phase de saturation.

Les vices explosent sur internet, mais c'est surtout le vice essentiel qui explose. Et pas que sur internet. Lorsque l'on se rend au Tabac-Presse pour acheter son journal, un jeu à gratter, son paquet de cigarette ou encore une boite de bonbon combien de vices sont ainsi satisfait ? Lorsque vous vous rendez au Casino, ou que vous décidez de vous livrez à une partie de Poker entre bon copain, ne satisfaites vous pas également d'autres vices ? L'internet ne fait qu'accélérer au fond une tendance déjà bien en marche dans la société civile, c'est à dire une explosion éthique et surtout une perte d'identité profonde qui pousse tout à chacun à se tourner vers l'État tout en le critiquant amèrement. C'est une des conséquences logiques des idéologies de gauches et syndicales qui, de par leur configurations, ont toujours servit de porte-à-faux du gouvernement et surtout des entités les plus extrêmes quelles qu'elles soient. A partir de ce principe là, les usages sont naturellement perturbés.

Un usage, qu'est ce que c'est ? C'est une habitude que l'on prend dans l'idée de répéter une pratique qui fonctionne. Ce qui fonctionne, par nature, c'est ce qui sert à chaque personne, et la première servi reste l'acteur de l'usage. Or, malheureusement, le dérèglement systémique et idéologiques en cours, c'est à dire le doute perpétuel à l'égard de l'avenir, mais plus encore à l'égard de la vie elle même, a poussé le genre humain à vendre son corps, son âme, ses talents sans réflexion et surtout sans conscience ni respect à son égard. Internet ne fait qu'accélérer ce processus, puisque le temps et l'espace sont repliés sur le réseau. Et que l'essentiel du rapport marchant repose sur l'échange et la communication. Mais en aucun cas il est possible d'estimer comme négatif l'impact de l'internet sur la société. C'est cela même qui peut inquiéter les puissants de ce monde : qu'ils soient intellectuels, politiques ou financiers. Riches ou pauvres. Une telle résistance au changement est terrifiante d'ailleurs, et pour éviter que quoi que ce soit change, le plus terrifiant, combien de personne sont prêtes à payer, à vendre ou à tuer ? Je vous le demande. Alors que tout peut pourtant être si simple et positif et que les solutions résident directement dans l'outil, lui même.

 

Sévérité de l'auto régulation

Nombreux penseurs libéraux l'affirmaient ! On a souvent critiqué ces propos ! On les évoquait comme une légende, même. Et pourtant, la Crise que nous traversons est bien né de quelque chose. Et ce n'est sans doute pas de l'impulsion malveillante de quelques élites. Le monde n'est pas manichéen, et la plus part des gens n'ont pas une vie BCBG, même s'ils veulent le faire croire. Non, il s'agit d'un processus naturel d'autorégulation du système. C'est à dire que les forces en cours, si elles atteignent un certain niveau critique, ne peuvent avoir d'autres conséquences que la destruction. Mais attention, pas une destruction ultime !

Le processus d'autorégulation fait intervenir un principe de création, et plus précisément de transformation. Les difficultés rencontrées à l'heure actuelle sont essentiellement dues à cette résistance au changement et surtout à l'autorégulation qui est en cours. C'est quelque chose d'amusant, parce qu'au fond toute personne est actrice de cette autorégulation et de cette transformation que j'évoque. Voyez vous, lorsque je descendais m'acheter mon journal, il y a quelques jours, le marchand de journaux m'a parlé sensiblement de la Crise en me disant que la Crise n'existait pas. Qu'elle relevait des grands empires commerciaux, pas des petites structures. Fondamentalement, c'est vrai. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que pour que les grands puissent faire certaines choses, il faut qu'ils puissent être soutenu par les petits. A partir de là, descendre dans les rues avec une banderole de négation des difficultés en affirmant que la Crise relevait uniquement des élites est le témoignage d'une mauvaise fois dramatique.

L'autorégulation ne s'intéresse pas à quelques uns, elle se porte sur tous. Si tout à chacun à participer à ces déviances, alors tout à chacun est responsable. Il n'est pas facile de venir faire la leçon lorsque soit même on se livre sur internet, par exemple, à quelques comportements immoraux qui influent sur le monde économique d'une manière où d'une autre. La déviance n'est absolument pas isolée à une couche sociale, elle est générale. Non seulement l'éthique en elle même est une fable, mais de plus la négation de ce statut pousse dans des extrêmes abjectes et destructeurs. Et l'on vend tout !

