16.07.2009

Suivre le courant ou le précéder ?

mouton.jpgLe citoyen lambda

Nous sommes en crise, à ce qu’il parait. Pourtant je ne trouve pas que les gens puissent être réellement inquiet, et vous ? Constatons qu’ils continuent de mener leur petite existence «presque tranquille», entre le travail au bureau dans la journée et l’apéro du soir avant de regarder Jean Pierre Foucault présenter «Qui veut gagner des millions ?» sur TF1. En apparence, rien ne change, dans les faits : l’apéro coûte plus cher et TF1 aurait bien besoin de gagner des millions. Le travail au bureau se fait dans une phase difficile où l’on ignore réellement ce qui va arriver et les gamins se demandent réellement à quoi peut bien leur servir le diplôme dont leurs professeurs ne cessent de souligner l’inutilité.

Des promesses utopistes

Pourtant de nombreux phénomène laissait penser que le courant n’allait pas être suivi, il y a de cela quelques mois. Juste après l’effondrement boursier, souvenez vous, les ménages réduisaient leurs dépenses dans les sorties, restaurants et autres extra pour se concentrer à ce qui a un réel intérêt : la famille, l’alimentation, les vêtements, l’appartement et... l’internet. D’ailleurs le e-commerce continue son ascension. La progression des ventes sur la toile reste vertigineuse dans le contexte actuel (+ 26% au premier trimestre), malgré ce que les traditionalistes du secteur des affaires laissaient à penser dans leurs belles études. Et pourtant, cette progression se distingue surtout par sa capacité à évoluer, à se transformer et à renier même l’ordre établi. Songeons à eBay, l’empire de l’enchère en ligne ne sera bientôt plus qu’une légende.

Une économie bouleversée et immobilisée

Toute la question est donc ici : Faut il suivre le courant ou tenter de le précéder ? Bien sur, dans un contexte de crise, on cherche à se sécuriser. Certes. Mais faut il pour autant devenir paranoïaque au point de ne plus jamais rien faire ? Les investissements sont certainement le moteur de l’économie, mais lorsque l’on verrouille 42 milliards d’euro d’investissement (Baromètre des TPE de FIDUCIAL / Ifop), il y a quand même quelques doutes à avoir sur la conscience économique des français. Attention toutefois, ne blamons pas les patrons de TPE, ceux ci cherchent à s’en sortir tant bien que mal dans un contexte grave. Mais pourquoi ne pas fustiger tous ces immobiles qui se laissent aller à croire que le monde dans lequel ils ont vécu jusqu’à présent est en train de mourir ?

La stupidité mortifère comme valeur primordiale

Peut être parce qu’on ne peut pas sauver tout le monde, me direz vous. C’est une bonne réponse, reconnaissons le. Mais c’est bien dommage, il existe de si fort potentiel qui pourraient largement embrasser une carrière dans une profession comme le juridique ou la vente en ayant à porter de main un ordinateur et une connexion au réseau internet. Oui. La clé réside dans le réseau et la confiance. J’en ai déjà longuement parlé sur ce blog. Ceci étant dit, on ne peut tout de même pas chercher à imposer à autrui ce qu’il ne désire pas faire, ce qui ne l’intéresse pas. C’est vrai que la vie n’est pas intéressante en elle même, et qu’il vaut mieux faire «comme tout le monde», rester assis par terre et se laisser mourir. La mort est quand même plus confortable : on s’allonge dans une boite en sapin et on reste là des heures, des jours, des mois, des années...

Trouver ceux qui veulent vivre

Pardon, mais pour une fois (rire) je ne suivrais pas la foule et chercherais à précéder le courant. Non pas le remonter, car à l’heure actuelle c’est peine perdue. Mais plutôt à prendre une autre voie. Une voie parallèle. L’idée est simple : dans un monde qui se meurt où la masse humaine entame un éclatement sociale, il parait indispensable de trouver ceux qui disposent d’une forte capacité d’adaptation. Ceux qui aiment le concret. Qui n’ont pas peur de pousser leur cerveau et leurs émotions aux limites du supportable pour reconsidérer une position qui semblait acquise et toute tracée.

Remplacer le monde qui meurt

Les opportunistes pourraient être satisfaits de la situation si, seulement, ils ne savaient pas être seulement des opportunistes dans un système sociale dépourvue de valeur morale. Car c’était cela, le monde. Aujourd’hui, la donne change quelque peu. Disons par là que les interactions qui se produisent sur internet deviennent également les référentiels du monde IRL. Pour exemple, évoquons le fait que se retrouver à une terrasse de café sans entendre quelqu’un évoqué au cours de la conversation une histoire s’étant déroulée sur Facebook est chose rare. Certaines personnalités semblent avoir décelée rapidement que les choses étaient en train d’évoluer. Pourtant elles doutent encore et toujours, alors qu’elles ont en elles quelque chose de spécial qui fera qu’elles pourront travailler à remplacer le monde qui se meurt.

Internet n’est pas tout, mais il a mis en exergue... quelque chose

Ce serait terrible que de se limiter à un segment précis comme le web. Ce qui m’intéresse sur ce blog c’est de mesurer en quoi internet est en train de transformer le monde. Il fut autant acteur des désordres financiers mis en place que moteur d’une transformation. Mais ceux qui choisissent ainsi de faire vivre cette transformation ne sont pas nécessairement connecté. Ils savent ressentir les choses. Ils savent les vivre. On ne peut pas dire que le monde de demain sera remplacé par le tout numérique, on peut seulement déduire que la conscience humaine se trouvera changée par l’information et le numérique.  La seule question importante est : où se positionner ? Faut il suivre le courant... ou le précéder ? Dans une crise structurel, celui qui suit le courant n’est il pas celui qui agit en conservant comme valeurs celles inculquées par le passé, ces mêmes valeurs qui se meurent ? Celui qui précède, n’est il pas celui, ou celle, qui adopte les valeurs naissantes et les fait sienne en se sachant acteur de ce changement ? Ces questions concernent chaque individu, individuellement et il n’existe pas de règle universelle. Ou plutôt, il n’en existe plus aucune.

 

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