22.07.2009

Retour de l’artisanat grâce aux auto-entrepreneurs

 

INV_Misc_Note_02.jpgLorsque l’on se penche un peu sur les questions juridiques, on sait bien que l’auto-entrepreneur est en train d’ennuyer nombre d’artisans du fait des contraintes administratives encadrant les différents statuts. La France est quand même un sacré pays où l’on interdit d’entreprendre et de gagner un peu d’argent, heureusement que le numérique est plus intelligent que la classe politique française parce que sinon où en serions nous ?

L’artisanat et l’auto-entrepreneur sont en guerres, alors qu’il pourrait en être autrement. Un nombre considérable d’auto-entrepreneur travaille dans l’internet, le statut juridique correspondant parfaitement aux aléas du monde numérique et à la souplesse que celui ci requière en terme de contrainte temporelle. Mais le plus intéressant dans cette affaire réside dans ce que le numérique enseigne aux professionnels qui ont à coeur de bien faire leur travail : la personnalisation est la clé du succès.

La personnalisation au coeur même de l’internet

C’est un schéma en opposition avec la phase industrielle que nous sommes en train de quitter et qui a permis l’émergence des grands groupes de sociétés, la personnalisation est un outil favorisant un retour à l’artisanat et aux organisations en réseau. Afin d’être plus explicite sur ces propos, et plus pédagogique par la même occasion, j’aimerais souligner que notre société industrielle s’est constituée sur l’idée qu’un être humain est semblable à une machine, qu’il a une place dans un système par essence mécanique. En bref, nous sommes dans une société du règne de la Mesure. Pourtant, je vous pose la question simplement : l’homme est il une créature rationnel ? L’homme est il en mesure de vivre dans un monde rationnel ? Et pourquoi l’homme est il fait de névrose s’il était si froid et rationnel qu’on souhaiterait le croire ? En bref, la donne est en train de changer, et l’ère de la mesure voit apparaître l'irrationalité de l’existence dans son processus le plus complexe. Attention toutefois, ce qui est irrationnel est pourtant logique.

Les groupes pourraient être amenés à s’adapter à cette nouvelle donne et en profiter aussi sûrement que les auto-entrepreneurs trouvent leur place dans le système qui se construit à l’heure actuelle. Tout, cela nécessiterait de leur part qu’ils apprennent à travailler sur des bases autres que la maximisation des gains. Mais aussi et le plus important, qu’ils sortent de leur immobilisme conservateur. En effet, la résistance au changement commence lorsque les individus trouvent un certain confort dans leur vie qui leur interdit, de ce fait, de pouvoir avancer et poursuivre des objectifs. Et la France est championne dans cet état de fait. Cette objectif fut le rêve idyllique de biens des générations avant la notre, et elles se sont employées à construire ce rêve un peu plus chaque jour. Toutes les classes sociales et professionnelles furent touchée par ce «nuage de bonheur» universel que l’on se proposait de construire. Jusqu’aux artisans d’ailleurs. On appelle ça l’utopie ! Mais on pourrait aussi appeler ça «le socialisme».

Tout le conflit qui oppose les artisans aux auto-entrepreneurs est construit sur l’idée même du contrôle de l’Etat. Sur la démocratie populaire et la conception archaïque des ordres professionnels garantissant le respect des traditions (nous retombons dans l’idée malsaine du mandarin). Si on peut critiquer notre président de la république, il faut au moins lui reconnaître le mérite d’avoir permis l’apparition de ce souffle «libéral» qu’est l’auto-entrepreneur. Enfin la France commence-t-elle à respirer. On peut même en venir à penser que ce sera une opportunité, et peut être la seule, pour la France de redevenir une grande puissance économique, politique et culturel. Ce qu’elle n’est plus depuis bien longtemps, et ce qu’elle aura dû mal à redevenir du fait du nouvel ordre mondial qui s’établit autour de la Russie, de la Chine, des Etats-Unis et de l’Inde.

L’artisan se réinvente avec le numérique

Au fond, on peut être en droit de s’interroger sur la véritable fonction de l’artisan dans une société civile et économique. L’artisan détient un savoir faire, c’est ce qui lui donne sa force, son image de marque auprès des particuliers et entreprises qui peuvent le contacter. Le problème vient du fait que le droit français s’est cru obligé de définir ce qu’était l’artisanat pour des raisons essentiellement fiscales. Mais il faut sortir un petit peu de ce culte de l’Ecrit «saint» qu’est le juridique, et entrer dans une époque plus concrète et pragmatique. L’artisan est un individu doué d’une expérience et d’une habileté dans son domaine d’activité, il est par essence connu pour le soin particulier qu’il peut apporter à sa production. C’est un travailleur qui veut que l’on reconnaisse son savoir faire, non pas par la sécurité que lui apporte son statut juridique, mais par l’appréciation libre et consenti du marché. C’est en quelque sorte, le gardien de la méritocratie et de l’innovation.

Le problème de notre système est qu’il a tenté de réduire à néant l’artisanat. Pourtant cette catégorie d’individus restent ceux qui sont en mesure de faire bouger les choses dans une nation. Ils en ont les moyens puisqu’ils sont des chefs d’entreprise innovant et conduit chaque jour à se battre pour exister. Juridiquement, le statut le plus approprié à ce type d’individu est évidement l’auto-entreprise. Bien que celle ci soit sévèrement critiquée, à tort d’ailleurs. On ne s’intéresse pas assez aux limites que pose le cadre administratif à l’épanouissement des auto-entreprises mais plutôt aux difficultés que rencontrent des individus vivant dans des conditions difficiles et cherchant à rendre les conditions encore plus difficile en s’attaquant à la seule opportunité réellement sage que les politiques aient pu adopter jusqu’ici, et depuis longtemps.

Le numérique aura de grands impacts sur la qualité du travail des auto-entrepreneurs, car ceux ci, comme je le disais précédemment, baigne dans ce cadre (rien que lors de l’inscription en tant qu’auto-entrepreneur qui pouvait se faire rapidement grâce à internet). Les lois qui gouvernent le web font que l’on ne peut être pris au sérieux et faire du business en ligne que si on peut être à l’écoute de sa clientèle. Le produit personnalisé est un plus considérable. Mais l’informatique n’aura pas réellement pour rôle de remplacer le relationnel, même si on pourrait l’imaginer. Le numérique aura pour but unique d’accompagner ce relationnel et de favoriser le travail de qualité, un travail artisanal, en offrant les perspectives de reconnaissance plus importante que celle que la société industrielle avait établi. D’une certaine manière, l’auto-entrepreneur «numérique» réinvente l’artisanat.

 

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