Les journalistes et les intellectuels qui se vendent, qui se prostituent d'une certaine manière, perdront leur légitimité à faire ce qu'ils font. Et cela à déjà commencé. En effet, on se réfère à des fondations Open Source pour avoir de l'information, pour accéder à la connaissance. On écoute de la musique utilisant les licences GPL et Créatives Commons, on télécharge des logiciels gratuits pour travailler. Toute un état d'esprit nouveau remplacera l'ancien système mis en place. Et progressivement, d'ailleurs, le système en place perd en légitimité. Tout comme les gens qui entretiennent son existence : les élites politiques, mais aussi les révoltés qui descendent dans la rue, ceux qui vont pleurnicher aux portes de l'Élysée, ceux qui passent leur temps à critiquer sans se remonter les manches, etc. L'autorégulation ne fera pas de quartier !

 

Et si l'issue était positive

Mais tout n'est pas aussi terrible, les usages vont changer. Oui, et le commerce retrouvera une place plus humaniste. Car le problème c'est bien que tout ce qui servait les intérêts des communautés fut dévié de leurs origines positives pour n'avoir plus que des conséquences destructrices. Pour ma part, je suis convaincu que l'issue sera positive. Mais je pense aussi qu'elle ne se fera pas sans douleur... enfin, j'aborderais cette question plus en détails une prochaine fois. Je pense vous avoir déjà donné matière à débattre et à réfléchir.

06.02.2009

L’amour du chaos

8e8b7485.jpgHier soir le président de la République française, Monsieur Nicolas Sarkozy, s’est exprimé sur les doutes et préoccupations que provoque Crise. Instant délirant d’humour et de grands moments de télévision car l’Histoire s’est écrite hier. Oui, vous lisez bien. Tout ceci à de quoi divertir en vérité, c’est la comédie humaine qui se joue en ce moment. Deux protagonistes sont mobilisés pour l’occasion : les élites (intellectuels, politiques, membres de la bonne société, etc.) et la plèbe (si vous m’excusez de peu ce terme quelque peu cruel). La seconde annonce aux premières qu’elle refuse de se remonter les manches, de trouver une solution pour s’en sortir par lui-même et réclame la protection de ses gouvernants ; les premières répondent alors, par la bouche du président, qu’il n’y a pas de problème, qu’il ne sait pas comment le protéger, mais que ce n’est pas grave : il le fera quand même. N’est ce pas comique cette situation au fond ?

 

C’est bien l’amour du chaos, du désordre orchestré par la hiérarchisation et le grand écart maintenu entre ceux qui veulent la grandeur et ceux qui se refuse à agir : mais qui est qui ? Une pièce de théâtre se joue en ce moment, c’est la grande histoire d’une humanité dépassée par le monde qu’elle croyait maîtriser. Un monde qui change, qui s’est mis en transition sans questionner l’humanité. Les journalistes du Monde, ces lettrés hautains, commencent même à s’avérer aussi ignare que ceux qu’ils jugeaient par le passé. La morgue de certains leur fait se demander ce qui arrive en fait, et ce qu’ils peuvent bien faire comme si leur avis allait être écouté. Mais non ! Voyons, voyons, quand comprendront ils que l’Homme est mortelle, que le temps ne lui obéit pas et que comme l’esprit et l’imagination qui sont en mouvement, le monde et les forces qui le composent le sont également.

 

Le Chaos n’est pas, comme pourrait le croire Thierry Herman, une représentation de notre époque. Le Chaos est un concept par lequel les ordres établis se trouvent transformés et chamboulés. En informatique, il s’agit toujours de la distinction entre la Cathédral et le Bazar. Le monde était jusqu’à présent une grosse cathédral de béton, Ordo ab Chaos ou Nouvel Ordre Mondial, comme on l’appelle pour se donner un genre. Mais la vie elle-même est tout autre que du béton. La vie est bouillonnante, et omniprésente. Elle a laissé l’Homme faire ce qu’il voulait faire pendant quelques siècles (l’Ere industrielle, entre autre) et, maintenant, la vie reprend ses droits sur l’Homme. Le nouvel ordre mondial sombre dans le chaos, chaos que l’homme pensait créer, mais qui au fond n’a jamais été en son pouvoir. L’orgueil a été l’amorce et sera aussi le décisionnaire de la destruction. L’humilité est la clé de l’évolution. On évolue que lorsqu’on est humble, que lorsque l’on donne un peu de soi.

