30.05.2009
Digital Native
La notion de digital native est source de nombreuses critiques. Elle fut, semble-t-il, élaborée par Marc Prensky qui considère ces individus comme étant né avec la technologie que nous connaissons (ordinateur, internet, réseau sociaux, messagerie instantanée, téléphone mobile, baladeur mp3). Cette existence en elle même serait conditionnée par un rapport étroit et affectif avec ces technologies et génèrerait une distinction entre ceux qui y sont venus et ceux qui les ont toujours eu. Les usages et la conception du monde s'en trouverait certainement transformé.
En prenant un peu de temps à discuter et échanger avec certains de mes contacts sur le réseau Facebook, certaines pensées exprimées m'ont surpris En effet, en France, les adultes ont peur de leurs enfants. Les réactions psychologiques sont conditionnées par la peur : retour aux méthodes d'éducations des années 50 et à la sévérité en tout et pour tout. Mais en France, la confusion entre obéissance (contrainte) et autorité (méritée par un comportement digne) est malheureusement victime d'un amalgame aussi, lorsque le sujet des nouvelles générations vient sur la table on ne peut qu'être sur un terrain polémique explosif.
Les raisons sont pourtant évidente. La dégénérescence qui s'opère dans le cadre social pousse les enfants à rompre avec leurs ainés (parents, professeurs, hiérarchie et administration en tout genre). Si on observe cette génération qui est au delà du désenchantement, qu'est ce qui en ressort réellement ? Un coté farouchement pragmatique, un doute sur l'existence et la place de l'homme dans le monde, une identité multiple reposant sur un ensemble de communauté toute aussi volatile et complexe que ses membres. Il est de bon ton de critiquer une jeunesse qui ne rentre pas dans les moules en la traitant en marginale. Mais rappelons ceci dit que la vie est un cycle et que celui qui nait doit, un jour ou l'autre, mourir et laisser sa place aux nouvelles générations.
Ces nouvelles générations justement furent trahi par ceux qui les ont précédé. Ils agissent dans un pur respect de l'équilibre entre part animal et part humaine, par la violence et la technique. Voilà qu'à présent les hautes sphères, les « sachants » se mettent en tête de rééduquer cette génération, et par conséquent de satisfaire ce trouble psychologique qui leur appartient : le besoin de contrôle absolu. Or, le temps est avec cette génération qui a intégré l'idée que les « anciens » ne les comprendrait pas et qu'ils devront construire leur propre système et leur propre monde pour exister et vivre.
Ainsi, le terrain est propice à l'émergence des clans, des cercles, des communautés. La violence est une solution immédiate à ceux qui ne veulent pas se plier à cette réalité, quand aux autres, ils sont en mesure de se souder pour exister et poursuivre ce chemin « absurde » qu'est la vie. Il m'a fallut un certain temps pour comprendre ce processus, car comme bien des individus de ma génération, j'ai avant tout cherché à intégrer le système avant d'en découvrir l'absurdité. C'est ainsi qu'il m'a été donné de trouver quelque chose d'original, de profond, au delà de toute métaphysique, dans les nouvelles technologies et les communautés. Alors l'évidence s'est faite.
Il est toutefois difficile de l'expliquer, et plus dur encore de la faire accepter. Mais comment voulez vous faire réfléchir une personne qui a passé sa vie à se conformer aux normes et à glorifier la république, la démocratie, le capitalisme et les combats sociaux ? Qu'est ce que cela peut bien signifier pour cette personne lorsque des principes aussi simple que le mérite et la survie positionne une personne quel qu'elle soit dans un système naissant ? Les différents affrontement que j'ai livré sur l'idée m'ont amené à penser que la seule et terrible issue à ces mouvements est l'affrontement. Et nous avançons tout droit dans cette voie. Les banlieues se sont organisées, et maintenant elles s'équipent d'arme de guerre se préparant aux conflits internes et aux conflits avec l'extérieur, cette société perdue et mourante. Sur internet, les communautés adoptent des structures nouvelles, et un rejet complet du système et de sa puissance est en cours de propagation dans le monde.
