24.05.2009
Analyse "linuxienne"
Il est difficile de se pencher un instant sur le présent. Surtout dans notre société où nous vivons en perpétuel décalage avec les réalités du monde. Les différents plans qui composent notre monde, notre système, sont secoués par un dur rappel aux réalités : le monde était là avant nous, il pourrait fort bien se passer de nous.
C'est une réalité scientifique que l'on essaie désespérément d'oublier, de chasser de notre conscient au travers de notre travail, de notre vie avec autrui. L'inconscience, et le décalage inhérent en poids décisionnel, est telle ici bas qu'il est difficile d'envisager sereinement un avenir. Bien entendu, nous cherchons tous à nous adapter. A trouver une solution, un chemin dans lequel nous pouvons nous épanouir et chercher à construire un semblant de vie. Et pourtant, rien, aucune des démarches entreprises ne semblent pourtant peser, ou étudier. Les choses ne sont pas immuables, mais elles prennent trop de temps à changer.
Il est vrai qu'on ne peut en attendre trop de la part de concitoyens qui vivent dans la difficulté et le doute. Le système social permettra un temps d'empêcher la trop grande montée en puissance de la misère en ce bas monde, mais pour combien de temps exactement ? Combien de temps avons nous pour nous remettre en cause ? Est ce dans notre nature de le faire ?
De nombreuses cartes sont pourtant à notre portée, comme le savoir qu'offre internet, où bien la vertigineuse ascension des différents logiciels linux qui permettent à la pensée de se manifester pour un coût réduit. Bien entendu, cela va à l'encontre des objectifs économiques et des projets fascisant s'incrustent dans une république démocratique déjà malmenée par les aléas de l'Histoire et les vices individuels : la loi HADOPI en est un bel exemple. Psychologiquement, lorsqu'un difficulté apparaît, il est connu que la plus part des individus cherchent à éviter l'adaptation qui remettrait en cause jusqu'au fondement même de leur vie (éducation, culture, valeurs, croyance, et même le passé historique individuel). Et pourtant.
Si l'on cherche réellement à s'en sortir, ne faut il pas se poser les bonnes questions ? Je sais, nous vivons dans une culture de l'écrit. Une culture positiviste. Héritage inavoué de 1500 ans de catholicisme constitué sur les cendres encore chaudes d'un droit romain en sommeil. Pourtant, la vie ce n'est pas ça. La vie c'est l'adaptation, l'évolution même, pour reprendre un bon mot de Darwin. Le problème qui est, et restera entier, toutefois, est que l'adaptation que nous pourrions attendre de la part des dirigeants, de la part de tout citoyen, ne peut se mettre en place. Peut être est ce que nous approchons de la fin de l'humanité.
On est en droit de se le demander ! Si vous feuilleté Le Point de cette semaine, vous pourrez constater que la Russie, névrosée d'une gloire soviétique qui n'a jamais existé, et les États-Unis, entrainés dans une mécanique malsaine de stabilisation, s'intéressent de très près à la question Arctique pour ses réserves naturelles. Le droit international devrait connaître quelques adaptations afin de satisfaire les derniers caprices des grands groupes à l'image de Total qui poursuivent leur démarche expansionniste s'imaginant à chaque seconde que la croissance est une notion éternelle. On se croirait revenu en plein Moyen-Age. A l'époque aussi, les gens pensaient que leurs âmes étaient éternelles.
On aurait tellement à apprendre en se penchant sur nous même, créature naturelle issue de l'évolution génétique et ayant développé un niveau de conscience inédit (si on peut dire). Et pourtant, on continue d'ouvrir un livre. Non pas pour apprendre et enrichir notre réflexion personnelle et ouvertement individualiste, mais pour en extraire les idées et les appliquées. C'est un beau système médiéval. Un soviétisme à la française. La nomenclature n'existe que parce que trop peu de gens sont en mesure de se dire : je suis un individu à part entière, je peux faire ces choses. Et bien entendu, être responsable de ses choix. Quels doux réconforts que de n'être qu'un pion dans un processus bureaucratique. Alors que Linux commence à croitre dans différents cadres influents, le comportement moyen, lui, n'est pas encore très linuxien.
Mais comment critiquer ces choix ? Après, toute personne ne peut elle attendre de la vie que le bonheur lui soit accordé ? La réussite du parti de M. Besancenot n'est elle pas le témoignage émouvant que brûle encore la flamme du désir utopiste d'un monde meilleur et paradisiaque ? Pas si sur, il ne reste que le NPA. Dernier bastion d'un système sur le point de basculer. Nous parlons de concret, bien entendu. Car dans l'idéologie, la déprime s'est installée et parfois la déprime engendre la mort. Mais sur le plan structurel, lorsque le NPA aura fini par chuter, il y aura bien du souci à ce faire. Sauf s'il perdure, auquel cas la structure restera intact... jusqu'à ce que la nature finisse son déséquilibre, et sa purge de l'espèce humaine. Voilà donc où nous en sommes.
Ce blog est peut être quelque peu pessimiste, mais je pense que cela est bon de rappeler quelques réalités pour avoir les pieds sur terre et envisager ensuite de discuter. Sérieusement discuter ! Il le faut ! Il faut réfléchir à la manière de s'en sortir et accepter que celui qui peut apporter des solutions soit entendu, que ces solutions soient étudiées et qu'elles ne soient pas limitées par quelques conceptions archaïques issues de la culture de l'écrit, et pire encore de cette tendance pernicieuse à tout organisée autour du spectacle et du show business (dédicace au clan Sarkozy).
Concrètement, l'heure est venue de transformer, en partant des profondeurs abyssales, les piliers qui soutiennent notre système. Ne vous inquiétez pas pour autant, vous ne serez pas chargé de cette pleine tache. Vous n'y êtes même pas contraint. Sauf si survivre aux bouleversements actuels vous intéresse un peu plus que d'aller payer 400,00 € votre dernier sac Louis Vuitton (à moins que vous ne l'achetiez sur eBay, en contrefaçon). Par définition, un simple stimuli envoyé dans un système est en mesure de changer en profondeur une habitude de vie. C'est une des règles de l'internet. En repliant le temps et l'espace grâce à l'informatique, il est possible de tout transformer : Facebook est devenu le lieu incontournable de notre civilisation occidentale, il y a quelques temps cela aurait sans doute été une boite de nuit célèbre.
Pourquoi ne pas se servir de l'internet, pour une fois faire quelque chose d'intelligent (depuis Google, il n'y a pas eu grand chose de très humaniste). Obama l'a bien fait, et cela à permis à ce jeune homme parti de rien de devenir quelque chose, avant même d'être quelqu'un. Le fonctionnement philosophique de Linux est donc une réalité, quelque chose de concret qui fonctionne. La cathédrale de béton sera remplacé par la cathédrale de cristal, de grès ou de force. Toute la question est de savoir quand.
00:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : linux, open source, internet, politique, ump, sarkozy, socialiste


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