 

Le commerce sur Internet n’est pas destructeur grâce à ça. Le web est un grand village où la nature reprend ses droits, où la coutume remplace la loi écrite et fixe. Une grande leçon d’humilité se produit sur Internet. Ignorer le web et son impact sur l’ouverture de l’esprit, sur les possibilités infinies de la conscience et sur la gouvernance absolue de la nature des choses, c’est faire preuve de bêtise. Et c’est ce qui terrassera l’humanité à la fin de cette transition. Que ceux qui lisent ceci ne soient pas inquiétés pour autant, parce qu’en fait, c’est plutôt rassurant de savoir que la clé est en nous. Il aurait pu ne pas avoir de clé.

08.01.2009

Internet et le commerce

img3.jpgNous nous interrogeons tous sur notre avenir, sur notre vie professionnelle et sur notre patrimoine. A plus forte raison maintenant que l’ensemble est probablement menacé par le climat économique et financier. Nous hésitons souvent avec l’optimisme idéaliste, ou peut être refuse-t-on simplement de voir la vérité en face : qu’il y a un réel danger. Ce ne serait pas la première fois, après tout, puisqu’il est bien dans la nature des français de fuir la réalité pour se concentrer sur un monde d’idéaux et de projet, de rêves de grandeur, d’apparence et de confort matériel. Votre hôte, autrement dit, reste pourtant assez positif dans ces temps troublés. Est-ce par négation ? Je ne pense pas, plutôt par réflexion et logique.

Un système est une organisation dans laquelle la causalité est inhérente à tout ce qui est décidé. On l’avait oublié, apparemment. Peut être que cela vient du fait que l’argent, qui est tant aimé à notre époque même si on prétend le contraire, est devenu absolument virtuel, à tel point que rien d’autre n’a jamais été aussi inexistant et aussi fluide. Il y a quelques heures, je lisais sur un site que l’heure était à une profonde réflexion sur le capitalisme, que celui-ci ne pourrait jamais ressortir de cette situation sans avoir été transformé en profondeur. Chacun y va de sa petite graine, c’est normal puisque internet est le média qui permet la parole de tout à chacun.

Alors, du fait de ma profession, je me suis interrogé sur le fond du capitalisme et sur son rapport avec l’internet. A l’opposé de certains craintifs qui répondent parfaitement au profil que je décrivais dans mes précédentes ligne, je suis du genre à penser qu’internet va apporter une stabilisation dans le quotidien et dans l’existence de l’humanité. Enfin, si on adapte la sanction à l’égard du piratage informatique qui réponde à l’atteinte d’un outil en mesure d’apporter bien plus à l’homme que quoi que ce soit d’autre en ce bas monde (du genre peine de mort… cela en calmerait certains, vous ne pensez pas ? Comment ça excessif… pensez vous !). Bref, ne nous perdons pas dans quelques propos maladroitement agressif, quand bien même il serait pensé, pour revenir à notre préoccupation du jour : l’internet et le commerce.

C’est un fait, lorsque l’on parle de commerce on parle aussi d’argent. Le capitalisme repose sur l’organisation structurelle de l’argent et de ses mouvements, donc si le capitalisme est une maladie, le commerce l’est également. Enfin, dans le genre raccourci je crois qu’il est difficile de faire mieux, pas vous ? Le commerce est un outil plus qu’une profession, c’est un outil qui permet aux hommes de vivre, d’échanger des savoirs et des productions, de se sentir un peu utile, aussi. Bref, le commerce doublé de l’intelligence structurelle revient à prendre le temps de réfléchir sur ce que l’on fait tout en se questionnant sur l’objectif véritable. Avec internet comme élément de plus en plus dominant dans les mœurs, les décisions, l’enseignement ou même l’économie, que peut on penser ?

Avez-vous déjà entendu parlé du libéralisme ? Bien entendu, je ne parle pas de cette bouillie idéologique que les socialistes et autres politiciens, amateur de politique politicienne, s’amusent à faire du terme et de l’idée. Je parle de la base, c'est-à-dire qu’un individu est en mesure de faire ses choix, et qu’à partir de là, toute chose qui se produit en ce bas monde relève un peu de se responsabilité. C’est ainsi que l’homme est en mesure, par son interaction avec les autres, de réguler certains de ses comportements, de se corriger de divers défauts. La doctrine libérale touche à beaucoup de domaine, et bien entendu au commerce. L’idée du commerce est qu’il est nécessaire qu’une transparence existe, que le marché est capable de s’autoréguler et que l’information est la base d’une économie libérale. Figurez vous que le fondement de l’internet c’est la communication de l’information !!