Dans mon activité professionnelle, je suis référenceur. Cette mission est double, elle me permet d'entretenir un rapport technique étroit avec l'informatique, mais aussi de constater les grandes modifications en cours dans les esprits et les usages. Il a fallut segmenter les profils d'internautes et vérifier cette distinction entre les digital natives et les « anciens ». Économiquement parlant, il me paraît indispensable de miser sur les digital natives. De nombreuses études marketing que j'ai pu aborder, ainsi que différentes discussions autour du juridique, ont également confirmé que les Digital natives ont une attitude typiquement matérialiste. Ils sont capables de philosopher, d'échanger des idées et des conceptions identitaires et métaphysiques sur la vie, mais agissent également dans l'immédiat en intégrant le plus de paramètre possible dans leur réflexion. Ils ne sont pas pressés, et savent prendre leur temps pour concrétiser leurs ambitions individuels qui, souvent, se résume en la simplicité dans la complexité. A la satisfaction de leurs besoins.
Un monde, une population toute entière, est issue du chaos. Faut il s'en réjouir ou non ? Peu importe, en vérité. Intégrer se paramètre est l'accepter serait en vérité le plus simple. Sinon, comme je le disais plus haut, la violence sera la seule solution... Il serait dommage d'entrer en guerre, non ?
20:48 Publié dans Culture & Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : digital native, internet, société, msn, google, politique, enfant, éducation
24.05.2009
Analyse "linuxienne"
Il est difficile de se pencher un instant sur le présent. Surtout dans notre société où nous vivons en perpétuel décalage avec les réalités du monde. Les différents plans qui composent notre monde, notre système, sont secoués par un dur rappel aux réalités : le monde était là avant nous, il pourrait fort bien se passer de nous.
C'est une réalité scientifique que l'on essaie désespérément d'oublier, de chasser de notre conscient au travers de notre travail, de notre vie avec autrui. L'inconscience, et le décalage inhérent en poids décisionnel, est telle ici bas qu'il est difficile d'envisager sereinement un avenir. Bien entendu, nous cherchons tous à nous adapter. A trouver une solution, un chemin dans lequel nous pouvons nous épanouir et chercher à construire un semblant de vie. Et pourtant, rien, aucune des démarches entreprises ne semblent pourtant peser, ou étudier. Les choses ne sont pas immuables, mais elles prennent trop de temps à changer.
Il est vrai qu'on ne peut en attendre trop de la part de concitoyens qui vivent dans la difficulté et le doute. Le système social permettra un temps d'empêcher la trop grande montée en puissance de la misère en ce bas monde, mais pour combien de temps exactement ? Combien de temps avons nous pour nous remettre en cause ? Est ce dans notre nature de le faire ?
De nombreuses cartes sont pourtant à notre portée, comme le savoir qu'offre internet, où bien la vertigineuse ascension des différents logiciels linux qui permettent à la pensée de se manifester pour un coût réduit. Bien entendu, cela va à l'encontre des objectifs économiques et des projets fascisant s'incrustent dans une république démocratique déjà malmenée par les aléas de l'Histoire et les vices individuels : la loi HADOPI en est un bel exemple. Psychologiquement, lorsqu'un difficulté apparaît, il est connu que la plus part des individus cherchent à éviter l'adaptation qui remettrait en cause jusqu'au fondement même de leur vie (éducation, culture, valeurs, croyance, et même le passé historique individuel). Et pourtant.
Si l'on cherche réellement à s'en sortir, ne faut il pas se poser les bonnes questions ? Je sais, nous vivons dans une culture de l'écrit. Une culture positiviste. Héritage inavoué de 1500 ans de catholicisme constitué sur les cendres encore chaudes d'un droit romain en sommeil. Pourtant, la vie ce n'est pas ça. La vie c'est l'adaptation, l'évolution même, pour reprendre un bon mot de Darwin. Le problème qui est, et restera entier, toutefois, est que l'adaptation que nous pourrions attendre de la part des dirigeants, de la part de tout citoyen, ne peut se mettre en place. Peut être est ce que nous approchons de la fin de l'humanité.