En partant de cette base, de ce constat, puisqu’il ne s’agit même pas d’un postulat, il est évident de penser que commerce et internet peuvent coexister et même s’épanouir. Dans une approche humaniste est plus respectueuse que celle que nous avons connu jusqu’ici. Pourquoi ? Parce qu’il y a transparence, et que la loi ne peut pas protéger les déviances sur internet comme les a protégé dans la réalité matérielle. Il m’arrive de participer à certaines discussions avec des entrepreneurs, sur des forums. Et par moment, quelqu’un vient et essai de vendre son truc par la tromperie (fausse identité, remarque du genre : c’est super génial). Technique marketing, oui, irrespectueuse, également ! En général il ne faut pas longtemps pour que ce type de démarche soit la cible de quelques fortes personnalités refusant qu’on les prenne pour des imbéciles.

Leçon de l’histoire ou réalité technique ? Un peu des deux, sans doute. Ce type d’exemple appuie l’idée que si le commerce, le capitalisme, doit se renouveler, changer ou s’adapter à son époque, il y a de très forte chance que cela ne puisse être qu’en comptant sur le web pour soutenir un développement plus sain.

28.12.2008

L'économie de l'information

ebayfr.gifLes grandes nouveautés du moment, sur la toile, et en pleine période fête, sont que le Web remplace tout les médias (sauf la "Sanctus Televisius") aux USA, que eBay a du mal à faire face à la Crise et que Amazon s'en sort pas trop mal. On apprend aussi, sur le blog de Aka : Framablog, que quelques penseurs s'inquiètent de voir Linux monter en puissance contre Windows. Tout cela est fort intéressant en soi, en commençant par l'économie de l'information qui concerne le premier sujet que j'évoque ici.

Le processus est en marche, et il remplacera sans doute la totalité des conceptions médiatiques par de nouveaux modèles plus à même de répondre à une interaction honnête entre l'émetteur d'une information et le récepteur de cette information.

Il me semble que ceci peut expliquer cela, que cette question de l'interactivité qui bouscule la transmission unidirectionnelle d'une donnée permet d'expliquer pourquoi eBay connait quelques troubles et pourquoi Amazon se développe. Bien entendu, deux boutiques en ligne ne diffusent pas un contenu autre qu'un contenu marketing, pourtant quelque chose a changé. Voyez vous quoi ? Les standards, les tendances du web qui se déterminent progressivement et permettent aux internautes de trouver ce qu'ils cherchent rapidement selon des critères qu'ils ont hérigé en principes dominants. La question d'eBay est que le site est resté lui même depuis des années, sans s'adapter aux tendances, recherchant le coté "bon site, bon copain" et négligeant sans doute l'hémergeance d'un standard dans la boutique en ligne type et dans la relation client qu'il se devait d'aborder. Amazon de son coté s'est orientée vers ces normes (que l'on retrouve aussi sur Fnac, Cdiscount, etc) tout en gardant sa personnalité propre et sa propre relation client.

L'information, l'économie de l'information résulte en vérité en cette connaissance d'une donnée type qui peut valoir de l'or pour une entreprise. Une hergonomie standardisée, un contenu défini pour l'internaute suivant ses attentes, et l'orientation des stratégies commerciales vers les attentes des e-consommateurs fait grandement la différence. J'ai volontairement choisi de stéréotyper ces constats à la mode "journalistique" afin d'expliquer le fond du problème.

Il est en vérité question d'un verrouillage dans l'interaction, avec eBay elle est devenu unidirectionnelle, alors que Amazon a su changer tout en allant directement à l'essentiel. Et ce qui advient dans la réflexion autour de la monté en puissance de Linux relève du même aspect. Linux ne pourra que s'élever encore pour un moment, d'une part pour sa gratuité, mais aussi par sa réactivité aux attentes des internautes et utilisateurs du monde. Microsoft a commis l'erreur d'imposer sa vision des choses pendant trop longtemps et d'avoir pensé que les tendances du marché était le jeu des entreprises et non pas des clients. C'est une erreur souvent commise de nos jours, les directions préfèrent penser qu'elles disposent de la puissance décisionnelle autour de l'information du besoin, et se contente de quelques statistiques et d'un benchmark pour justifier leurs projets sans entrer réellement dans le marché, sans parler et comprendre les clients. L'économie de l'information est une chose à bien comprendre et définir, on la clarifie en la fréquentant. Il ne s'agit pas de savoir ce qu'il faut diffuser comme information, il faut savoir ce qui en renvoyé comme information.

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