On est en droit de se le demander ! Si vous feuilleté Le Point de cette semaine, vous pourrez constater que la Russie, névrosée d'une gloire soviétique qui n'a jamais existé, et les États-Unis, entrainés dans une mécanique malsaine de stabilisation, s'intéressent de très près à la question Arctique pour ses réserves naturelles. Le droit international devrait connaître quelques adaptations afin de satisfaire les derniers caprices des grands groupes à l'image de Total qui poursuivent leur démarche expansionniste s'imaginant à chaque seconde que la croissance est une notion éternelle. On se croirait revenu en plein Moyen-Age. A l'époque aussi, les gens pensaient que leurs âmes étaient éternelles.
On aurait tellement à apprendre en se penchant sur nous même, créature naturelle issue de l'évolution génétique et ayant développé un niveau de conscience inédit (si on peut dire). Et pourtant, on continue d'ouvrir un livre. Non pas pour apprendre et enrichir notre réflexion personnelle et ouvertement individualiste, mais pour en extraire les idées et les appliquées. C'est un beau système médiéval. Un soviétisme à la française. La nomenclature n'existe que parce que trop peu de gens sont en mesure de se dire : je suis un individu à part entière, je peux faire ces choses. Et bien entendu, être responsable de ses choix. Quels doux réconforts que de n'être qu'un pion dans un processus bureaucratique. Alors que Linux commence à croitre dans différents cadres influents, le comportement moyen, lui, n'est pas encore très linuxien.
Mais comment critiquer ces choix ? Après, toute personne ne peut elle attendre de la vie que le bonheur lui soit accordé ? La réussite du parti de M. Besancenot n'est elle pas le témoignage émouvant que brûle encore la flamme du désir utopiste d'un monde meilleur et paradisiaque ? Pas si sur, il ne reste que le NPA. Dernier bastion d'un système sur le point de basculer. Nous parlons de concret, bien entendu. Car dans l'idéologie, la déprime s'est installée et parfois la déprime engendre la mort. Mais sur le plan structurel, lorsque le NPA aura fini par chuter, il y aura bien du souci à ce faire. Sauf s'il perdure, auquel cas la structure restera intact... jusqu'à ce que la nature finisse son déséquilibre, et sa purge de l'espèce humaine. Voilà donc où nous en sommes.
Ce blog est peut être quelque peu pessimiste, mais je pense que cela est bon de rappeler quelques réalités pour avoir les pieds sur terre et envisager ensuite de discuter. Sérieusement discuter ! Il le faut ! Il faut réfléchir à la manière de s'en sortir et accepter que celui qui peut apporter des solutions soit entendu, que ces solutions soient étudiées et qu'elles ne soient pas limitées par quelques conceptions archaïques issues de la culture de l'écrit, et pire encore de cette tendance pernicieuse à tout organisée autour du spectacle et du show business (dédicace au clan Sarkozy).
Concrètement, l'heure est venue de transformer, en partant des profondeurs abyssales, les piliers qui soutiennent notre système. Ne vous inquiétez pas pour autant, vous ne serez pas chargé de cette pleine tache. Vous n'y êtes même pas contraint. Sauf si survivre aux bouleversements actuels vous intéresse un peu plus que d'aller payer 400,00 € votre dernier sac Louis Vuitton (à moins que vous ne l'achetiez sur eBay, en contrefaçon). Par définition, un simple stimuli envoyé dans un système est en mesure de changer en profondeur une habitude de vie. C'est une des règles de l'internet. En repliant le temps et l'espace grâce à l'informatique, il est possible de tout transformer : Facebook est devenu le lieu incontournable de notre civilisation occidentale, il y a quelques temps cela aurait sans doute été une boite de nuit célèbre.
Pourquoi ne pas se servir de l'internet, pour une fois faire quelque chose d'intelligent (depuis Google, il n'y a pas eu grand chose de très humaniste). Obama l'a bien fait, et cela à permis à ce jeune homme parti de rien de devenir quelque chose, avant même d'être quelqu'un. Le fonctionnement philosophique de Linux est donc une réalité, quelque chose de concret qui fonctionne. La cathédrale de béton sera remplacé par la cathédrale de cristal, de grès ou de force. Toute la question est de savoir quand.
00:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : linux, open source, internet, politique, ump, sarkozy, socialiste
23.05.2009
NetJets – un business model très web ?
Lisant un des nombreux magazines de société, une publicité pour la compagnie d'aviation NetJets m'a interpelé. Certes, ce nom, probable diminutif de Network Jets peut faire sourire dans le cadre d'une remarque sur le business et le web. Et pourtant ! Le concept est simple et adapté, tourné résolument vers les différents acteurs du monde des affaires dans un esprit cohérent d'excellence, de qualité et de rationalisation des coûts.
La rationalisation est une idée curieuse qui a enflammé les discours des différents professeurs en école de commerce, les grands débats autour du management et même une certaine approche du rendement voulu par les actionnaires d'une entreprise. Mais cette idée, comme bon nombre, peut être prise et constituée autour d'une philosophie systémique toute particulière. On peut la considérer dans une approche frontale (je mets sur le marché une offre et je croise les doigts pour que ça marche), ou dans une approche collaborative (je discute avec les individus-prospects et construit avec eux une offre adapté à leurs attentes). En e-business, on appelle cela la gestion de la relation client, elle passe essentiellement par un soutien important de la technologie de communication et d'information. Pourtant, elle dépasse également les différentes conceptions marketing en s'orientant volontairement vers des modèles économiques adaptés.
NetJets en est un bel exemple. Le forfait repose, suivant les informations que j'ai pu obtenir, sur la facturation des heures d'utilisations de l'appareil. On ne part pas sur une organisation théorique et spéculative mais avec l'idée simple que le client qui utilise un appareil en est un temps le propriétaire. N'est ce pas très Open Source d'une certaine manière ? La rationalisation des coûts qui en ressort permet un suivi et une gestion comptable accrue, et certainement sereine. Ce type de modèle est, selon moi, l'avenir de toute l'économie capitaliste à l'heure actuelle. Mais ce modèle prendra (et à déjà commencé à le faire) également les routes étroites et dangereuses de la politique et de l'idéologie. Nous en revenons une fois encore, en vérité, au principe de propriété qui, s'il ne doit pas être mis à bat, doit pourtant évoluer.
A l'heure qu'il est, une certaine de classe de lettré (si, si, il en reste encore quelques uns dans notre pays) s'intéresse avec une passion renouvelée à la pensée marxiste. Vous me direz, cela n'est pas réellement une surprise puisque l'on considère que la Crise financière, économique et politique que nous traversons est le signe des temps ! Alors comme tout individu se souciant à la fois de son affaire et de sa société, je me suis moi même penché sur cette question. Si je ne crois pas à ce retour de l'idéologie, je reste pourtant convaincu qu'elle trouvera un écho et inspirera une transformation. Peut être est ce une erreur de ma part de m'avancer autant, mais quelque chose me prête à penser que les fonctionnements Open Source deviendront progressivement des modèles de référence pour la société humaine.
Certes, il reste encore bien du travail, mais les choses se font progressivement au rythme de la conscience (et inconstance) générale. Le collaboratif reste cependant la clé de la stabilisation, selon moi, et le terrain ne fait que se consolider sur cette pensée. Attention toutefois, cela n'impliquera jamais l'émergence d'un monde utopiste et parfait, mais plutôt une idée d'équilibre savamment distillé.
21:31 Publié dans Web et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, internet, web, politique, société, communiste, socialiste

